Cady
J'ouvre un œil dans un brouillard troublant. Bon sang, je dors depuis combien de temps ?
Seule l'heure qui s'affiche sur mon four, me permet d'éclairer d'une lueur bleutée la pièce. Je me rends compte que je me suis endormie sur mon canapé après avoir avalé un fast food. Engloutit est le mot. Catherine avait raison. Je mourrais de faim.
Maintenant, j'ai besoin de savoir l'heure qu'il est et de prendre une douche complète.
Je cherche à tâtons sur le sol mon téléphone et tombe sur mes habits, mes talons et enfin sur l'objet de mon travail.
Oh merde.
Il est cinq heures du matin !
Je viens de faire un coma total.
Je me lève, allume la télé et pars allumer la lumière de la salle de bain en ouvrant l'eau de la douche. Ma culotte passe hors de mes jambes et je pars m'infiltrer sous l'eau glacial.
Avec l'habitude, je ne sens même plus le froid. Comme des mini poignards, ils pénètrent mon âme et la laisse en parfait état. Rapidement, je m'immerge complètement dessous, et vient me passer mon savon à l'abricot partout.
Je déteste me répéter, mais Catherine avait encore raison.
J'avais vraiment besoin d'une douche.
J'attrape ma brosse à dents et mon dentifrice sur ma vasque en faisant goûter un peu d'eau sur le carrelage noir et vient nettoyer mes dents et ma langue.
Je pourrais pleurer tellement la sensation est bonne.
Après être sortie, la serviette enroulée autour de la taille, je commence à m'appliquer de la crème sur mon visage encore un peu livide.
J'ai besoin d'encore un peu de sommeil pour être en forme au bal de ce soir.
Mes taches de rousseur ressortent avec ce gros spot de lumière, mes yeux à la couleur étrange sont encore rouges et mes cheveux humides tombent sur mes épaules et gouttent le long de ma poitrine. Ils paraissent plus foncés qu'ils ne sont réellement. Je dirais que mes cheveux sont de la couleur de mes yeux et c'est ce qui me rend aussi banale, je présume. Je ne vois en rien l'ange de la ville comme certains pensent.
Je n'en suis pas un.
Je ne le serais jamais.
Une voix de journaliste me sort de ma trans.
— Nightwolf a encore frappé cette nuit, et cette fois, c'est douze trafiquants de drogues, recherchés par la police depuis plusieurs mois, qui ont été retrouvés menottés dans un bus verrouillé de l'extérieur.
Je me précipite dans mon salon pour lever le son de la télé. Les images parlent d'elles-mêmes. Le bus, ainsi que les détenus qui sortent à la file indienne, les mains attachées dans leur dos.
Mais, pourquoi ce nom ?
— Vous donnez un nom à l'homme masqué Katia, maintenant ?
Celle-ci rigole au nez du présentateur, puis reprend son sérieux,
— Il a laissé un nouveau médaillon et a laissé une patte de loup noire sur la carrosserie du bus.
La journaliste indique à la caméra de la suivre, et elle montre ce dont elle parle, dessiné sur la taule. Une grosse patte est là, avec un message écrit à l'intérieur "le temps de la liberté a assez duré".
Cela me fait sourire parce que je trouve ça audacieux. Cela ne change rien au fait qu'il a tué Taylor Burn. Un meurtrier de criminels. Mais un meurtre est un meurtre, par conséquent, il ne vaut pas mieux, malgré que son originalité soit intéressante.
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Nightwolf
RomansaEt si justice et désir ne faisaient qu'un ? Dans les rues dangereuses de Walvatown, justice et vengeance s'apprêtent à s'entrechoquer. Cady Pen, brillante et inflexible, est la nouvelle procureure de la ville. Droite et déterminée, elle s'est jurée...
