Une décision à prendre

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Ce matin-là, Prisca hésita avant d'entrer dans la chambre de la Señora. Elle avait pris l'habitude d'entrer dans sa chambre tous les matins pour lui apporter sa première tasse de café. Elle ne savait plus comment agir avec Athénaïs. Elle ne savait plus quoi penser de ses réactions. Les yeux baissés, elle entra dans la chambre. Elle mit quelques secondes avant de se rendre compte que le lit était vide et la fenêtre grande ouverte. Elle passa la porte vitrée et sortit sur le balcon. Athénaïs était là, appuyée contre la balustrade dans son peignoir de satin. Elle s'éclaircit la gorge en frissonnant.

- Prisca, murmura Athénaïs. Je pensais que tu ne viendrais pas.

- Je ne pensais pas venir.

La jeune femme lui tendit son café et elle rentra dans la chambre. Elle entendit à peine :

- C'est donc l'effet que je te fais ?

Elle ne répondit pas, elle ne savait pas quoi répondre. Elle tira la couverture sur le lit et elle retourna dans la cuisine. Elle prépara le petit déjeuner de la Señora et elle apporta son plateau au salon. Elle s'installa à son tour et elle commença à manger. Maria s'approcha d'elle :

- Elle n'était pas réveillée ?

- Si, elle était sur le balcon.

- Est-ce qu'elle fumait ?

Prisca la regarda avec étonnement, elle n'avait jamais vu la Señora fumer.

- Non.

Maria sembla soupirer de soulagement.

- Je ne savais pas qu'elle fumait.

- Ça n'arrive que très rarement. Et quand elle le fait...

Athénaïs entra dans le salon et Maria se tut. Elle baissa les yeux :

- Mama... comment avez-vous dormi ?

- Je n'ai pas dormi, répondit-elle sèchement.

Athénaïs s'installa dans le canapé et elle prit son plateau sur ses genoux. Maria quitta vivement le salon.

- Tu avais raison, déclara Athénaïs.

- A propos de quoi ?

- Tu seras malheureuse dans ma maison.

Prisca ne répondit pas. Elles finirent de manger en silence et la Señora commença sa séance de musculation. La jeune fille vit Sergio rejoindre sa sœur. En l'entendant crier, elle se précipita dans la salle de sport. Athénaïs frappait dans le sac de sable que son frère lui tenait. Elle lâchait de temps en temps un cri de rage. La jeune femme revint au bout d'une heure, une serviette et un verre de jus de fruits frais à la main. La Señora la regarda à peine en prenant sa serviette. Prisca l'interrogea :

- Alors nous allons nous ignorer ?

- C'est à toi d'en décider.

- Peut-on être seules ?

Athénaïs renvoya Sergio et elle s'assit sur son banc de musculation. Elle essuya son visage.

- Je... vous... j'en sais rien.

- Hier, à l'Artémis, tu m'as laissé te toucher.

- Comme vous me touchez toujours, comme nous avons l'habitude de le faire.

- Nous ?

- Je vous laisse faire, déclara Prisca.

- Je croyais que je prenais le droit de te toucher.

La MamaOù les histoires vivent. Découvrez maintenant