Neïsha
Abdallah a passé quelques jours en observation à l'hôpital et nous sommes rentrés à la maison. Les remarques d'Idriss concernant mon désir d'indépendance s'accentuent de nouveau.
Je commençais à en avoir marre ,Mais je gardais toujours espoir qu'un jour, je puisse changer sa façon de réfléchir. Aux dernières nouvelles, il n'était pas rétrograde, du fait que même sa défunte mère était indépendante de son père.
Aujourd'hui, avec mon autorisation, Aisha a demandé à passer chez Idriss, pour voir Abdallah. Il se remet rapidement de son accident. Alors que j'étais dans la chambre, Idriss est rentré du chantier de son restaurant. Je faisais le lit lorsqu'il est rentré dans la chambre.
— Bonsoir, Neïsha...
J'étais surprise, car depuis quelques jours, il m'appelait par mon prénom, et non par Jannati. Je m'étais finalement habituée à ce surnom, et cela me faisait à chaque fois plaisir de l'entendre m'appeler ainsi.
— Hum... bonsoir.
— Qu'est-ce que tu as ?
— Tu es sûr que ce n'est pas à moi de te demander cela, Idriss ?
— Je ne comprends pas où tu veux en venir.
— Laisse tomber. Comment s'est passée ta journée ?
— Bien, les travaux avancent bien. Juste hier, il y a un employé qui se disputait avec sa femme parce qu'elle lui avait annoncé qu'elle rentrerait plus tard que prévu.
— Et pourquoi il y avait de quoi se fâcher ?
— Parce qu'aujourd'hui, il a découvert qu'il avait raison, effectivement il y avait anguille sous roche, elle avait un amant.
— Un amant ?
— De surcroît, ils travaillaient tous les deux ensemble.
— Bah, peut-être que ton employé ne la rendait plus heureuse.
— Il était marié, Neïsha, elle aurait pu lui en parler ou demander le divorce.
— Idriss, une femme qui demande le divorce c'est très rare. Je me rappelle lorsque j'ai fait ça avec Adam, tu n'imagines pas le nombre de tantes qui se sont confiées en louant mon courage.
— Ce n'est pas pareil, parce que toi, tu as été contrainte. Franchement c'est pour ça je préfère que tu restes à la maison. Ou au pire, travailler avec moi au restaurant. Je ne supporterais pas si tu me faisais un coup pareil.
— Idriss, tu n'es pas sérieux là, j'espère ?
— Quoi ?
— Idriss, tu crois réellement que je suis capable de te faire un truc pareil ?
— J'ai jamais dit ça.
— Mais tu le sous-entends quand même.
— Mais il est vrai qu'avec vous les femmes faut s'attendre à tout.
— Idriss, à moins de me tromper, 90 % du temps c'est vous les hommes qui êtes infidèles à vos épouses.
— Moi je ne fais pas partie de ces 90 %.
— Hum...
— Qu'est-ce que tu veux dire ? Parle, je t'écoute.
— Idriss, tu as changé. Idriss, depuis l'accident d'Abdallah, tu as encore plus changé. Idriss, c'est quoi ton problème ?
— De quel problème tu parles ?
— Idriss, en premier lieu tes remarques à deux cents francs sur mes études. Idriss, quand tu m'as connu, tu m'as connu avec mon désir d'apprendre et d'être indépendante.
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L' INSOUMISE
RomanceNeïsha a connu la violence et la dépendance. Aujourd'hui, elle n'a qu'une seule obsession : l'indépendance. Ses études d'architecte sont sa seule échappatoire et le prix de sa liberté. Lorsqu'elle rencontre Idriss, célibataire au charme ténébreux...
