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Neïsha

J'ai demandé à Idriss de venir ce soir chez moi, à la maison, pour que nous puissions discuter calmement en l'absence de Nathalie. J'aurais vraiment adoré régler nos problèmes avant ma remise de diplôme qui aura lieu demain. Lorsqu'il arrive, je sens un froid entre nous. Je l'invite à s'installer dans le salon. J'entame la conversation :

— Comment tu vas ? Abdallah va bien ?
— Je vais bien, merci. Abdallah est parti chez sa grand-mère.

— Elle va bien également ?
— Alhamdoulilah, elle va bien, et ta famille ?

— Ils vont très bien également.
— Alhamdoulilah.

Un blanc s'installe avant que je ne reprenne la parole :

— Idriss, qu'est-ce qui nous arrive ?
— Tu ne sais vraiment pas ce qui nous arrive ?

— Non, Idriss, tout allait bien dans notre relation, mais depuis les fiançailles, tout s'est empiré.
— Neïsha, nos problèmes ont commencé par ton manque de confiance en moi.

— Idriss, cela a réellement commencé lorsque tu as voulu me faire renoncer à mes rêves et à mes ambitions. Idriss, cela peut sûrement commencer à te gaver, mais je le répète et je le répéterais encore et encore à chaque fois qu'il sera nécessaire de le faire : tu m'as connue avec mes peurs et mes craintes, avec mes blessures et mes insécurités. Idriss, lorsque tu m'as connue, je n'étais qu'une épave vide d'amour et de sensualité, ma seule source de motivation était mon désir d'indépendance.

Il me regarde à peine, je lui prends la main :

— Ce désir d'indépendance ne veut plus me laisser retourner dans un foyer comme celui où j'étais avec Adam. Je ne veux plus être dépendante entièrement d'un homme. Je ne veux plus renoncer à mes rêves pour un homme. Idriss, je t'aime, et j'ai confiance en toi. Oui, j'ai vraiment merdé en te cachant ce qui s'est passé avec Rizouane, mais ne remets pas en question mes principes et mon amour pour ton ego.

— Neïsha, j'entends ce que tu veux me dire, mais ici, ton indépendance n'est pas un problème, car moi-même je réfléchis à des solutions qui nous aideront tous les deux. Mais, Neïsha, tu ne peux pas m'en vouloir de douter après que tu aies repoussé la date du mariage sans mon accord et après ce qui s'est passé avec Rizouane. Si tu as pu me cacher une aussi petite chose, que feras-tu demain face à un plus grand secret ?

Il me prend les mains :

— Neïsha, j'ai promis sur la mémoire de Rahim, que je ferais tout pour te protéger, mais, Neïsha, j'ai peur que ton indépendance en soit un jour la cause.

— Idriss, je suis prête à faire des concessions pour notre famille.
— Lesquelles ?

— La bourse, si je ne l'obtiens pas, je peux modifier les modalités de travail, et également, Rizouane m'a accompagnée hier à un rendez-vous avec une marque à qui il a montré mes créations.

Je remarque la colère sur son visage.

— Donc tu es toujours en contact avec lui ?
— Oui. Je t'avais dit avoir réglé la situation avec lui.

— Certes tu as réglé la situation avec lui, mais penses-tu que l'on oublie des sentiments amoureux du jour au lendemain ? Tu fais semblant d'être naïve ou je ne comprends pas ?

— D'abord, je te parle avec tout le respect que je te dois alors tu devrais faire de même, ensuite, j'ai réglé la situation avec Rizouane, il m'a juste aidée à l'obtention d'un boulot, rien de plus.

— Ah, donc en plus de la bourse tu auras un second boulot ?
— Oui, mais cela ne va pas m'épuiser, c'est un petit boulot.

— Lequel ?
— Créatrice de mode chez DEVIE.
— WAOUH.

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