Qu'il essaye de m'arrêter si il en est capable. Peu m'importe si je me mets le monde à dos, j'avancerai toujours. Je n'ai pas besoin d'une stratégie révolutionnaire pour accomplir ma mission, il me faut juste ma détermination et ma force. Ma maison n'est plus qu'à quelques pas de ma colère. Je veux dire ma véritable maison, pas celle qui possède mille joyaux et des centaines de pièces toutes plus luxurieuses les unes que les autres. Non, cette maison, ou plutôt cette chaumière, est l'endroit où nous nous réfugions, Elisy, moi et elle... lorsque qu'elle était encore vivante. Nous passions des heures là-bas à jouer ensemble ou à regarder les étoiles qui brillent de mille feux. C'était notre cachette loin de la cour et loin de toutes les responsabilités qu'elle représentait. Mais cela, c'était avant l'accident. Depuis ce jour, ma relation avec ma cousine est quelque peu différente.
Une partie de moi priait pour ne plus avoir à revenir ici. Mais je ne peux plus faire l'aveugle alors que j'ai le pouvoir de sauver ma famille de la faillite. Cet abri est l'endroit clé, là où les horreurs ont commencé, ça parait logique qu'Elisy aie choisi cet endroit après réflexion.
Ma puissance me suffira, j'ai tant attendu ce moment où je prouverai ma valeur. C'est maintenant ou jamais.
Ce n'est pas nécessaire de jouer la carte de la discrétion, ils te repèreront bien assez tôt mais ce qui est amusant, c'est qu'ils ne pourront rien y faire.
Par précaution, ma barrière invisible me recouvre, je mets quand même toutes mes chances de mon côté.
Tel un ouragan qui s'apprête à se déchaîner, je me déplace entre ces meubles si familiers sans croiser la moindre âme vivante. Ils sont donc au sous sol, parfait. La lame de mon épée grince sur le plancher déjà abîmé. Il me semble que rien n'a changé depuis dix ans ;La table à manger où l'on se racontait nos histoires interdites, ce tableau représentant la mer dans toute son ardeur mais qui pour nous signifiait la liberté et enfin, ce canapé où l'on se dorlotait toutes les trois. Ce paysage serait merveilleux si en plein milieu ne se trouvait pas le vase brisé en mille fragments. Personne ne l'a ramassé depuis ce jour, personne n'en a eu le courage.
Mais le silence complet me rappelle que l'heure n'est pas à la nostalgie, mes proies m'attendent. Je descends les marches une par une.
Rien ne sert de te presser.
La porte s'ouvre me donnant une idée du nombre de personnes rassemblées, une dizaine de Saphir au moins. Je m'attendais à ce chiffre, ils étaient donc au courant de ma venue et ont pensé qu'à eux seuls, ils seraient suffisant pour m'éliminer.
Ils périront tous de ta main.
Bien, leçon numéro une, le nombre est inutile face à un ennemi de mon calibre.
Elisy aurrait suffit, dommage qu'elle manque à l'appel...
Concernant celui qui les ont avertis, je m'en occuperai plus tard. Désormais, j'ai plus urgent.
Personne n'ose bouger malgré le fait qu'ils connaissent ma position, bon réflexe en sachant qu'une épée est pointée sur eux.
Néanmoins, que c'est ennuyeux de ne pas prendre de risque !
- Jeune maîtresse Monroe.
Je retire mes dires, il y en a bien un qui a du cran.
Je préfère ça.
Ses yeux de glace ont beau me chercher, ils ne me trouveront pas, pas tant que je désire rester cachée. Cet homme tient les attributs de la descendance suprême actuelle, ceux de ma mère : les cheveux d'un brun encre et la peau pâle, si pâle. Il s'agit forcément de Pyrik, l'homme de main de ma mère qui se trouve être mon oncle même si je ne l'ai jamais vraiment rencontré. Il est toujours cloué dans son laboratoire, en train d'élaborer tous les jours de nouvelles expériences.
- Le combat que vous vous apprêtez à mener n'a pas de sens, il reprend. Nous sommes connaisseurs de votre puissance infinie et vous savez que nos talents sont infimes comparés au vôtres.
- Tu veux donc un duel d'égal à égal, je demande, sans illusions ?
- Tout à fait chère nièce. Il en va de votre honneur d'effectuer un affrontement à la loyale.
- À la loyale ? Tu oses parler de loyauté alors que vous êtes sur le point de massacrer une famille entière dont la plupart n'ont rien demandé.
- Depuis quand est-ce un problème ? Seuls les Saphir comptent, c'est comme ça depuis des siècles. On ne peut pas éprouver de la pitié lorsque l'on atteint l'apothéose, c'est l'une des plus grosse faiblesses de notre monde. Il ne manquerait plus que vous vous souciez du sort de mortels. Je comprends maintenant les propos de ma sœur à votre égard, vous n'êtes que la honte de notre lignée.
Regarde les Monroe, de vulgaires pions qui pensent être devenus des dieux pour la seule raison qu'ils arborent le nom des Saphir. La vérité est bien plus simple : personne ne peut prétendre être une divinité car l'égoïsme abrite chacun de nous. On peut penser agir pour des raisons nobles mais ce ne sont que des mensonges, toutes nos actions sont réalisées à des fins personnelles et individuelles. Alors pourquoi échapperais-tu à la règle ?
Ils n'ont tout simplement pas assez d'esprit pour comprendre qu'ils vont tout droit vers la chute de notre famille. C'est pitoyable. J'ai compris, ils veulent voir couler du sang, ils sont nés pour ça. Très bien, je vais leur donner le spectacle de leur vie. Je ne sais trop comment décrire cette sensation qui m'habite. C'est un mélange de rage, de sérénité mais surtout de puissance que je ne peux réfréner. Une chose est pourtant certaine, ce sentiment va faire des ravages.
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Saphir
FantasiaDurant une de ses missions pour sa famille, Monroe Saphir se retrouve confrontée à un complot qu'elle n'aurait jamais imaginé possible. Si elle n'agit pas rapidement, la maison Saphir pourrait s'effondrer et Monroe ne laissera pas cette tragédie se...
