Chapitre XX

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Je me réveillai doucement dans ses bras, enveloppée par la chaleur rassurante de Kylian. La nuit avait été paisible, douce, et pourtant, je sentais encore le poids des derniers jours sur mes épaules. Un instant, je tentai de me retirer délicatement, la mission de me lever pour les toilettes accomplie avec succès. Une fois revenue, je me plantai devant le miroir et observai mes blessures. Quelques-uns de mes bleus s'étaient estompés, et un mince sourire se dessina sur mes lèvres : c'était un petit triomphe après tant de souffrance.

De retour dans le lit, je pris mon téléphone et fus surprise de voir le nombre d'abonnés qui avait explosé : 1,4 million. Mes doigts tremblaient presque en repartageant la story de Kylian, ajoutant un cœur rouge. Une petite victoire, une étincelle de bonheur dans une période encore lourde. À peine avais-je posté que Juliana m'appela. Je lui expliquai que je ne pouvais pas répondre, Kylian dormait à côté de moi et je refusais de le réveiller.

Elle insista par message :

« Bon alors raconte-moi tout ! J'ai appris pour Léonie et tout. Tp, je suis si désolée. »
« Ne t'inquiète pas, c'est fini. Aujourd'hui, procès. »
« Ouf... »
« Et bien... il t'a déclaré sa flamme ? »
« Oui... Je crois que je lui avais avoué la mienne un peu... bourrée. »
« Mdr... c'est tout toi ça ! Trop bien, je suis tellement contente pour toi ! »
« Hier soir, j'ai rencontré sa famille. »
« Non ? Si vite ? »
« On voulait l'annoncer sur les réseaux, et il voulait que ses parents soient au courant avant. »
« Je comprends... Fais attention, il est famous ton gars. »
« Je lui fais entièrement confiance. »
« Bien... Et c'est ton premier amour ? »
« Oui... »
« Tu commences pas avec un morveux de bas étage, j'imagine ? »
« Toujours... Je suis une reine, je gouverne ce monde. »
« Bahaha, retourne te coucher, t'es encore bourrée. »
« Non, j'expose la vérité ! »
« Bon... fête ce soir chez Ousmane, ramène ton futur roi du monde. »
« Mdr, on viendra je pense. »
« Tu viens... c'est pas une question. »

Je souris, le cœur léger, lorsque Kylian se réveilla à son tour. Il m'embrassa avec tendresse, et nous prîmes notre petit-déjeuner dans la quiétude de la maison désormais silencieuse. Ses parents étaient partis, et le rituel matinal se fit calmement : se laver, se brosser les dents, un peu de maquillage pour moi, puis nous nous habillâmes avant de monter en voiture, direction le tribunal.

Sur la route, nous laissâmes la musique nous envelopper, comme un rempart contre le stress qui grondait sous nos peaux. Au feu rouge, je posai un baiser sur sa joue et glissai ma main dans la sienne, que je déposai doucement sur ma cuisse.

— Bah alors ? demanda-t-il, un sourire mi-amusé, mi-inquiet.

— J'aime bien, répondis-je avec un frisson.

— Je vois ça... Ça va ? Je veux dire... prête à affronter cette horrible sauvage ?

— J'attends ça depuis longtemps... Elle ne survivra pas. Elle va pourrir, jusqu'au bout.

— Les prisons ne sont pas forcément sous terre, plaisanta-t-il.

— Roh, c'est bon ! m'exclamai-je en riant.

Le rire nous soulagea un instant, fragile, mais nécessaire. Une fois arrivés, je pris sa main avant de franchir le seuil du tribunal. La tension montait à chaque pas, l'angoisse mêlée à la détermination, jusqu'à ce que nous nous installions sur les chaises prévues pour l'audience.

— T'es sûr qu'on est dans la bonne salle ? demanda Kylian, un sourcil levé.

— Je te suivais, moi, répondis-je.

— Moi aussi, je te suivais... souffla-t-il, et nous éclatâmes de rire nerveux.

Quelques minutes plus tard, nous trouvâmes finalement nos places. L'espace était relativement vide, mais je distinguai au loin ceux qui m'avaient séquestrée. Une peur sourde m'étreignit, un frisson glacial me parcourut. Le juge arriva, et nous nous levâmes. Les formalités débutèrent, et je sentis mes mains moites.

— Bonjour. Aujourd'hui, en ce dimanche, il s'agit d'une affaire d'extrême urgence, annonça le juge. Quel est le sujet ?

Mon avocat prit la parole :

— Il s'agit de Mademoiselle Tn. Ces personnes l'ont séquestrée pendant quatre jours.

Le juge hocha gravement la tête, et le procès commença. Léonie baissa les yeux, tandis que son avocat tenta de justifier ses actes :

— Il se peut que Tp lui ait causé du tort il y a quatre ans...

— C'est faux ! m'exclamai-je, la voix tremblante mais ferme.

— Ce n'est pas votre tour, interrompit le juge.

— Mais je n'en peux plus... continuai-je, incapable de contenir l'émotion. Vous ne pouvez comprendre... Vous n'avez jamais vécu ce que j'ai vécu. Je vais vous raconter la vérité.

Je pris une profonde inspiration, le regard fixé sur eux, et commençai mon récit :

— Tout remonte à quatre ans. J'étais joueuse de football, ambitieuse, et un jour, lors des sélections pour le championnat féminin d'Europe, Léonie, qui était dans mon club, m'a poussée par jalousie. Je me suis éclatée le genou. Quatre mois d'hôpital, quatre mois de douleurs et de rééducation. Ensuite... l'école, le bac, et la haine sourde de Léonie. Elle a détruit ma réputation, isolé mes amies... J'étais impuissante, une adolescente sans pouvoir contre l'argent et l'influence de ses parents. Cette année-là, j'ai perdu mon père. Mais j'ai survécu. Et malgré mes efforts pour vivre normalement, elle a continué sa vendetta. Puis, cette semaine, elle m'a séquestrée pendant quatre jours. J'ai les preuves...

Je leur montrais mes bleus, mes côtes, mes marques encore visibles.

— Je... je suis désolé, murmura le juge.

— Si vous la laissez libre, elle continuera de me pourchasser, ajoutai-je. La police de Malte, les joueurs de l'équipe de France, ma mère, le PSG... vous pouvez vérifier. Tout est vrai.

Le silence pesa un instant. La véracité de mes dires était indiscutable.

— Je pense que vous n'avez plus de défense... annonça le juge. Mademoiselle Tn, votre accusatrice, Léonie, ne ressortira pas avant quarante-quatre ans et devra payer une amende de 65 000 euros.

Le marteau résonna trois fois. Libérée, je sentis un poids immense se dissoudre de mes épaules. Je me jetai dans les bras de Kylian, le cœur débordant de soulagement.

— J'ai réussi... soufflai-je, les larmes aux yeux, que je partageai immédiatement avec ma mère.

Il était 17 heures. Avec Kylian, nous nous dirigeâmes vers la voiture, prêts à rentrer et à célébrer cette victoire. Sur Twitter, le monde entier avait suivi l'audience ; les messages de soutien affluaient. Pour la première fois depuis longtemps, je me sentais invincible, aimée, et enfin libre.




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KISS<3



A suivre.....

Premier AmourOù les histoires vivent. Découvrez maintenant