Chapitre XIV

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Je me réveillai ce matin-là, encore un peu étourdie par la nuit précédente, et le souvenir de la déclaration de Kylian me torturait l'esprit. Était-ce sincère ? Ou simplement l'ivresse qui l'avait fait parler ? Je n'arrivais pas à trancher. Pourtant, je devais bien commencer la journée. Je me levai, pris un petit déjeuner rapide, puis, comme chaque matin depuis lundi, je savourai la chaleur de l'eau chaude sur ma peau. Un maquillage léger, un brossage de dents, et j'étais prête à m'habiller.

Alors que je faisais chauffer mon café, je sentis une présence derrière moi. Je me retournai.

— Mais non ! Pourquoi tu t'es retourné ? Moi, je voulais te faire peur ! s'exclama-t-elle en riant.

— J'ai bien fait, répliquai-je. J'ai acheté des croissants, des pains au chocolat...

Un sourire étira ses lèvres.

— Merci... tu es le meilleur, dit-elle en me déposant un bisou sur la joue avant de s'installer à table comme si de rien n'était. Depuis quand est-elle aussi à l'aise avec moi ?

— Houa... j'ai un mal de crâne, se plaignit-elle en massant ses tempes. Qu'est-ce que j'ai fait hier après ce verre ? Et... pourquoi es-tu ici ? On a dormi ensemble ?

Ses joues s'embrasèrent légèrement, rouge comme deux coquelicots.

— Et on se calme un peu, répliquai-je. Tu m'as appelé parce qu'il y avait des « méchants » devant les toilettes, puis tu m'as raccroché au nez. Je suis venu te chercher, tu m'as sauté dessus, ensuite... tu as dit que j'étais beau.

— Non... je n'ai pas pu dire ça, si ?

— Non, ça... je l'ai inventé, répondis-je en riant. Après, je t'ai sortie des toilettes, constaté que c'était le même agresseur que mardi dernier, je t'ai mise dans ma voiture, et je t'ai posée sur le lit de la chambre d'amis.

— Donc... on est chez toi ! murmura-t-elle, mi-amusée, mi-surprise. Mon appartement n'est pas aussi grand... J'espère que je n'ai rien dit de mal.

— Tu n'as rien dit de mal, mais...

— Mais ?

— Tu ne vas pas me croire, alors oublie, répondis-je, amusé.

— Ce n'est pas juste ! Bon, t'aurais pas un Doliprane contre mon mal de tête ?

— Si, je vais te chercher ça.

Je partis, revins avec le cachet, et nous finîmes de manger en silence, la complicité flottant entre nous comme une évidence.

Plus tard, elle partit se laver. Lorsqu'elle revint, un problème surgit : elle n'avait rien à se mettre. Sa robe d'hier était hors de question. Elle me passa un coup de fil, et je la vis apparaître en serviette. Mon cœur fit un bond. Elle aussi rougissait, et cela me fit sourire.

— Tu baves un peu, lançai-je en plaisantant.
— Vas-y, ta gueule, répondit-elle, rouge comme une tomate.
— Mdr. Qu'est-ce que tu veux ?
— Bon... je n'ai pas de vêtements. Tu aurais quelque chose qui pourrait m'aller ?

Je partis fouiller dans mes affaires et revins quelques minutes plus tard avec un t-shirt trop petit et un jogging de mon adolescence.

— C'est mon maillot et mon jogging de quand j'avais seize ans, expliquai-je. Trop petits pour moi maintenant, j'ai grandi... et j'ai pris du muscle.

— Merci, ça devrait faire l'affaire, murmura-t-elle, un léger sourire aux lèvres.

Quelques instants plus tard, son téléphone vibra. Neymar voulait qu'elle les rejoigne pour l'après-midi au Centre Pompidou. Elle acquiesça et se prépara à sortir. Je la vis passer quelques instants dans le salon.

— Tu sais, la semaine prochaine, on part en vacances avec les Bleus. Tu viens toi aussi ?
— Oui, je crois.
— Ce n'était pas une question.
— Ok, ok... Bon, je dois te quitter, je rejoins Ney.
— Tu n'es pas bien avec moi ?
— Si, mais...
— Ne t'inquiète pas, je te taquinais.

Elle s'éloigna, me laissant avec mes pensées, et quelques minutes plus tard, un klaxon la fit sursauter.

— Tu montes ? cria Neymar.

Elle monta dans la voiture où l'attendaient Juliana, Neymar, Achraf et Ousmane. Les questions fusèrent.

— Pourquoi t'as les vêtements de Kylian quand il avait seize ans ? demanda Achraf.
— Il m'a ramenée chez lui hier, expliqua-t-elle. À ce qui paraît, j'aurais appelé, parce qu'il y avait des « méchants »... comme mon agresseur de mardi dernier. Il est venu me chercher et m'a ramenée chez lui. Le seul truc dont je ne me souviens pas, c'est ce que je lui ai dit.

Ousmane éclata de rire.

— Non mais tu nous fais une bande-annonce ou quoi ? C'était le plus intéressant !
— J'aimerais savoir... mais il m'a dit que je ne serais pas contente de ce que je lui ai dit, ajouta-t-elle, perplexe.

— Oh putain, j'ai une idée... et effectivement Tp, je ne pense pas que tu le croirais si tu savais, murmura Neymar.

Achraf parla de leurs prochaines vacances à Malte. L'excitation flottait dans l'air.

La journée s'acheva ainsi, dans un mélange de rires, de confidences et de complicité. Je me sentais entourée, comprise... avec de vrais amis. Le soir venu, je préparai ma valise pour le départ de demain et, enfin, je m'endormis, bercée par le doux sommeil de Morphée.


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KISS<3


A suivre......

Premier AmourOù les histoires vivent. Découvrez maintenant