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Neïsha

Un peu plus tard après l'arrivée d'Abdallah, nous nous sommes tous rendus à un parc d'attractions. Nathalie et Amine devaient nous rejoindre un peu plus tard.
Cela fait des années que je n'avais pas mis les pieds dans un parc d'attractions.

La dernière fois, j'étais jeune et naïve, accompagnée d'un homme dont je ne connaissais pas la vraie nature. Je me rappelle douloureusement des moments d'allégresse et de complicité que nous avons passés ensemble ce jour-là. C'était notre premier rendez-vous, si je ne me trompe pas, et nous avons passé un agréable moment.

Mais ces souvenirs n'effaceront pas la douleur qui a suivi. Ils n'effaceront pas la souffrance que j'ai endurée par la suite.

Après avoir pris nos tickets et passé le check-point, nous sommes entrés dans le parc. Abdallah, grand fan de sucre, a aperçu un vendeur de barbe à papa. Idriss nous a demandé d'attendre et il est allé en acheter.

J'étais avec Abdallah en train d'attendre Idriss lorsque quelqu'un me bouscula. J'étais sûrement en tort vu que j'étais arrêtée au beau milieu du passage. Je voulais me tourner pour m'excuser, je me tourne vers la personne et j'aperçois alors un regard qui me semble familier, de même que la voix qui s'excuse avant de s'éloigner.

Je sens un vent glacial parcourir ma colonne vertébrale malgré le fait que j'étais vêtue chaudement. Je ne pus voir le visage de la personne, mais cette légère interaction a suffi à me mettre mal à l'aise.

Idriss se ramène alors avec la barbe à papa et me fixe du regard :

— Jannati ?
— Hum ?

— Ça va ? Tu sembles ailleurs.
— T'en fais pas, je… je pensais à quelque chose. Être dans un parc d'attractions me rappelle des souvenirs.

— Des souvenirs agréables j'espère ?
— Ne t'en fais pas, ce n'est rien d'important.

Idriss semble curieux, mais finit par laisser passer. Abdallah nous tire tous les deux par la manche :

— Je veux faire de l'auto-tamponneuse.
— Tu veux que nous jouions tous les deux contre Jolie Madame ?

— Nonnn, je veux être avec elle.
— Fais gaffe, Idriss, Abdallah va m'arracher à toi.

Nous rigolons un moment et nous nous dirigeons vers l'attraction.

Des heures se sont écoulées, nous avons fait de l'auto-tamponneuse, un tour de manège, un carrousel et nous revenons du stand de tir où Idriss a gagné un Stitch pour moi. Idriss et moi tenions les mains d'Abdallah pendant que nous étions en train de discuter.

— Ce n'est pas juste, c'était moi qui devais gagner cette peluche pour Jolie Madame.

Dit Abdallah avec une mine boudeuse. Je lui répondis :

— T'inquiète pas, trésor, tu es ma peluche préférée.
— Et moi alors ?

M'interrompit Idriss :

— Toi, tu es un gros ours en peluche.
— Je préfère être ton Stitch, au moins quand tu tiendras cette peluche, tu penseras à moi.

— Jolie Madame, tu ne crois pas que Papa, il mérite un bisou pour la peluche ?
— Oui, tu as raison. Plus tard, je lui ferais son bisou.

Depuis mon entrée dans le parc, je sens un regard sur ma personne, assez insistant. Ce n'est pas comme si c'était possible, mais je ne peux m'empêcher de regarder autour de moi.

Idriss

Lorsque j'avance, je sens Abdallah qui s'arrête. Je regarde derrière et je vois Neïsha, le visage fermé, la peluche de Stitch à terre. Je remarque la peur dans son regard, elle regarde droit devant elle, immobile, elle ne dit pas un mot. Je regarde dans la direction qu'elle regarde, mais ne vois qu'un groupe de personnes en train d'aller et venir. Abdallah ramasse la peluche et la lui tend :

L' INSOUMISEDes histoires addictives. Découvrez maintenant