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Ou puis-je bien être ? Je ne sens aucune chaîne qui pourrait me tenir prisonnière, il ne me semble pas également avoir des blessures physiques et je suis installé sur un lit des plus confortables

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Ou puis-je bien être ? Je ne sens aucune chaîne qui pourrait me tenir prisonnière, il ne me semble pas également avoir des blessures physiques et je suis installé sur un lit des plus confortables. Ma tête tourne encore un peu mais mes souvenirs restent exacts, Ameer.

Je dois sûrement me trouver dans le palais Emeraude car la chambre est entièrement verte, autrement dit je me trouve à l'opposé de ma maison. Mon agresseur ne semble pas me surveiller pour le moment mais il ne faut pas que je me montre dupe, si sa spécialité est vraiment le cœur humain alors mon invisibilité ne me sera d'aucune utilité.

En parlant du loup, le voilà qui arrive comme un ange alors qu'il vient de commettre un crime hautement punissable.

- Alors, comment va mon invité d'honneur ? J'espère que la modeste robe que je t'ai trouvé est suffisante. As-tu bien dormi ?

Il me suffit d'un regard pour comprendre où il voulait en venir. Il a osé troquer ma tenue de la veille contre une autre robe qui se trouve être d'une couleur abominable. Comment a t-il pu ?

- Ne me regarde pas comme ça, il râle. Déjà, ce n'est pas moi mais une de mes servantes que j'ai fait spécialement venir qui t'a changé et je n'avais que ça sous la main, et puis tu devrais être reconnaissante, ce sont les affaires de ma mère.

- Merci mais non merci. Alors, vous allez gentiment me redonner ma tenue qui n'aurait jamais dû me quitter et me laisser retourner chez moi avant que cet enlèvement ne provoque plus d'histoire.

- Comme je suis navré, soupire Ameer. La robe vient juste d'être amenée à la laverie, je voulais t'être serviable. En ce qui concerne ta liberté, il faut savoir que je n'ai jamais voulu utiliser la manière forte pour te parler mais tu as été plutôt résistante.

- Je prends ça pour un compliment.

- Bien-sûr, je n'en attendais pas moins de toi. C'est d'ailleurs pourquoi je t'ai choisi mais revenons là où on en était. Tu pourras partir retrouver ta maison juste après avoir fixé notre prochain rendez-vous.

Évidemment, c'était trop beau pour être notre dernière rencontre.

- Sache que je n'ai en aucun cas besoin de votre aide malgré ce que Carsson a sûrement dû vous dire. Je suis bien assez forte pour sauver ma famille.

- Tu sembles oublier que ma maison aussi est en danger.

Il se rapproche dangereusement. Son visage naturellement calme et serein devient légèrement paniqué. Intéressant, voilà donc sa faiblesse : la peur de la perte d'êtres chers.

- De plus, c'est toi qui étais en train de me suivre auparavant. J'en déduis donc que tu n'as aucune idée des détails de la mission qui t'a été attribuée. Avoue-le, tu as besoin de moi.

- Bien-sûr que non.

Je me moque bien de n'être qu'une jeune fille obstinée. Du haut de mes dix-sept ans je n'ai jamais eu besoin de l'aide de personne et jamais ça ne changera. Je suis Monroe Saphir depuis le jour de ma naissance et jusqu'à ma chute je le resterai, je ne dois jamais l'oublier.

Pourtant, lui aussi n'abandonne pas et il est si proche que je peux sentir son poul ralentir.

- Alors, il propose, disons plutôt que j'ai besoin de toi.

- Je croyais que vous possédiez une intelligence hors du commun, que vous étiez tellement puissant.

- Et serviable, merci de ne pas l'oublier.
  Je ne tiendrai pas longtemps devant son orgeuil sans limite, que quelqu'un me sorte d'ici.

- Mais je n'ai jamais rien dit de tel, il reprend ignorant mon malaise, j'ai simplement affirmé que tu manquais d'esprit. Niveau force, cependant j'ai vraiment besoin de ton aide. Pour maîtriser mon pouvoir, il me faut une concentration sans faille et je ne dispose pas de cette possibilité lors d'un combat en temps réel.

- Oui, j'affirme un sourire au lèvres, mais les Saphir ne sont pas vraiment mieux. Nous créons des illusions qui, même s'elles sont réalistes, restent fausses. Seulement, nous ne comptons pas sur les autres pour nous protéger donc nous entraînons nos membres au corps à corps dès leur plus jeune âge. Ce qu'il me semble, vous ne faites pas.

- Oui c'est vrai, il avoue, tu as très bien résumé la situation. Les Émeraude ont commis des erreurs et nous en commettrons aussi sûrement dans le futur. C'est pour cela que j'implore ton aide pour sauver ma maison, ma famille.

Comme pour prouver ses paroles, il pose un genou à terre et baisse la tête. Il semble vraiment désespéré derrière sa façade de confiance qu'il se crée.

- Comme vous voudrez, je lâche devant cette scène. Tant que vous ne me gênez pas, alors j'imagine que votre présence ne sera pas dérangeante.

- Parfait, alors pour commencer, ma mère organise un banquet où les Saphir sont invités pour célébrer l'alliance de nos deux familles.

- Si j'étais un des ravisseurs, j'attaquerai à ce moment précis.

- Oui c'est pourquoi tu n'es pas un ravisseur. Ce serait illogique de créer un scandale alors que les membres les plus importants des deux maisons seront rassemblés au même endroit. Non, il ne se passera rien là-bas. Mais je compte sur toi pour essayer d'en apprendre plus avant cette date pour me communiquer les renseignements à ce moment. Compris, camarade ?

- Vous avez intérêt à arrêter de m'appeler comme ça si vous voulez que je collabore. Sinon, oui j'ai compris. Quand se déroulera-t-il ?

- Et bien demain soir. Tu n'es vraiment au courant de rien des affaires de ta famille ?

J'ignore sa pique et quitte la chambre. 

Me déplacer dans les couloirs de la demeure n'est pas aussi dur que je m'étais imaginé. Je suis seulement dans la propriété privée d'Ameer qui se situe, les dieux soient loués, assez près de ma demeure. Seulement arrivée à la porte d'entrée, j'aperçois un grand sac avec un petit mot où est écrit : « Au fait, j'avais en ma possession un ensemble bleu en cas d'imprévu mais c'était si agréable de te voir en vert. Au beau revoir, Ameer ».

A l'intérieur, ma tenue de la veille est posée délicatement.

Je ne le connais que depuis peu mais quelque chose me dit que la suite ne sera pas facile...

SaphirOù les histoires vivent. Découvrez maintenant