Chapitre 11

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2006


— Tu l'as quittée genre comme ça ?

— On était pas vraiment attachés, de toute façon.

— Tu voulais être libre pour draguer cet été ?

Je ricane, avant de secouer la tête.

Il est presque vingt-et-une heure, on a attendu toute l'après-midi que la plateforme sur le lac se libère pour nager jusqu'à celle-ci et s'y poser. Et on est trop bien. C'est calme.

Valerio et moi sommes allongés sur le dos, les yeux rivés sur le ciel rose. Il fait encore jour, plus pour longtemps mais on a le temps de traîner un peu avant la tombée de la nuit.

Je suis sorti avec une fille pendant quelques semaines au printemps, c'était ma première copine. On s'est embrassés et on se tenait la main dans les couloirs du lycée. Elle s'appelle Julie, et elle est vraiment gentille. Mais elle est un peu trop collante et je n'avais pas trop envie de passer l'été à discuter avec elle sur l'ordinateur du club ado du camping. Moi je veux juste profiter de mes vacances avec Valerio, alors on s'est séparés le dernier jour de classe.

Donc non, je ne voulais pas être libre pour draguer cet été. Juste être libre tout court.

— Et toi, t'as pas eu de copine encore ? demandé-je.

— Non... Je préfère être avec mes potes.

— Pareil !

J'en ai des nouveaux maintenant que je suis au lycée, et eux ils s'en foutent que je regarde pas de séries ou quoi. On joue au foot, je me suis même inscrit à l'UNSS le mercredi après-midi pour en faire toutes les semaines.

— Ils vont aussi en L, l'année prochaine ?

— Pas tous. Et les tiens ?

— Nan. Ils vont tous en ES, je suis dégoûté.

— Je pensais pas que t'irais en L, n'empêche, me dit Valerio.

— Pourquoi ?

— T'es pas du tout littéraire, se moque-t-il.

— Je hais les maths. Et j'adore l'espagnol.

Muy bien, señor.

— On va monter la tente ?

— Ah bordel, oui, on va mettre deux heures.

— Mes parents ont acheté une tente deux secondes.

— Sérieux ? Trop stylé.

— Mais ouais, on aura juste à la jeter et pouf ! Matelas, sacs de couchage et terminé.

— Trop nice.

Le plan c'est de mettre la tente sur notre emplacement, comme c'est le nôtre on a le droit de faire ce qu'on veut dessus, et on va camper avec Valerio tout l'été. Enfin, peut-être pas quand il pleuvra, et ses parents vont peut-être faire la gueule au bout d'un moment, mais au moins on pourra faire des nuits blanches et tout, ce sera stylé.

Je me décolle du bois brûlant, et tends la main pour aider Valerio à se relever. Ce petit enfoiré me pousse à l'eau à peine debout, et fait une bombe à quelques centimètres de moi.

— Vas-y, tu veux me tuer ou quoi ?

— Ouais, tu me soules avec tes histoires de tombeur, là !

— C'est bon, j'ai eu une meuf et on s'est même pas embrassés avec la langue. Sois pas jaloux.

— Je suis zéro jaloux.

— Si, t'es jaloux que je sois plus expérimenté que toi !

— T'es zéro expérimenté, t'as même pas mis la langue.

— Jaloux.

— Ta gueule, Saint-Valentin.


***

Pardon, j'ai vraiment l'impression de vous arnaquer avec un chapitre aussi court 😂

Je sais, ils ont 16 ans, vous attendiez du croustillant à cet âge-là, et moi je vous donne... Des miettes de pain 🤭 Mais hey, si vous avez l'œil, il y a quelques indices dans ce chapitre 🧐 je sème des petites graines pour plus tard, comme dirait Julie (TheBadJulie) 😇

En tout cas je vous promets un long chapitre riche en péripéties pour dimanche prochain 😉

W [EN PAUSE] Où les histoires vivent. Découvrez maintenant