PDV Kylian :
Je ne dors plus. Chaque nuit est un supplice où l'absence de Tp me dévore, où le silence de sa disparition pèse sur moi comme un poids de plomb. Je mange à peine, mes mains tremblent, mes pensées s'emmêlent dans un chaos de peur et de regrets. Trois jours. Trois jours depuis qu'elle a été arrachée à moi. Trois jours que son absence me hante. Je tente de me persuader qu'elle est encore en vie, mais chaque seconde sans elle me semble une éternité.
J'avais cru toucher au bonheur, ne serait-ce qu'un jour, un seul, et le voilà réduit à néant. Ma peur se transforme en remords. Je n'ai pas réussi à la protéger, et cette pensée me brûle, m'étouffe. Comment pourrais-je continuer sans elle ? Chaque battement de mon cœur crie son nom, chaque souffle me rappelle mon impuissance.
— Kylian ? murmura Ousmane, hésitant.
— Laisse-moi ! criai-je, la voix étranglée par la frustration et le désespoir.
Il ne bougea pas.
— Mec...
— Dégage, j'ai dit ! lançai-je avec plus de rudesse que je ne le souhaitais.
Je réalise alors combien mon désespoir me rend dur envers mes amis, combien ma douleur devient égoïste. Ousmane s'approcha, impassible mais rassurant.
— Je suis désolé pour toi, mais garde espoir... je suis sûr qu'elle est encore en vie.
Je me mis à sangloter, les épaules secouées par des hoquets incontrôlables.
— Mais c'est ma faute ! elle est partie... c'est de ma faute !
— Non, tu le sais très bien... elle t'aime.
— Alors pourquoi ne donne-t-elle plus signe de vie ?
— Je...
— Imagine qu'elle soit morte...
Un sanglot me coupa la voix. Ousmane s'avança et me prit dans ses bras. Je m'y écroulai, m'abandonnant à l'étreinte, laissant les larmes couler sans retenue. Depuis mardi, mes nuits sont hantées par les mêmes cauchemars, où elle disparaît à chaque fois. Ses cris, son absence, le désespoir me rongent. J'avais mené mes recherches, retrouvé son téléphone réduit en miettes... et cela n'avait fait que confirmer mon impuissance.
— Ne t'inquiète pas, Kylian. On la retrouvera, je te le promets, murmura Ousmane.
Puis la porte s'ouvrit brusquement.
— Les gars ! Les gars !!! Devinez quoi ? s'écria Antoine, débordant d'excitation.
Son enthousiasme me hérissa. Comment pouvait-il être joyeux alors que je me consumais d'inquiétude ?
— Bon, j'arrête le suspense, souffla-t-il enfin. Tp a été localisée par la police. Nous avons la localisation. Préparez-vous.
Mon cœur bondit dans ma poitrine. Un minuscule signe de vie après tant d'angoisse. La peur se transforma en une lueur d'espoir. Elle était là, elle respirait encore. Je sentis l'urgence me traverser, la certitude que bientôt, je la tiendrais entre mes bras.
PDV Tp :
Depuis plusieurs jours, je vis dans une petite pièce sordide, le corps et l'esprit meurtris. Mes bras et mes jambes me font souffrir, mon ventre brûle d'un malaise constant. La faim me ronge, la fatigue m'écrase. Chaque son est un écho de mon impuissance. Depuis mardi après-midi, je ne suis qu'une ombre de moi-même, affaiblie, asséchée, à la frontière de l'inconscience.
— Bon, c'est l'heure, murmura un inconnu avec brutalité.
Mes larmes me montèrent, mais je me refusai à pleurer. Pas une fois de plus. Je refusais de me soumettre. Mais Léonie, impitoyable, m'ordonna :
— Dépêche-toi, pétasse ! On n'a pas que ça à faire.
Je tentai de ralentir, de me faire oublier, mais mes jambes me trahissaient, fléchissant sous mon poids. Mes yeux voilés heurtaient presque les murs, et je manquai de peu de m'effondrer avant d'atteindre la salle. Une fois à l'intérieur, on me poussa au sol comme si je n'étais rien. Je tentai de me relever, mais la douleur me cloua sur place.
— Mets-toi là... PLUS VITE ! cria un autre.
On m'attachait, mes poignets hurlant de douleur sous la pression des cordes.
— Ce n'est pas comme si je pouvais partir... grommelai-je, tentant de garder un semblant de dignité.
Mais le coup qui suivit me fit comprendre que la souffrance n'épargnait rien, qu'aucune force humaine ne pourrait me protéger de ce qui allait arriver. Mon corps fut martelé, mes sens saturés par la douleur et la peur. À chaque coup, je sentais la vie s'échapper, mes forces s'étioler. Mon cri résonna dans la pièce, et enfin, le noir m'engloutit.
PDV Kylian :
Un cri perça la nuit, aigu, désespéré. Je le reconnus immédiatement. Tp. Mon cœur se figea. Ce son, familier et pourtant terrifiant, me déchira. Je savais qu'elle était en vie, mais cette confirmation me fit basculer entre l'angoisse et la rage.
Nous avons suivi les cris jusqu'à la source. Je la vis, faible, frappée, évanouie sur le sol. La colère m'embrasa. Je courus, la pris dans mes bras, oubliant tout le reste. Neymar neutralisa l'agresseur d'un coup sec, et soudain, un poids immense se déposa sur mes épaules : le soulagement. Elle était vivante. Enfin.
Je l'embrassai, la pris dans mes bras comme si le monde entier avait cessé d'exister. Nous montâmes dans ma voiture, direction l'hôpital, tandis que la police s'occupait de ces fous. Chaque seconde sans elle avait été une torture, et maintenant, enfin, je pouvais respirer.
PDV Tp :
L'hôpital était calme, rassurant. Je sentais Kylian près de moi, la chaleur de sa présence chassant peu à peu l'effroi. Quand nos regards se croisèrent, mes larmes coulèrent à nouveau, mais cette fois de soulagement.
— Je suis là maintenant, murmura-t-il, la voix brisée par l'émotion.
— Tu pleures ? demandai-je doucement.
— Je suis juste... trop heureux de te revoir. Je me suis cru responsable de tout ce qui t'est arrivé, ajouta-t-il, sa voix tremblante.
Nos lèvres se trouvèrent, longuement, avec la douceur et l'urgence de ceux qui ont frôlé l'inimaginable.
— Ce n'est pas ta faute... dis-je. C'est moi qui suis partie seule. Et... Timothée ?
— Viré... grâce à lui, on t'a retrouvée, répondit-il, la voix empreinte de fierté.
Le docteur entra, rompant le silence avec tact.
— Ne vous inquiétez pas. À part des bleus et une côte fêlée, rien de grave. Le reste... repos, nourriture et soins suffiront à ton rétablissement.
Nous nous regardâmes, rougissant, puis quittâmes l'hôpital pour rentrer. Kylian m'installa, m'appliqua la pommade, me massant avec douceur. Lentement, le sommeil me prit, la chaleur de ses bras m'enveloppant. Enfin, après quatre jours de peur et de solitude, je me laissai aller, confiante et sereine, dans le refuge de son amour.
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NDA : Bon un plus gros chapitre mais c'est pas fini....Léonie à plus d'un tour dans sa carte qu'elle ne le croit.
KISS<3
A suivre.....
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Premier Amour
RomanceEt si une seconde chance pouvait tout changer ? Tp Tn, jeune femme au passé mouvementé, se réveille après un coma de trois ans. Entre souvenirs perdus et nouvelles réalités, elle découvre un monde qu'elle n'a pas vu évoluer et des amis qu'elle croya...
