Chapitre XXIX

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PDV Tp :

Je commençais à percevoir les bruits autour de moi, à distinguer des paroles... et surtout, j'avais envie de bouger. M'asseoir, me redresser, sortir de cet endroit... je n'en pouvais plus. Ce lieu m'était à la fois familier et étranger. J'y avais passé du temps, enfin... je l'espérais.

Puis, soudain, le lourd voile qui recouvrait mes yeux disparut. Mes paupières s'ouvrirent. Oui, j'étais sortie du coma. Je scrutai la chambre, observant chaque recoin. Pas de surprise, tout était blanc, avec quelques nuances, rien d'extravagant.

La porte s'ouvrit sur une infirmière, visiblement ébahie.

— C'est... re-moi, dis-je, avec un petit sourire.

— David, murmura-t-elle, ce n'est pas une blague... elle vient de parler.

David entra, bouche bée.

— Elle parle au moins ?
— Vous n'êtes pas heureux de me revoir ? râlai-je. C'est pas cool, vous auriez pu faire semblant !

Il resta figé.

— Bon, moi je ne sais pas pour vous, mais j'aimerais bouger... ou juste sortir d'ici et rejoindre mes potes.
— On va vous garder aujourd'hui pour les médicaments et quelques prescriptions, expliqua David.

— Faites vite. Je peux au moins prendre mon téléphone ?

— Pauline ?

— Oui, je reste avec vous. Je vais vous donner votre téléphone, dit-elle en disparaissant quelques instants.

Lorsqu'elle revint :

— Tenez.
— Merci.

J'allumai l'appareil, et là...

— QUOIIIIIIIIIIIIIIII !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! On est en 2026 ???????? (Ou trois ans de plus que l'année où vous lisez cette histoire).

— Oui, confirma Pauline.

— Vous pouvez me faire un petit récap de ce qui se passe dans le monde ?
— La Coupe du Monde est aux États-Unis.

— C'est tout ?
— Malheureusement, oui.

Je soupirai, un mélange de soulagement et d'excitation.

— Et la France ?
— Encore là, aux huitièmes.
— Ah, bien sûr... logique.

Je jetai un œil dans le miroir. Bon... je ne suis pas moche, pas de boutons, un peu de cernes... drôle, non ?
— Heu... oui, répondit Pauline, hésitante.

Je bougonnai :
— Trois ans sans compliments... ce n'est pas de ma faute ! Bon, je vais appeler ma mère. Elle est vivante, au moins ?
— Oui.

J'appuyai sur le bouton et laissai ma voix traverser le combiné.

— Salut maman, viens me chercher à l'hôpital, j'en ai marre d'être ici. Il faut que j'aille aux États-Unis.

— Salut ma fille...

Sa voix me fit frissonner.

— Oui je sais que je t'ai manqué, mais j'ai trop envie de savoir ce que deviennent mes amis.
— Je comprends... je passe demain matin. Bisous.
— Bisous.

Je souris, soulagée. Bon, je n'avais pas de chauffeur privé, mais ma mère venait demain matin.

Je jetai un œil sur Instagram, le cœur battant. Trois ans d'absence, est-ce que j'avais été remplacée ? Impensable. Qui pourrait remplacer... moi ? Personne.

Je parcourus les comptes de mes amis :

Juliana – Toujours avec Ousmane, pas de nouvelles copines sur ses photos. Ma place de BFF intacte.

Antoine – Une copine, des coiffures un peu ratées.

Et enfin... Kylian. Mon cœur. Il n'était pas mort, avait repris les matchs, champion du monde... j'étais fière de lui. Je googlais : « Petite amie de Kylian Mbappé »... réponse : moi. Rien n'avait changé. Même sa notoriété mondiale n'avait pas effacé notre histoire.

Le lendemain, ma mère vint me chercher comme promis. Elle pleura, je pleurai, nous nous serrâmes dans les bras. Nous achetâmes mes médicaments et reprîmes la route pour Paris.

— Dis maman, si Kylian est toujours avec moi, je pourrais te le présenter ?
— Je l'ai déjà rencontré.

— Hein ? Sans mon autorisation ? J'étais pas là !
— Pour le coup, si... le lendemain de ton hospitalisation.

— Mouais... la prochaine fois, ne faites pas ça sans moi.
— Tu étais là.
— Faut que je sois vraiment là.
— J'avais compris.

Pendant le trajet, nous parlâmes de tout et de rien, mais une idée me trottait dans la tête : aller aux États-Unis. Mais est-ce que ma mère accepterait ? Même adulte, je venais de sortir de l'hôpital... ça n'allait pas être simple.

— Maman, j'ai très envie d'aller aux États-Unis.
— Je sais... et je sais pourquoi.
— Alors ?
— Je préfère que tu restes avec moi.
— Mais je suis avec toi maintenant.
— Je sais ça...
— Alors ?
— Eh bien... je ne peux pas te dire que c'est impossible. Tu as l'argent nécessaire.
— Donc j'y vais ?
— Oui, mais à une seule condition.
— Laquelle ?
— Tu fais très attention. Je ne veux pas que ma fille se retrouve blessée.
— Crois-moi, je n'ai aucun plaisir à passer mes journées à l'hôpital.
— Même pas un jour ?
— Je te vois venir.
— C'est pas ma faute si je veux des petits-enfants. Et ils seront beaux.
— Vu leur mère... évidemment.
— Et leur père est pas mal non plus, mais moins beau que moi.

Nous arrivâmes finalement à destination. La route avait été longue, mais mon envie d'aventure était intacte.

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KISS<3


A suivre.......

Premier AmourOù les histoires vivent. Découvrez maintenant