18.

39 2 0
                                        

Neïsha
Le souvenir était un brouillard froid, une douleur lancinante dans la gorge et les poumons. La dernière chose dont je me souvenais, c'était le vent mordant sur le Pont des Arts, mes cris et la sensation de tomber. Le chauffeur de taxi, cet homme providentiel dont je n'avais même pas retenu le nom, avait fait preuve d'une rapidité incroyable. Il m'avait sortie de la Seine et m'avait conduite à l'hôpital. J'y étais restée deux jours, le temps de me remettre du choc et d'une légère hypothermie.


Maintenant, quelques jours plus tard, je me réveillais dans ma chambre, les séquelles étant surtout dans ma tête. La douleur de l'humiliation et de la trahison était pire que l'eau glacée.

Cela faisait deux ou trois jours que moi et Idriss étions en froid. Quel froid, même ?  voilà quelques jours que je suis célibataire. Ce n’était pas comme si nous étions « officiellement » un couple, mais ce qui me fait le plus mal, c’est que j’aurais dû m’attendre à cela, mais j’y ai cru comme une gamine de neuf ans.

Dès ce fameux jour où il a dû s’absenter en vitesse de chez moi, j’aurais dû être plus méfiante, mais mon cœur s’est joué les aveugles, surtout lorsque j’ai essayé d’ouvrir cette porte chez lui, et de croire que j’avais été dans le lit où lui et sa femme… ce mot me brise encore plus le cœur, de savoir que cette dame avait raison, que j’étais le deuxième bureau, la maîtresse ou l’amante de son époux.

J’ai partagé ce lit qu’il partage tous les soirs avec son épouse, ce même lit où sûrement ils ont conçu leur enfant. Un enfant que j’imaginais être le fruit de mes entrailles, le symbole de mon amour avec lui.

Nathalie

Cela faisait quelques jours que Kadji ne sortait plus de sa chambre. Je me sens fautive de sa situation, car moi, je sais à quel point sa relation passée a été traumatisante pour elle et, de surcroît, JE l’ai encouragée à avouer ses sentiments à Idriss. J’ai encore du mal à croire qu’il était en réalité marié, et je suis intimement sûre qu’Amine le savait, mais pourquoi ne me l’a-t-il pas dit ? Je suis encore plus déçue d’Idriss, surtout après la déclaration qu’il m’a faite dans cette maison, dans ce salon, lorsqu’il jurait être éperdument amoureux de Neïsha, de ne jamais lui faire de mal. Mes pensées sont interrompues par la sonnerie de mon téléphone :

Appel Entrant : Husby💕
00:01:04

— Bonsoir Wifey
— Mouais, bonsoir.

— Okay, tu vas bien ?
— Mouais, et toi ?

— Oui, je vais bien, tu es sûre que tu vas bien ?
— En fait non, Amine, réponds sincèrement à ma question.

— Y’a quoi ? Qui t’a dit quoi encore ? Qui a mélangé ta tête ?
— Amine, tais-toi et écoute-moi.

— Okay okay, mais je suis innocent.
— Amine, tu étais au courant qu’Idriss était marié ?

Il prend du temps à répondre, et cela répond indirectement à ma question :

— Amine, ma petite sœur, c’est ma vie, tu sais très bien à quel point je n’étais pas d’avis à ce qu’elle fréquente l’un de tes amis, mais quand tu m’as parlé et rassurée, j’ai fermé les yeux. Amine, Neïsha est sous ma responsabilité et j’ai promis de la protéger. Je pense que la meilleure des choses à faire serait que je coupe tout contact avec vous, toi et ton imbécile de meilleur ami.

L' INSOUMISEDes histoires addictives. Découvrez maintenant