11· Ethelred

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104 Pirlig St, Edinburgh

Le fourgon noir se gare au coin de Broughton Road et le contact se coupe.
— Chacun enfile sa cagoule, dit calmement Allen le chef de cette opération tordue. Logan, tu prends le sac et tu mets tout ce que tu trouves dedans, Finley, tu ouvres le cercueil, un pied de biche se trouves sous vos sièges. Fergus et Keith, vous faites le guet. Et toi le rugbyman, tu creuses, finit-il par s'adresser à moi.

J'ai envie de le corriger, mais je finis par laisser tomber. Peu importe. Moins il en sait sur moi, mieux c'est.

— Et toi Allen tu fais quoi ? Demande Keith les mains tremblantes.

— Je vous attends ici, je laisse le van ouvert et je vous écris si jamais quelque chose est louche. Il est trois heures, le gardien a pris sa pause, vous avez vingt-cinq minutes à partir de maintenant.

La porte latérale s'ouvre et tout le monde sort sans un bruit après avoir enfilé nos cagoules. Nous escaladons un des murs et repérons facilement la tombe que Allen nous a indiquée.

Famille Lord Lovat.

Selon lui, il s'agit d'un caveau de famille noble des années mille cinq cent, personne ne viendrait plus sur la sépulture depuis au minimum trente ans.

— Oh non mes Jordan toutes neuves édition limités, râle Fergus en marchant dans la boue.

Ce gros con a mis des chaussures rares pour faire quelque chose d'illégal sans même penser au fait que ça serait plus facile de le retracer à cas d'enquête. Aucune cervelle.

Finley et Logan tentent de déplacer la plaque de marbre mais au vu du poids, un peu d'aide ne serait pas de refus. J'interviens, posant ma pelle inutile à mes pieds, et me rends compte que ces deux idiots n'ont même pas mis de gants. Allen n'a même pas été foutu de faire du repérage correctement. Il m'a demandé de prendre une pelle pour creuser, alors que tout est dans un caveau, où il n'y a pas de terre à l'intérieur.

Du travail d'amateur.

L'espace une fois suffisant pour s'introduire dans le caveau, Finley ouvre le premier cercueil et le relent qui le prend me fait penser qu'il va vomir sur le cadavre.

— Les mecs c'est immonde, dit-il avec résonance.

— Sans déconner Finley, aller bouge !

Au bout de cinq longues minutes à l'entendre geindre, je perds patience. Je sais que faire face à la mort est compliqué mais dans ce cas là il ne fallait pas accepter ce putain de boulot. J'ai commencé la formation que mon père voulait me donner, afin de faire perdurer l'héritage familiale. Mais je me suis vite rendu compte qu'habiller des morts ou les transporter n'était pas fait pour moi. Ce rôle collait beaucoup plus à mon frère.

— Ouvre les deux autres cercueils et remonte mec, je m'en charge.

Finley ne se fait pas prier pour sortir du caveau et remonte à la surface en deux secondes. L'odeur de mort m'est malheureusement plus que familière et je m'y habitue en moins de temps qu'il en faut pour le dire. J'arrache colliers, bagues et broches aux défunts en prenant soin de ne pas déranger quoi que ce soit de plus même si personne ne viendra probablement pas vérifier. Je replace les couvercles des boites en sapin le plus parfaitement possible et retourne sur la terre ferme en moins de deux minutes.

— On referme, maniez vous.

Je donne le sac contenant notre butin à Keith le temps nécessaire pour replacer la plaque de marbre à l'exacte place où elle était. Et nous filons à toute vitesse, sans oublier de récupérer nos affaires laissées sur place. Déjà qu'un de nos abrutis a laissé des traces de pas reconnaissables...
Plus qu'à prier pour qu'il pleuve à torrent pour les effacer.

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