Et si une seconde chance pouvait tout changer ?
Tp Tn, jeune femme au passé mouvementé, se réveille après un coma de trois ans. Entre souvenirs perdus et nouvelles réalités, elle découvre un monde qu'elle n'a pas vu évoluer et des amis qu'elle croya...
Les garçons finirent par nous rejoindre, le visage encore animé par l'euphorie du match. Leur bonne humeur suffisait à me détendre un peu ; tant qu'ils étaient contents, tout allait bien. Je leur fis signe de me suivre vers la limousine qui devait nous ramener chez Kylian ce soir — j'avais encore un article à écrire, et je comptais bien profiter du trajet pour m'y atteler.
Les couloirs des loges étaient presque déserts. Le bruit du stade s'éloignait derrière moi, comme une mer qui se retire. Mais à peine eus-je franchi la porte menant à la sortie que tout changea. Un brouhaha monta, des voix se mirent à m'appeler, à crier mon prénom. Des flashs éclatèrent, des téléphones s'élevèrent. Je restai un instant immobile, un peu prise de court.
Évidemment... je n'aurais jamais dû l'embrasser devant tout ce monde.
Depuis ma "petite gaffe" — comme je tentais encore de la nommer pour dédramatiser —, tout semblait s'être emballé. Mon compte Instagram avait dépassé le million d'abonnés sans que j'aie le temps d'y réfléchir. Mais rien ne m'avait vraiment préparée à ce genre de foule, à cette énergie qui se jette sur vous, curieuse, admirative, parfois un peu trop proche.
Je me dirigeai vers un petit groupe qui me faisait signe avec des sourires enthousiastes.
— Tp, je peux avoir une photo ? lança un garçon d'une vingtaine d'années, un peu tremblant. — Bien sûr, répondis-je avec un sourire.
Les clics s'enchaînèrent. D'autres voix s'ajoutèrent aussitôt. — Eh, Tp ! Je peux avoir ton numéro ? Je ris doucement. — Non, désolée, ça reste privé.
Une fille à côté leva timidement la main. — Vous êtes trop belle... Je penchai légèrement la tête, touchée. — Merci, tu es adorable toi aussi.
J'aurais pu rester là encore un moment, mais je savais comment ce genre de scènes tournait : les mêmes compliments, les mêmes questions, les mêmes photos. L'attention me mettait mal à l'aise, et j'avais besoin d'air. Alors je pris congé d'un signe, me faufilai jusqu'à la limousine et m'installai à l'arrière, enfin seule.
Le silence du véhicule me fit presque du bien. Je sortis mon ordinateur et me mis à taper. Les mots vinrent assez naturellement — les impressions du match, l'ambiance, les anecdotes, les réactions des joueurs. Une fois l'article terminé, je pris une grande inspiration et attrapai mon téléphone. Un réflexe.
Je tapai sur l'icône Instagram. Nouvelle publication. Je sélectionnai quelques photos, rédigeai une légende que je modifiai trois fois avant d'appuyer sur Publier.
Quelques secondes plus tard, les premières notifications défilèrent déjà. Des likes, des commentaires, des partages. C'était toujours vertigineux, cette vitesse.
Ils sont longs, quand même, pensai-je, en jetant un coup d'œil à la porte vitrée du stade. J'avais beau savoir qu'ils traînaient toujours après les matchs, je sentais poindre une légère impatience.
Je rafraîchis la page. Mon post avait déjà pris de l'ampleur. Les chiffres grimpaient à une allure folle, les mentions se multipliaient. Je posai le téléphone à côté de moi et regardai un instant par la fenêtre. Les gens, dehors, continuaient d'agiter des banderoles et de prendre des photos à travers la vitre teintée. Et moi, au milieu de tout ça, j'essayais de retrouver mon calme.
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