Durant une de ses missions pour sa famille, Monroe Saphir se retrouve confrontée à un complot qu'elle n'aurait jamais imaginé possible. Si elle n'agit pas rapidement, la maison Saphir pourrait s'effondrer et Monroe ne laissera pas cette tragédie se...
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Le bar où nous nous sommes installés est rempli d'ivrognes de la veille, c'est morose de voir ces pauvres gens sans argent traîner en cherchant quelque peu de réconfort.
Apparemment Ameer a des raisons de croire que les humains d'en bas pourraient nous être bien plus utiles que tous mes espions réunis, il est vrai que je n'en ai qu'un mais cela reste un détail. Je ne peux que lui faire confiance n'ayant jamais été intéressée par ces gens-là.
- Es-tu sûr qu'ils sont en possession des informations que l'on recherche au moins ? je demande pour me rassurer. J'ai compris qu'ils ne sont pas ce que l'on pense mais je ne crois pas que des personnes de hautes sociétés iraient leur confier le moindre renseignement.
- En effet tu as raison. Mais en étant élevés tels des moins que rien, certains ont acquis une compétence essentielle à leur survie : l'écoute. Personne ne les remarque, il est donc facile pour eux de se fournir des informations essentielles et les revendre au plus offrant.
- Et s'ils étaient entrain de nous écouter en ce moment ?
- Eux ? Aucune chance, ils sont tous à moitié effondrés sur des tables et puis, avec cette musique, je t'assure que personne ne comprend ce que l'on dit.
- Je vois... Mais s'ils sont trop fatigués alors comment on va obtenir des informations de leur part ?
- Oh Ro, j'ai encore plein de choses à t'apprendre à ce que je vois. Observe et montre-moi la personne qui est la plus apte à nous aider.
Je n'en ai aucune idée, il y a tant de gens qui se ressemblent et personne ne semble être en pleine forme. En fait si, il y en a peut-être un.
- Celui derrière le comptoir, je déclare. C'est lui n'est-ce pas ? Il n'a pas l'air d'avoir bu d'alcool, il est donc sobre et connaît tous les petits secrets de ses clients.
- Bien, tu te rappelles la mise en scène ?
- Absolument, mais vous n'avez pas intérêt à dépasser les limites.
Armé de son sourire, il m'agrippe par la taille en douceur et nous allons à la rencontre de cet homme.
- Une bière s'il vous plaît, proclame-t-il. Pour ma fiancée ce sera seulement un cocktail sans alcool, si vous voyez ce ce que je veux dire.
Tout en récitant son texte il désigne mon ventre qui n'a pourtant rien de particulier, mais il n'a pas besoin de savoir cela.
- Oh ! Félicitations jeunes gens, s'exclame le serveur. Moi même je viens d'avoir une petite fille, Grace, un vrai petit ange, c'est ma raison de vivre maintenant que ma femme est morte.
- Nous en sommes navrés, il soupire. Je partage votre joie mais notre situation est un peu plus délicate, nos familles sont en mauvais termes...
C'est seulement à ce moment qu'il semble remarquer nos vêtements et nos yeux.
- Miséricorde des Iris, il s'exclame. Robert, pour vous servir. Veuillez m'excuser pour mon manque de sérieux, voici votre commande. Si je peux vous être d'une quelconque aide...
- En fait, oui vous le pouvez, je chuchote avant de siroter mon jus. Vous êtes propriétaire d'un bar qui semble être réputé, alors vous avez dû entendre certaines choses à propos de la « situation » du peuple d'en haut...
Son visage devient immédiatement froid lorsqu'il s'appuie sur son comptoir en réfléchissant à mes paroles, j'aurais peut-être mieux fait d'être moins directe.
- Quels genres d'informations desirez-vous ?
- En ce moment, il y a un gros conflit entre nos deux familles, plus qu'avant je veux dire. Donc nous n'osons pas parler à notre famille respective de cette... surprise. Pourtant, nous avons grand besoin d'aide donc si vous disposez de renseignements qui pourraient nous aider à placer notre confiance entre de bonnes mains, nous serions ravis.
- J'ai entendu certains noms que vous feriez mieux d'éviter...
- Et pouvez-vous nous les donner ? questionne mon soit-disant amant.
Il semble réfléchir et peser le pour du contre. C'est un pari risqué, surtout si Robert se rend compte de qui on est réellement, ma mère ne doit rien savoir de notre escapade.
- Évidemment chers Iris !
Son sourire est revenu, c'est une aubaine.
- Allons donc prendre l'air si vous-voulez bien. De ce que j'ai entendu, ce sujet est sensible. Nous ne sommes donc pas à l'abri d'oreilles indiscrètes.
Une fois sortis, nous marchons tous trois sans but fixes comme de parfaits amis, enfin c'est ce que l'on pense si on ne regarde pas plus en détail. Robert ne semble pas très à l'aise, j'espère que les informations qu'il détient sont utiles pour nous.
Le quartier semble calme à cette heure matinale mais lorsque je le regarde avec plus d'attention, je peux apercevoir des mendiants un peu partout dans la rue et des voleurs qui guettent dans les ruelles. Je n'ai jamais été en manque d'argent mais elle m'a expliqué quel sentiment cela évoquait : la peur constante.
- Regardez juste ici ! s'exclame Robert. C'est ma maison, elle est ce qu'il y a de plus modeste mais elle fait largement l'affaire. Ma chère petite fille dort à l'intérieur, je l'imagine blottie contre ce bout de chiffon imprégné de l'odeur de sa mère... Enfin, je la rejoindrais plus tard. En ce moment je dois aider mes nouveaux compagnons. Oh et si l'envie vous prend de me rendre visite ou si il vous arrive d'autres problèmes, je garde toujours la clé sous ce tonneau.
- Vous êtes bien confiants pour nous dire cela, je réplique. Nous pourrions utiliser cette clé à mauvaise escient, comme pour vous voler.
- Des Iris, pour quoi faire ? Je peux vous assurer que je ne cache rien d'intéressant dans cette chaumière. Continuons je vous en prie.
Nous voilà dans une place où se trouve une petite fontaine asséchée. Les maisons qui nous entourent ne sont pas en meilleurs états, leurs murs sont délabrés et leurs volets - lorsqu'il y en a - sont rongés par le temps. Je réalise que mes vêtements ne passent pas du tout inaperçus comme je l'espérais.
- Tout s'est passé lors d'une soirée au bar, pas plus loin que la semaine dernière, commence Robert à mi-voix. Un homme qui se fait appeler le dragon, sûrement à cause du tatouage qui s'enroule le long de son bras droit, s'est assis au même endroit où nous nous trouvions précédemment et a attendu bien longtemps. Il faisait trop sombre pour que je puisse voir ses yeux et il portait une cape brune mais quelque chose me dit que ce n'était pas un Saphir ni un mortel. Son aura m'ordonnait de le respecter et m'avertissait que ma mort était proche alors qu'il n'avait fait aucun geste et qu'il ne m'avait même pas adressé un regard. Heureusement, une Saphir est arrivée pour détourner son attention, enfin, elle aussi ne semblait pas très commode. Ils ont parlé pendant un bon moment, je voulais me faire discret donc je n'osais pas trop écouter et...
Il s'arrête subitement. Je ne comprends pas pourquoi mais il a l'air totalement paniqué. Depuis qu'il a commencé son monologue, l'ambiance a subitement changé. Il tremble tellement et regarde dans les alentours comme s'il cherchait quelque chose ou qu'il se cachait de quelqu'un.
- S'il vous plaît ! j'insiste. Cet événement qui se prépare ne déclenchera pas seulement la chute des Iris, les mortels aussi en subiront les conséquences. Ils détruiront tout, votre fille...
- Je le sais bien, il murmure comme jamais il ne l'a fait, et c'est pourquoi vous devez me promettre de la protéger du mieux que vous le pouvez. Cette histoire est bien plus complexe que vous le pensez. Vous faites fausse route et ne vous concentrez pas sur ce qui est vraiment important ! Si vous voulez les arrêter, il faut à tout pris comprendre le sens de la grande...
Il n'a jamais fini sa phrase, le sang se propage beaucoup trop vite.
Une balle a touché son coeur, il s'effondre.
Je ne peux rien faire d'autre que regarder ses lèvres murmurer « s'il vous plaît » alors qu'Ameer est déjà à côté de lui, essayant de stopper une hémorragie inévitable. Je ne pleure même pas, je ne l'ai jamais fait, néanmoins je sens une rage familière m'envahir. Il ne le méritait pas...
- Je vais avoir ce tireur, je lance à l'intention d'Ameer.
- Non Monroe ! il rétorque. Grace.
Un mot. Je comprends et m'élance.
Robert avait prévu sa mort, il nous a donné toutes les informations pour sauver sa fille, en sachant qu'il ne pourra pas se sauver lui-même. Je trouve le tonneau rapidement et entre. L'odeur me prend en premier.
- Merde.
A l'étage, je ne trouve qu'un landeau où s'abrite un minuscule corps, sans vie.
- Non, non... non !
Elle a subi le même sort que son père. Je prélève une goutte de sang le plus délicatement possible du bout de mes doigt et la sent. Grace est morte depuis une heure environ, ils n'ont jamais eu l'intention de la laisser vivre. J'hurle de fureur et laisse mon corps se reposer sur le torse rempli de larmes d'Ameer qui vient de me rejoindre.
A mon tour, j'essaye de faire sortir des larmes qui ne viennent pas. Elles ne viennent jamais.