Chapitre II

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Le réveil sonna.
Je restai un instant immobile, les yeux encore mi-clos, la tête enfouie dans l'oreiller.
Le grand jour. Celui que j'avais redouté toute la nuit.

Allez Tp, on se bouge. Ce sera redoutable, mais on va faire en sorte que ce soit une bonne journée.

Je m'extrais du lit, un peu engourdie, et file préparer mon petit déjeuner. Le même café noir, la même tranche de pain grillé. Une routine rassurante avant la tempête.
La douche, ensuite. Je tourne le robinet, attends l'eau chaude... rien.
Un frisson me traverse.

— Attends, c'est encore froid ? Mais j'ai mis sur le plus chaud ! Non, là, c'est plus possible... Il faut que j'appelle un plombier !

Je me résigne à une nouvelle douche glaciale, rapide, presque militaire.
Puis j'enfile la tenue que j'avais soigneusement préparée la veille : un pantalon beige, une chemise fluide bleu clair, des mocassins sobres. Le tout propre, simple, professionnel.
Un peu de mascara, un trait fin d'eyeliner, et le miroir me renvoie une version à peu près confiante de moi-même.

Je me brosse les dents, attrape mon sac, respire profondément.
Porte refermée. Métro.
(Ellipse du trajet.)

Le bâtiment du PSG se dresse devant moi, massif et impressionnant.
Je prends une grande inspiration et pousse la porte, mais un vigile m'arrête aussitôt, me barrant poliment le passage.

— Bonjour, mademoiselle. Désolé, l'entraînement n'est pas public aujourd'hui. Les fans doivent rester à l'extérieur.

Moi, fan ? La bonne blague.

Je garde mon calme et lui tends mon badge fraîchement imprimé.

— Je suis journaliste. Embauchée hier, justement.

Il me dévisage, puis consulte sa tablette.

— Dans ce cas... vous devez être Tp Tn ?

Un léger sourire me monte aux lèvres.

Je suis connue, on dirait.

— Exactement, c'est moi.

— Parfait, excusez-moi pour le malentendu. Bienvenue, et bonne journée à vous, Madame.

— Aucun souci, merci beaucoup !

Je l'aime bien, lui. Respectueux et poli, ça devient rare.

Je traverse le hall, un peu perdue, jusqu'à trouver le bureau de mon premier contact : Didier Deschamps.
Je frappe, une voix posée me répond.

— Entrez !

Je m'avance, referme doucement la porte derrière moi.

— Bonjour, je suis Didier Deschamps.

— Enchantée, moi c'est Tp Tn.

— Appelez-moi Didier, tout simplement.

— Dans ce cas, appelez-moi Tp.

Je l'aime bien, lui aussi.

Il me fait signe de m'asseoir. Sa voix a cette autorité tranquille de ceux qui ont tout vu, tout vécu.

— Bon, Tp. J'aimerais que tu rédiges l'article sur le match de vendredi soir. Carte blanche. J'ai confiance, j'ai lu ton dossier. Fais passer l'émotion, le message, le vrai.

— Très bien, je ferai de mon mieux.

Il hoche la tête, puis croise les mains.

— Dis-moi un peu qui tu es, pour qu'on fasse connaissance.

Premier AmourOù les histoires vivent. Découvrez maintenant