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On était enfin rentrés à la maison — enfin, sa maison. Le simple fait de franchir le seuil me donna l'impression de respirer à nouveau. L'air semblait plus léger, plus sûr. J'avais encore du mal à croire que tout ça était terminé, que Léonie ne verrait plus la lumière du dehors avant ses soixante-sept ans. Soixante-sept ans. Rien que d'y penser, j'avais envie de sauter de joie, ce que je fis sans retenue, tournoyant dans le salon, éclatant de rire comme une gamine qui retrouve sa liberté.
Kylian m'observait depuis le canapé, le coude appuyé sur le dossier, un sourire amusé accroché aux lèvres. Ses yeux suivaient chacun de mes gestes, mi-fiers, mi-tendres. Il n'avait rien dit, mais je savais qu'il partageait ma joie. Elle vibrait entre nous, dans l'air tiède de la pièce.
— Par contre... je m'en veux un peu d'avoir parlé comme ça au juge, dis-je en m'arrêtant soudain. C'était sous le coup de la colère, de la peur... promis, je n'aurais pas dû.
Il secoua la tête avec douceur.
— Tu n'as pas à te justifier. Tu as dit ce que tu devais dire. Et si jamais il n'avait pas compris, je serais intervenu. Je t'aurais défendue, coûte que coûte. Je te l'ai promis, non ? Jamais plus tu ne me quitteras.
Je levai un sourcil, mi-moqueuse, mi-attendrie.
— Un peu possessif, le Kyky.
— Ce n'est pas vrai, protesta-t-il, faussement vexé. Je veux juste que tu restes avec moi. Que plus jamais on ne passe des moments aussi longs, loin l'un de l'autre.
— J'avais compris, ris-je. Et t'en fais pas, moi non plus, je n'ai pas envie d'être kidnappée à nouveau.
Je m'approchai de lui et me laissai tomber dans ses bras. Son odeur me ramena instantanément au calme. Il avait cette manière de me serrer, ni trop fort ni trop doucement, juste assez pour me faire comprendre qu'il était là, solide, réel, ancré. Si je pouvais rester ainsi, suspendue à lui, je le ferais. Mais on avait une soirée, ce soir, et je n'avais aucune envie de la rater. J'avais gagné un procès — mon procès — et j'avais besoin de le crier au monde entier.
Je me détachai lentement, sentant ses doigts s'attarder un peu trop longtemps à ma taille. Il grogna, une sorte de protestation tendre, et je souris avant de filer dans la chambre.
Je commençai à me préparer, le cœur léger. Ce soir, je voulais briller. Pour une fois, je décidai de faire un maquillage voyant, différent de d'habitude. Les pinceaux glissaient sur ma peau, précis, confiants, comme si je retraçais les contours de ma victoire. Après trente-cinq minutes, je sortis de la salle de bain, fière du résultat.
— Kylian !
— Quoi ? fit-il depuis le salon.
— Viens voir, s'il te plaît.
Il monta les marches d'un pas nonchalant. Quand il apparut dans l'encadrement de la porte, je vis ses yeux s'écarquiller légèrement. Un silence s'installa, suspendu.
— ...
Je fronçai les sourcils.
— Ok... j'ai compris, je change.
— Non ! s'exclama-t-il aussitôt. Non, vraiment pas. C'est juste que... j'ai pas l'habitude de te voir maquillée comme ça. Mais ça te va bien. Très bien, même.
Un sourire étira mes lèvres.
— Tant mieux, parce que vu le temps que j'y ai passé, je n'allais pas le retirer.
Il rit, et le son de son rire réchauffa l'air entre nous.
Je me tournai ensuite vers mon armoire, en quête de la tenue parfaite. Après plusieurs essais, je tombai sur une robe que je n'avais portée qu'une seule fois. Elle me donnait confiance. Le tissu glissait sur ma peau, léger, presque insolent. Elle dessinait mes courbes sans trop en dire, et je me sentais puissante, femme. Seul le décolleté me freinait un peu : on devinait à peine les traces de mes bleus. Personne ne les verrait, mais moi je savais qu'ils étaient là — souvenirs muets de ce que j'avais traversé.
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Premier Amour
RomanceEt si une seconde chance pouvait tout changer ? Tp Tn, jeune femme au passé mouvementé, se réveille après un coma de trois ans. Entre souvenirs perdus et nouvelles réalités, elle découvre un monde qu'elle n'a pas vu évoluer et des amis qu'elle croya...
