30. Trahison et déclaration

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— Ça te fait mal ?

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— Ça te fait mal ?

Je secouais négativement la tête, le visage humide de larmes. Les morceaux de verres dans ma jambe étaient en train d'être délicatement retirés.

— Et comment tu te sens ?

— Coupable, murmurais-je comme réponse.

— Tu ne dois pas t'en vouloir. Qu'aurais-tu pu faire d'autre ?

— Courir plus vite. La forcer à me suivre plus rapidement malgré ses blessures, énumérais-je d'un ton vide. Je n'aurais jamais dû la lâcher à l'entrée du palais, j'aurais du la faire passer en première. Tu ne comprends pas Castiel, elle serait toujours en vie si je l'avais emmenée un autre jour.

Il soupira et se pinça les lèvres, à la recherche de ses mots, un peu effrayé par les sanglots qui secouaient mon corps.

Dans la salle de banquet, les tables avaient été écartées sur les côtés et un nombre incalculable de sièges étaient occupés par des blessés ou simplement des gens paniqués.

— Arrête de culpabiliser. Ce qui est fait est fait. Tout ce que tu peux faire maintenant, c'est entamer ton deuil.

— Tu n'as vraiment pas de coeur, lui reprochais-je en essuyant mes joues.

— Écoute, je comprends que tu sois triste, tu viens de perdre ta meilleure amie.

L'entendre le dire à haute voix rendait tout ça plus...réel. Ça me faisait l'effet d'un coup de poignard en plein dans la poitrine.

— Mais est-ce que Lilia voudrait que tu déprimes autant ? reprit-il en me dévisageant. Je crois que tu peux simplement essayer d'aller de l'avant en ne te focalisant que sur les bons moments que vous avez partagés.

— Ça ne marche pas comme cela, le deuil. C'est beaucoup plus complexe.

Castiel hésita quelques secondes.

— Est-ce que...tu pourrais m'expliquer ? me demanda-t-il, la tête penchée sur le côté.

J'écarquillais les yeux.

—C'est que...j'étais trop petit pour comprendre ce que je ressentais quand...enfin, quand ma mère est morte, se justifia-t-il face à ma réaction.

Je hochais la tête et essayais de retrouver une voix moins tremblante.

— Et bien tu passes par cinq étapes. D'abord c'est le déni, expliquais-je en reniflant. C'est quand tu refuses d'accepter ce qui s'est passé. Après c'est la colère, on s'en veut, on se sent coupable, on se blâme soi-même ou tous les autres. Le marchandage vient après. On essaie de prendre ses distances de la réalité, de se déconnecter pour ne pas avoir à accepter.

Je marquais une pause, consciente que la suite serait plus difficile à dire.

— Puis la dépression. Selon moi, c'est la pire période. On s'isole, on laisse la tristesse nous envahir complètement, la culpabilité nous ronge de l'intérieur et tout ce qu'on peut faire, c'est se dire que le monde continue de tourner, mais que nous n'arrivons pas à le suivre. L'acceptation est un stade qui peut prendre très longtemps à atteindre. Ce n'est qu'a ce moment-là qu'on peut honorer les bons souvenirs que nous avons avec la personne qui est partie.

A CROWN FOR A TRAITOROù les histoires vivent. Découvrez maintenant