Neïsha
La nuit était longue, remplie de remises en question, de résignation, d'assimilation et d'acceptation. J'avais fini par accepter mon sort. Je regarde l'écran de mon téléphone posé sur la table de chevet. 3 h 30, l'heure idéale pour une confession au Seigneur. Je ne pouvais que prendre cela pour un signe.
Après avoir fini de prendre mes ablutions et avoir porté une tenue convenable à la prière, je prends mon tapis et me mets à exécuter la prière de tahajjudd. À la dernière prosternation, les lèvres de mon cœur se sont dénouées :
« Ar Rashid, Ar Rahman, Ar Rahim, ô Allah, je me prosterne devant toi pour demander ton assistance, comme je l'ai toujours fait. Ô Allah, toi seule connais la mesure de ma peine de me séparer d'Idriss et d'Abdallah, mais toi seule aussi connais la mesure de mon inquiétude et de mon amour pour ma famille. Ô Allah, aujourd'hui, ma vie sera de nouveau reliée à cet homme qui m'a tant fait souffrir. Ô Allah, aujourd'hui, ta servante redeviendra esclave de l'assassin de son fils, je redeviendrai dans le piège mortel duquel tu m'as sauvée il y a quelques années. Ô Allah, suis-je dans l'erreur ? Dois-je retourner dans ce foyer ? Ô Allah, même si cela devait arriver, accorde-moi la force physique et psychologique nécessaire à survivre et à me protéger, moi et ma famille, de cette union. Ô Allah, n'oublie pas tout le mal que j'ai enduré par amour pour mon agresseur et pour ma famille. Ar Rashid, guide-moi sur le chemin de la vérité. »
Ainsi, après mon salam, je venais de demander l'assistance d'Allah dans cette nouvelle épreuve de la vie. Une fois terminée, je me recouche en attendant la prière de fadjr.
La nuit passe vite, et à neuf heures, on m'invite à prendre mon petit-déjeuner. Je remarque la tristesse dans le regard de tout un chacun. Il semblerait que les mots de Mr Vakho ont fait écho dans les oreilles de tout un chacun. On m'informa que Maman a demandé à me parler sur la terrasse une fois que j'aurais fini de prendre mon petit-déjeuner.
Une fois fini, je la rejoins sur la terrasse arrière. Elle était assise dans un fauteuil en osier tressé, regardant et parcourant de ses yeux perçants et rouges le jardin. Je présume qu'elle a dû pleurer sûrement sur mon sort :
— Bonjour, Maman…
Elle tourne la tête vers moi avant de me lancer un sourire doux et franc, une première entre nous. Elle m'invita à m'asseoir.
— Bonjour, Kadi, bien dormi ?
— Oui, maman, ça va, merci. Tu as demandé à me parler ? Dis-je en m'asseyant à côté d'elle.
Elle hésita un instant et finit par me prendre les mains.
— Kadidjah, pardonne à ta mère.
— Maman, je t'ai déjà pardonné.
— Tu le dis, certes, ma fille, mais ton cœur n'en est pas témoin. Tu es une femme à présent, alors tu peux me parler sans prendre de gants.
— Maman, tu es sûre ?
— Certaine. Hier soir, tu as tenu des propos qui m'ont tranchée.
— Mais, maman, c'est le cas. Maman, comment tu as pu penser que de mon propre gré j'aurais accepté de retourner dans cette famille qui m'a fait autant de mal ? Maman, tu étais ma confidente, maman, c'est à toi que j'ai dit en première qu'Adam avait changé de comportement, qu'as-tu dit ? Que les hommes changent après le mariage, mais, maman, quand il m'a frappée la première fois, vous m'avez encouragée à retourner chez lui. À ma place, maman, dans quel état tu serais ?
Je vois ma mère, pour la seconde fois depuis l'accident, baisser la tête devant moi.
— Kadidjah, je pensais qu'il changerait et ce fut mon erreur. Je ne vais jamais me pardonner d'avoir été une des actrices ayant conduit à cet accident et à la perte d'un enfant. Kadidjah, je veux être une meilleure mère pour toi. Je veux changer pour le mieux, et pour cela, je dois reconnaître mes erreurs. Hier soir, j'ai entendu ta conversation avec ton père.
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L' INSOUMISE
RomanceNeïsha a connu la violence et la dépendance. Aujourd'hui, elle n'a qu'une seule obsession : l'indépendance. Ses études d'architecte sont sa seule échappatoire et le prix de sa liberté. Lorsqu'elle rencontre Idriss, célibataire au charme ténébreux...
