Chapitre III

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On venait d'éclater de rire après une remarque de Neymar quand une voix, claire et un peu ironique, s'éleva derrière nous.
— Eh bien, je vois qu'on parle de moi.

Tous nos regards se tournèrent vers la porte. Elle était là, adossée au chambranle, les bras croisés, un sourire léger, mais avec ce petit pli au coin de la bouche qui trahit qu'elle n'a pas tout à fait apprécié. Son regard balaya la table, s'arrêta sur moi, puis glissa naturellement jusqu'à Kylian.
Il détourna aussitôt les yeux, l'air de rien, mais son oreille gauche rosit légèrement. Neymar, lui, étouffa un rire.

— Tu... tu étais là depuis longtemps ? balbutia Presnel.
— Juste assez pour entendre "crush de Kylian" et "elle est grave sympa".
Elle haussa un sourcil amusé.
— Je me sens flattée... ou espionnée, je ne sais pas trop.

Elle s'approcha, et la lumière du bar fit briller une mèche qui s'était échappée de son chignon. Il y eut un petit silence, un de ceux où tout le monde pense à parler mais où personne n'ose être le premier. C'est Kylian qui finit par rompre la tension :
— Tu veux te joindre à nous ?
— Pourquoi pas. Après tout, si je dois écrire sur vous, autant savoir à qui j'ai affaire.

Elle s'assit à côté de moi, mais un peu tournée vers lui, comme attirée malgré elle par cette aura tranquille que Kylian traîne sans le vouloir.

PDV Kylian :

Je faisais mine de rester détendu, mais mon cœur battait à un rythme complètement absurde.
Elle s'était installée près d'Ousmane, à deux sièges de moi, et pourtant j'avais l'impression qu'elle occupait tout l'espace.
Elle parlait calmement, posément, avec cette façon de regarder droit dans les yeux, franche sans être agressive.

— Et donc, dit-elle, vous parliez de moi... mais surtout de mon "absence de passion", non ?
Elle tourna la tête vers Ousmane avec un sourire faussement vexé.
— C'est ton analyse professionnelle, ça ?

Ousmane leva les mains, faussement coupable.
— C'est pas méchant, hein. C'est juste que... t'as l'air de bosser bien, mais pas d'aimer ce que tu fais.

Elle resta un instant silencieuse. Son regard se perdit dans le fond du verre d'eau qu'elle venait de commander.
— Peut-être que j'ai aimé, avant, souffla-t-elle. Et puis parfois, certaines choses... cassent un peu les passions.

Sa voix s'était adoucie, un peu voilée. Personne n'osa répondre. Même Neymar, d'habitude incapable de garder le silence plus de trois secondes, laissa passer quelques secondes avant de plaisanter :
— Oula, on est tombés sur une poète.

Elle éclata de rire, et la tension retomba aussitôt.

PDV Tp :

Ils ne sont pas si terribles, finalement.
J'avais imaginé des égos surdimensionnés, des blagues lourdes, des regards insistants. Mais à ma surprise, ils étaient drôles, un peu maladroits, humains surtout.
Et Kylian... Kylian, c'était différent. Il ne parlait pas beaucoup, mais il observait. Tout le temps. J'avais cette sensation étrange d'être constamment à moitié étudiée, à moitié comprise.

Quand il se mit à parler, sa voix était plus grave que je ne l'aurais cru.
— Tu sais, on a tous un truc qui nous a cassés à un moment. Mais ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas rejouer.

Je levai les yeux vers lui. Il ne me regardait pas vraiment, son regard était posé quelque part sur la table, mais je savais qu'il parlait autant pour lui que pour moi.

Je souris doucement.
— Peut-être, oui. Faut juste trouver le bon terrain, je suppose.

Il répondit par un petit rictus, à peine perceptible, mais qui eut l'effet étrange de me faire battre le cœur un peu plus vite.

PDV Ousmane :

Le reste de la soirée se passa dans une ambiance presque paisible. Les rires revenaient, les piques fusaient, mais il y avait entre eux — entre eux deux surtout — une tension douce, presque imperceptible, que je n'avais pas vue venir.
Quand elle parlait, il l'écoutait. Quand il parlait, elle souriait.
Et moi, dans tout ça, j'avais juste envie de souffler : ça y est, on a un feuilleton.

Ellipse — plus tard dans la nuit

PDV Tp :

Je rentrais seule, les écouteurs dans les oreilles, la tête pleine d'images de cette soirée.
Je pensais à leurs rires, à leur énergie, à la façon dont Kylian avait baissé la tête en parlant de "rejouer".
Ce garçon-là, il avait quelque chose que je n'arrivais pas à cerner : à la fois une force tranquille et une fragilité qu'il cachait sous son assurance.

Arrivée chez moi, je laissai tomber mon manteau, pris mon carnet et notai quelques phrases pour l'article. Mais les mots qui vinrent n'étaient pas ceux d'une journaliste :

"Certains visages restent en tête comme une mélodie qu'on n'a entendue qu'une fois."

Je relus la phrase, soupirai et refermai le carnet.
Bon, demain, on reprendra les choses sérieuses. Promis.


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 Achraf Hakimi : 24 ans, joueur de foot, célèbre, célibataire.

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Antoine Griezmann : 25 ans, joueur de foot professionnel et un peu le foufou de la bande.

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KISS <3


A suivre......

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