Elle se réveilla aux aurores : on venait d'ouvrir son volet. Elle reconnut Maria qui sortait et elle fronça les sourcils.
- Le café, entendit-elle.
Prisca se réveilla en sursaut. Elle courut dans la salle de bain attenante à sa chambre et elle se précipita sous une douche glacée pour se mettre les idées en place. Tout à coup, elle réalisa : elle venait de se réveiller dans la villa de la Señora Athénaïs. L'eau était particulièrement froide, le savon avait une odeur inhabituelle mais agréable. La serviette avec laquelle elle s'essuya était tiède et moelleuse. Les sous-vêtements qu'elle trouva dans la commode de sa chambre sentaient la lessive. Elle trouva aussi de nouveaux vêtements, les siens avaient disparus de la chaise sur laquelle elle les avait posés la veille au soir. Elle mit un pantalon noir et une chemise blanche. Elle ne sut pas si c'était adapté au travail qu'Athénaïs lui demanderait de faire.
Elle regarda l'heure juste avant de sortir : 6 heures 30. Elle se promit de se réveiller tous les jours à cette heure-là pour servir la maitresse de maison du mieux qu'elle le pouvait. Elle s'approcha de sa chambre et elle écouta, l'oreille collée contre la porte. Elle vit Maria lui demander de la suivre dans la cuisine.
- Buenos Dias Prisca.
- Buenos Dias Maria, répondit-elle avec un mauvais accent espagnol. Tu voulais me parler ?
- Je suis désolée d'être entrée dans ta chambre mais j'avais peur que tu ne te réveille pas.
- Tu as bien fait. Je te remercie.
- Elle se lève tous les jours à 7 heures. Il faut que le café soit prêt quand elle vient dans le salon. Elle prend les petits déjeuners au salon. Elle va te demander si c'est toi qui l'a fait. Il faut que ce soit toi qui lui fasse ses cafés. Elle y tient.
- D'accord. Montre-moi.
Maria lui montra donc comment utiliser la machine pour le café du matin. Prisca l'interrogea encore :
- Pourquoi tu es aussi tendue ? Il y a un souci ?
- C'est que les premiers jours sont... compliqués.
- Alors tu étais déjà là quand la fille avant moi est arrivée ?
- Je... Je suis née dans la salle à manger. Ils n'ont pas eu le temps d'emmener ma mère à l'hôpital.
- Tu as toujours vécu et travaillé ici ?
- Oui. Toujours. C'est bien ici. C'est calme et on n'a rien à craindre de personne.
- Est-ce que la Señora est bonne avec toi ?
- Elle est bonne avec tout le monde. Elle est seulement capricieuse parfois. Elle a des accès de colère mais ça lui passe rapidement.
- Gracias Maria. Gracias pour tous tes conseils et pour ton temps.
- Tu as encore beaucoup de choses à apprendre Prisca. Et tu vas faire des erreurs.
- Je sais. C'est par là qu'il faut passer.
Prisca servit une tasse de café et sortit de la cuisine. Maria tenta de la retenir à voix basse.
- Attends... qu'est-ce que tu fais ?
Prisca ne lui répondit pas. Elle était déjà devant la porte de la chambre. Elle l'ouvrit doucement, constatant que la fenêtre était déjà ouverte. Elle s'approcha du lit et elle hésita. Elle regarda Athénaïs dans la pénombre. Elle la trouva attendrissante, comme une enfant, la bouche légèrement ouverte et la respiration sifflante. Elle déposa la tasse sur la table de nuit et s'assit au bord du lit. Elle releva doucement les couvertures et souffla :
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La Mama
Misterio / SuspensoPensez à voter à la fin de chaque chapitre si ça vous plait ;) Un corps vient d'être rejeté de la Villa de la Señora : une place s'est donc libérée dans la maison de la marraine de la mafia. Est ce un homme ou une femme dans ce sac mortuaire ? Qui...
