Idriss
—Non… Non… pas encore… pas lui…
Je la vois soudainement sursauter, comme si elle recevait des coups. Nathalie se précipite à ses côtés, elle lui prend les mains :
—Neïsha, Neïsha, calme-toi, tout va bien se passer.
—Non, Nathalie, je ne veux pas, non…
Elle s’est levée d’un bond et s’est précipitée en direction de sa chambre. Nath a tenté de l’attraper mais trop tard, elle venait de franchir le pas de sa porte et de la condamner derrière elle. Je reste là à regarder Nath, assise dans le fauteuil, se tenant la tête.
Mon attention est attirée par un cri perçant provenant de la chambre de Neïsha, des bruits de verre et de meubles qui se renversent. Je me précipite à la porte de sa chambre et essaie de l’ouvrir.
—Neïsha, ouvre la porte.
J’essaie de tourner la poignée alors que j’entends des bruits de sanglots provenant de l’intérieur.
—Neïsha, je vais enfoncer cette porte si tu ne l’ouvres pas
!
Je sens une main se poser sur mon épaule.
—Idriss, laisse tomber, elle n’ouvrira pas.
Je fais fi de ce qu’elle vient de dire :
—Neïsha ! Ouvre-moi cette putain de porte !
—Idriss ! Laisse-la tranquille.
—Mais si elle se fait du mal ?
—Laisse-la tranquille. Elle ne sortira pas aujourd’hui.
Elle me fait signe de la suivre. Je lâche la poignée de la porte et la suis. Elle prend place au salon. Un silence pesant s’installe, accentuant les bruits de fracas et de pleurs dans la chambre de Neïsha.
—Nath, tu es sûre que nous devons la laisser comme ça ?
—Idriss, je pense que tu as entendu la raison de son état.
—Sa mère a parlé d’un certain Adaman ou je sais pas quoi…
—C’est Adam.
—Peu importe, je peux savoir pourquoi ce type l’affecte autant ?
—Ce n’est pas à moi de te le dire.
—Mais alors qui me le dira ?
—Elle, quand elle sera prête à te le dire. Mais pour le moment, tu devras attendre.
—Demain, je vais l’obliger à me raconter son passé.
—Demain ?
Je l’entends rire. Elle trouve drôle ce que je viens de dire ou quoi ?
—Qu’est-ce qu’il y a de drôle ?
—Ça me fait rire à quel point tu ne sais vraiment rien.
—Quoi, je devrais savoir quelque chose ?
—Idriss, tu ne reverras pas Neïsha sortir de cette chambre avant quelques jours, et ce n’est pas demain la veille.
—Je ne comprends pas là.
Elle souffle un moment et dit :
—Chaque année, à une certaine date, Neïsha entre en quarantaine. Elle revit un traumatisme relié à son passé. On a essayé de la faire consulter un psy sans succès.
—Ça dure depuis combien de temps ?
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L' INSOUMISE
RomanceNeïsha a connu la violence et la dépendance. Aujourd'hui, elle n'a qu'une seule obsession : l'indépendance. Ses études d'architecte sont sa seule échappatoire et le prix de sa liberté. Lorsqu'elle rencontre Idriss, célibataire au charme ténébreux...
