Chapitre 31

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Mercredi matin, il fait beau mais il a plu toute la nuit alors histoire de faire quelque chose d'utile, faute de pouvoir aller à la piscine, je vais au magasin de vélo du village avec mon père et Valerio.

Je pensais qu'on irait juste remplacer mon pneu crevé, mais papa a eu une idée archi-cool.

— C'est trop bien, on aurait dû faire ça avant ! m'exclamé-je en faisant des tours sur le parking, Valerio accroché à mes épaules.

On a fait ajouter des repose-pieds sur la roue arrière pour qu'il puisse se tenir debout derrière moi, ce sera bien plus pratique comme ça. On galère tellement, avec nos grandes jambes, qu'on faisait tout à pied jusqu'à maintenant.

— J'avoue, c'est grave cool ! Merci, Paul.

— Ne le dis pas à ta mère, elle va penser que je t'encourage à te fourrer encore dans les ennuis avec mon fils.

Valerio éclate de rire et fait mine de zipper sa bouche. C'est presque devenu une blague pour mon père. Loin de se vexer que Nadège m'ait longtemps considéré avec méfiance, ça l'amuse beaucoup.

— Je suis un saint, moi, je fourre personne dans les ennuis.

— C'est pas pour rien que tu t'appelles Saint-Valentin, me chambre Valerio.

— Elle était trop facile.

— Tu m'as tendu la perche, quand même.

— J'avoue.

— Bon les garçons, nous coupe papa en regardant sa montre. Vous faites quoi, là ?

— J'sais pas. On va faire un tour ?

Je me dévisse le cou pour croiser le regard de Valerio, toujours à cheval sur mon porte-bagage. Ses mains n'ont pas quitté mes épaules, il a les deux pieds à terre et n'a pas l'air décidé à bouger de là. Et ça me va très bien. Il hoche la tête.

— Vous prendrez du pain pour ce midi ? Chris est à l'aquagym et la machine termine dans vingt minutes, donc je rentre directement.

— Ah ouais, une fois ma mère a retrouvé son linge posé en vrac sur la machine, parce qu'elle est arrivée cinq minutes après la fin du cycle !

— C'est Battle Royal, la laverie, commenté-je.

— Ah ça, pas de doute, le civisme prend aussi des vacances l'été. Bon, à tout à l'heure, et pensez au pain !

— Oui, oui. Bon, on va où ? demandé-je à Valerio, une fois mon père parti.

— Là-bas ! dit-il en indiquant un panneau.


« Foire médiévale du 18 au 20 Juillet. Animations, mini-ferme, marché, son & lumière.

Au stade communal, tous les jours de 10H à 22H. »


— Mais c'est demain.

— Justement, t'as pas envie de voir l'installation ?

— Heu, bof.

— Allez, je veux voir les animaux !

— Bon, bon d'accord.

Je nous mets en route, et emprunte la piste cyclable en direction de la sortie du village. Un peu plus loin sur notre gauche, j'aperçois un chemin qu'on a déjà pris plusieurs fois, durant nos explorations des environs à vélo.

— Vas-y on va couper par les champs, dis-je à Valerio.

Je nous fais bifurquer sur le chemin de terre, qui est un raccourci pas vraiment recommandé pour le stade. Disons que c'est plutôt un accès privé pour les agriculteurs qui coupe la piste cyclable en deux.

W [EN PAUSE] Où les histoires vivent. Découvrez maintenant