Il est dix-sept heures. La série est terminée, et un silence plane dans le salon.
Bon, ce n'est pas tout, mais moi, il faut que je me prépare pour le match de ce soir.
Je rassemble mes cheveux en une queue de cheval haute, rapide, efficace. Devant le miroir, je change de tenue, optant pour celle qui dit tout sans un mot : je suis du PSG, corps et cœur confondus.
Je me regarde un instant. C'est étrange — pas à cause des vêtements de sport, non — mais parce que j'ai enfin la sensation de reprendre ma vie en main. Et ça me plaît.
Je glisse mon téléphone et mes clés dans mon sac. Mon bureau étant sur place, je n'ai pas besoin de trimballer mon ordinateur. Chaussures, manteau, porte refermée à double tour.
Le trajet, je le fais à pied. L'air est doux, presque électrique. Dans mes écouteurs, la musique pulse, rythme mes pas et mes pensées.
À un moment, par réflexe, j'ouvre Instagram. Cinquante-cinq mille abonnés. Je reste figée, un sourire incrédule aux lèvres. Les messages affluent, les notifications explosent.
Ça grimpe vite...
Et sans que je m'en rende compte, quelque chose se redresse en moi : une confiance nouvelle, fragile, mais réelle.
Ellipse du trajet.
Le centre est déjà en ébullition. Je passe les portiques, salue quelques visages familiers, et rejoins ma loge — celle réservée au personnel. Une vue imprenable sur le terrain. Le vert de la pelouse semble vibrer sous les projecteurs.
Je pose mes affaires et vais chercher un soda à la cafétéria. L'odeur du café, les conversations qui s'entrecroisent, les rires nerveux : tout annonce un grand soir.
Ce soir, Paris affronte le Real Madrid.
Point de vue Kylian
L'adrénaline me serre la poitrine. Ce soir, c'est un match décisif. Et pourtant, je sens une nervosité que je ne m'explique pas.
Achraf me tape dans le dos.
— Mec, t'inquiète, ça va le faire. On va les défoncer. Ce soir, c'est la fête.
Neymar lève les bras :
— Ce soir, on gagne, les gars. C'est obligé.
Olivier hoche la tête, calme, sûr de lui.
— On ne se rate pas.
Les hymnes résonnent, les tribunes tremblent. Puis, le coup d'envoi.
Point de vue Tp
Trente minutes de jeu. Zéro à zéro.
Chaque minute me crispe un peu plus. Les deux équipes sont redoutables, les échanges rapides, précis, nerveux. Le public retient son souffle.
Et puis, tout bascule : un tir du Real, fulgurant, imparable. But.
Je ferme les yeux une seconde. La déception me serre la gorge. Ce n'est que la première mi-temps, je me répète. Paris peut encore renverser le sort.
Pendant la pause, je décide de descendre vers les vestiaires. Juste deux mots, me dis-je. Deux mots pour raviver une flamme.
Point de vue Kylian
Le vestiaire est tendu. On a encaissé un but, et le silence est presque lourd.
Je ne l'ai pas vue dans les gradins, et ça me désole. J'aurais voulu qu'elle soit là, qu'elle voie que je me bats.
Le coach expose une nouvelle tactique, sèche, tranchante. On hoche la tête, concentrés.
Puis la porte s'ouvre.
D'abord, personne ne réagit. Une silhouette féminine, hésitante, avance. Et quand elle relève la tête, je la reconnais : elle.
Tp.
— Bon, je ne vais pas passer par quatre chemins, dit-elle d'une voix claire. Votre première mi-temps n'était pas terrible. Pour ceux qui ne me connaissent pas, je suis la reporter du PSG. Mais là, je parle en tant qu'observatrice. Vous étiez sur la défensive, et voilà le résultat. Ils ont marqué. Oui, c'est un seul but. Oui, c'est une première mi-temps. Mais non, vous ne pouvez pas continuer comme ça. Moi, je crois en vous.
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Premier Amour
RomanceEt si une seconde chance pouvait tout changer ? Tp Tn, jeune femme au passé mouvementé, se réveille après un coma de trois ans. Entre souvenirs perdus et nouvelles réalités, elle découvre un monde qu'elle n'a pas vu évoluer et des amis qu'elle croya...
