Chapitre XXVIII

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PDV Kylian :

Elle était là, dans mes bras, son corps immobile et silencieux. Mon esprit semblait s'être vidé, paralysé par la stupeur. Pourquoi fallait-il que le danger s'acharne toujours sur nous ? Juliana réagit immédiatement, appelant les pompiers sans perdre une seconde. Ils arrivèrent en un éclair, prirent Tp délicatement et l'emmenèrent. Enfin, lorsque mes pensées commencèrent à se rassembler, je rompis le silence pesant.

— Quelqu'un sait ce qui s'est passé ? demandai-je, la voix étranglée.

— Pendant le match, elle a dit qu'elle avait mal au ventre, expliqua Jennifer. Ce n'est pas un problème de grossesse.

Je restai interdit, incapable de formuler un mot.

— Rassurons-nous, intervint Juliana, elle est forte. Peut-être que ce n'est qu'un petit souci passager.

— Oui, ajouta Neymar, ce n'est pas forcément la fin.

Nous rentrâmes ensuite tous dans la grande maison. Achraf avait commandé des pizzas pour la limousine ; chacun en prit une. Mais moi, je ne pouvais pas partager. Je pris la mienne, et celle de Tp, comme si je pouvais, par ce geste, garder une part d'elle près de moi. Je ne sais pas pourquoi je réagissais ainsi. Habituellement, je ne suis pas comme ça... mais aujourd'hui, après ce qui venait de se passer, j'avais besoin d'être seul, de m'enfermer dans ma chambre. Peut-être espérais-je qu'elle réapparaisse comme par magie pendant que je mangerais.

Lorsque j'eus terminé, je jetai les cartons à la poubelle, sous les regards inquiets de mes amis, puis montai à ma chambre. Je me lavai, me brossai les dents et m'effondrai enfin sur le lit, le cœur lourd.

Le lendemain matin, mon téléphone vibra, me tirant d'un sommeil agité.

— Monsieur Mbappé ?
— Oui, c'est moi.

— Mademoiselle Tn est stable. Vu son état, je doute que quelqu'un soit au courant de ce que je m'apprête à vous dire...

— Allez-y, je vous écoute.

— J'ai analysé son dossier médical, et j'ai cherché un lien avec son passé traumatique... Vous vous souvenez qu'elle a été kidnappée, et qu'elle a subi des choses horribles ?

— Oui...

— Eh bien, cela a déclenché un problème cérébral qui a conduit à son coma.

Mon visage se figea. Ses yeux clos, son corps inerte... le mot « coma » résonnait dans ma tête comme un coup de tonnerre.

— Pour combien de temps ? balbutiai-je.

— Jeune homme... vous le savez autant que moi. Deux jours, quatre mois, dix ans... impossible à prévoir.

— Mais... elle est en état stable, non ? Elle a des chances de s'en sortir ?

— Pour le moment, oui. Tout se présente plutôt bien.

Au moins, un mince réconfort.

— Puis-je la voir ? demandai-je, ma voix tremblante.

— Oui, aujourd'hui, vers 15 heures, à l'hôpital xxxxxxx.

Je raccrochai, le cœur battant. J'annonçai la nouvelle à mes parents ; leur soutien m'enveloppa comme un rempart fragile. Je descendis prendre mon petit déjeuner, encore sous le choc. Le regard inquiet de mes amis me suivait. Je pris une inspiration et parlai d'une voix tremblante :

— Elle... elle est dans le coma.

Les larmes montèrent, incontrôlables. Neymar fut le premier à me prendre dans ses bras, suivi de tous les autres. La chaleur de leur étreinte me permit enfin de libérer ce que je retenais depuis si longtemps.

Lorsque quinze heures approchèrent, je pris ma voiture, préférant affronter seul ce moment, réfléchir, accepter... craindre. Craindre qu'elle m'oublie, que je l'oublie, craindre ce que je deviendrais sans elle.

À l'hôpital, une infirmière me guida rapidement. Je me retrouvai devant la chambre 16. Ma main tremblante effleura la poignée, je poussai et découvris Tp, allongée, immobile. Je repérai un tabouret, le pris et m'assis à sa hauteur.

— Pourquoi faut-il qu'il nous arrive toujours quelque chose à nous deux ? murmurai-je, presque pour moi-même.

Puis, d'une voix plus ferme :
— N'espère pas te débarrasser de moi comme ça.

Je continuai à lui parler, à lui raconter ma peur, ma solitude, mes pensées... mais aucune réponse ne vint. Soudain, la porte s'ouvrit et une femme entra.

— Bonjour ?
— Bonjour... Qui êtes-vous ?
— Anne, la mère de Tp. Je sais, tu es Kylian. J'aurais préféré te rencontrer dans d'autres circonstances.

— C'est vrai...

Nous parlâmes à trois, mais surtout à deux. Elle me raconta des anecdotes sur Tp, me posa des questions simples et sincères : comment nous nous étions rencontrés, où je travaillais plus jeune...

— Je n'aurais jamais cru qu'elle puisse être dans le coma, avouai-je.

— C'est la vie, répondit-elle sereinement. Cela arrive, mais je suis certaine qu'elle s'en sortira.

— Vous restez si calme... je ne sais pas si j'en serais capable. Et si... si elle n'y survivait pas ?

— Elle s'en sortira. Pas le choix. Sinon là-haut... elle aurait droit à une fessée de sa mère, plaisanta-t-elle avec un sourire.

Je souris malgré moi.

— J'aimerais être comme vous.
— Je suis juste positive, répondit-elle.
— Je vais m'entraîner à l'être, dis-je, esquissant un sourire triste.

— Bon, je vais devoir y aller.

— Au revoir, Kylian, encore une fois : elle s'en sortira.

— Au revoir.

Je redescendis, appuyai sur le bouton de la voiture et pris la route de ma maison. Arrivé, mes amis m'accueillirent avec un flot de questions. J'appréciai qu'ils s'inquiètent pour elle autant que moi : cela signifiait qu'ils seraient là, pour elle et pour moi, quand nous en aurons besoin.

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NDA : J'avoue j'ai lâché ma petite larme en écrivant ce texte, au prochain chapitre on aura le droit à un bon dans le temps.

KISS

A suivre......

Premier AmourOù les histoires vivent. Découvrez maintenant