Idriss
Pendant qu'elle me racontait son histoire, je sentais une rage se former en moi, et mes poings qui se serraient ne m'aidaient pas à cacher mon ressenti à ce moment-là. Quel enflure ! Comment ce fils de p*te a-t-il osé battre une femme ? De surcroît, une femme comme Neïsha ? La battre jusqu'à lui faire perdre son enfant ?! Un enfant était en jeu et il a osé battre sa femme.
Qu'Allah me préserve de ce genre de réaction et surtout que ce fumier ne croise pas mon chemin, parce que je me demande bien s'il survivra à mes coups de poing. Je sens quelque chose couler le long de mes joues, je sens ses doigts essuyer la larme qui venait de couler :
— Normalement c'est moi qui devrais pleurer, Driss…
— Tu as souffert autant ? Neïsha, comment tu fais pour être aussi… forte ?
— J'essaie, et c'est aussi grâce à toi que je vais mieux aujourd'hui. J'avais besoin de me sentir aimée. J'avais oublié à quel point être aimé faisait du bien.
— Mais, tu sais que tu es incroyable, ma Jannati ?
— Je le sais, j'apprécie juste quand tu me le dis.
Elle me fait un bisou sur le front avant de se rasseoir en face de moi.
— C'est ainsi que mes parents m'ont envoyée ici pour que je puisse passer à autre chose. Ils se sont dit qu'en venant ici je pourrais « oublier ».
Elle fait les guillemets avec ses doigts pour marquer le sous-entendu :
— Que je pouvais oublier ce traumatisme, et devine quoi ?
— Quoi ?
— Tu te rappelles du jour où je me suis mise en quarantaine après l'appel de maman ? Elle venait de m'annoncer que la mère d'Adam lui avait proposé que je me remarie à lui.
— Non mais elle est sérieuse ta mère ?
— Je l'ignore mais elle en a parlé à mon père qui a essayé de m'en convaincre. Après l'appel avec lui, j'étais tellement sonnée que Nathalie a décidé que nous allions en boîte.
Nous étions tous les deux assis sur mon lit pendant qu'elle racontait son histoire, elle était assise en face de moi, je lui pris ses mains :
— Jannati, je peux te poser une question ?
— Je t'écoute.
— Ton fils, comment il s'appelait ?
Elle soupira légèrement avant de dire :
— Rahim, il s'appelait Rahim.
— Il aurait eu quel âge aujourd'hui ?
— Quatre ans.
— Tu l'aurais eu à 17 ans ?
— Oui, oui, je me suis mariée très jeune. Ayant obtenu mon baccalauréat à seize ans, et du fait que je croyais réellement l'aimer, je l'ai épousé après avoir eu mon Bac.
Je ne voulais qu'une chose à ce moment-là, la prendre dans mes bras et la recouvrir de mes baisers, j'ai cédé à cela. Je la tire vers moi et l'embrasse :
— Qu'est-ce que tu fais, toi ?
— Je te recouvre de mon amour.
Je l'embrasse et elle me rend mon baiser, je ne peux m'empêcher de penser à ce fils qu'elle aurait pu avoir :
— Jannati…
Dis-je pour interrompre notre baiser :
— Jannati, je voudrais te faire une promesse.
— Tu m'en as déjà fait, si je ne me trompe pas.
— Oui, je sais. Et j'ai l'impression de l'avoir violée.
— Tu es sûre que cela est nécessaire ? Idriss, je n'ai pas besoin de promesse pour savoir que je t'aime et que je veux me battre pour nous.
— Je sais, mais avec ces nouveaux enjeux, je ne veux pas te briser le cœur… encore.
— Je t'écoute alors.
— Neïsha, j'étais sincère quand je disais que toi et moi nous ne formions qu'un. Neïsha, j'étais sincère quand je t'ai dit je t'aime, je le suis encore plus actuellement quand je prends l'engagement, en l'honneur de cette lumière qui n'a pas eu la chance de vivre à tes côtés, sur la mémoire de Rahim, que moi je prendrai soin de toi.
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L' INSOUMISE
RomanceNeïsha a connu la violence et la dépendance. Aujourd'hui, elle n'a qu'une seule obsession : l'indépendance. Ses études d'architecte sont sa seule échappatoire et le prix de sa liberté. Lorsqu'elle rencontre Idriss, célibataire au charme ténébreux...
