8 Damhead, Lothianburn, Edinburgh
Il est neuf heure du matin et me voilà encore dans une belle merde. Cette fois ci au moins j'ai pas dépassé ma limite...
La soirée de la veille a été une fois de plus décevante sur tout les points. Je pensais avoir mis des barrières suffisantes à Abigail mais aussi à moi même, et me voilà à nouveau à sortir de son lit le lendemain matin.
Je ne pouvais pas la laisser... Pas comme ça
« T'es peut être pas prêt à entendre ce que je vais te dire Ethelred, mais je t'aime. Pour la personne que tu es et non celle que tu penses que j'ai besoin. C'est toi dont j'ai besoin, et pas d'un gars soit disant stable. »
J'ai ressassé ses mots en boucle sans cesse dans ma tête toute la nuit et je n'arrives toujours pas à les accepter. Je ne voulais pas la détruire et c'est trop tard. Je l'ai déjà fait.
Elle m'aime.
J'ai été tellement égoïste pour arrêter les choses avant que ce ne soit trop tard tout ça pour arriver au point de non retour que je ne voulais jamais atteindre. Celui où elle va inévitablement finir par souffrir. Et comme un con la seule chose que j'ai réussi à lui répondre c'est « merci ».
Mon mégot s'écrase au sol un étage plus bas avant que je ne referme la fenêtre de la chambre toujours plongée dans l'obscurité. Mes yeux ses posent sur Abigail, paisiblement endormie tandis que ses cheveux étalés partiellement sur son dos et son oreiller la couvrent presque entièrement. Son corps se soulève de manière régulière au rythme de sa respiration lente et le temps a l'air de s'être arrêté.
Mon envie de la rejoindre et de me glisser à nouveau à côté d'elle pour la prendre dans mes bras revient de plus belle et s'en est trop. Il faut que je parte. Que j'arrête définitivement toutes ces conneries.
La porte de la chambre se referme derrière moi et je m'empresse de quitter cette maison dans laquelle j'ai passé beaucoup trop de soirées ces dernière temps. Le froid matinal me pique au vif, et je regrette instantanément d'avoir donné mon t-shirt à Abigail hier soir. Ma veste en cuir n'est qu'un faible barrage à ce foutue temps écossais.
Ma voiture se réchauffe rapidement mais je ne me résous pas à démarrer. Je ne sais pas où aller. L'université est fermée, on est dimanche. Il est hors de question que je mettes un pied au café si je n'ai pas besoin d'y travailler. Il ne me reste plus qu'à rentrer chez moi, et enfin constater que je suis seul. Walter a dû déménager ses affaires. Bien qu'elles ne prenaient pas grand place dans l'appartement, cela fera un gros trou dans mon budget que je ne suis pas prêt de combler.
Surtout pas si je passes mon temps libre dans ces putains de soirées à chercher une fille que je ne fais que fuir une fois son attention accordée.
Quelle merde...
Mon regard se porte sur le siège passager ainsi que mon carnet de dessin qui s'y trouve et ma soirée avec Abigail me revient de plus belle. J'attrape le cahier et l'adresse qu'elle y avait inscrite apparait comme une porte de sortie. J'avais promis de ne plus m'approcher des chevaux depuis qu'elle n'était plus dans ma vie mais pour une énième fois, la rousse me fait déroger à cette règle. Mon ego en prend un coup mais je dois bien avouer que je préfères pelleter du crottins que de vivre sous les ponts.
Vingt cinq minutes me séparent des écuries et pour une fois je fais le trajet en silence sans musique, comme si cela allait aider à réfléchir à mes actes.
Tout est trop tard.
Au fond de moi je me dis qu'il suffirait de me résigner, de me laisser aller et d'accepter ce qu'Abigail ressent pour moi mais la raison me rappelle que le peu de fois où je me suis autorisé à le faire nous a conduit à la situation merdique dans laquelle je suis actuellement.
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Beyond The Grave
Novela JuvenilYou're too good for me I'm too bad to keep I'm too sad, lonely I want you only
