17.

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Neïsha

Alors, si le jeune garçon qui est... qui est son fils l'a reconnu, cela veut dire que c'est moi...

— Neïsha, dit-il.

Comment peut-il avoir autant d'audace, avoir le courage de prononcer mon nom après de pareilles révélations ? Aïsha, sa femme, me dit :

— À l'avenir, ne vole pas le mari des autres, car cela pourra t'arriver aussi. Maintenant, jeune fille, dégage de chez moi !

Des mots qui résonneront à jamais dans ma conscience, au point de faire couler des larmes sur mon visage.

— Bonne soirée.

Je vois Idriss se précipiter pour poser Abdallah qu'il tenait dans ses bras et avancer vers moi. Je regarde ce spectacle, entièrement humiliée. Alors, c'est ainsi qu'Allah me remercie pour ces nuits et jours de prière ? Alors toutes ses promesses, tout ce qu'il me disait... me voilà cette fois-ci encore humiliée, trahie, blessée...

Je me précipite dans l'escalier et j'entends Idriss crier mon prénom. Peu à peu, j'entends des pas de quelqu'un me suivre. Je n'arrive toujours pas à y croire, et moi qui ai voulu lui dévoiler ma flamme ? Me voilà bien servie, me voilà même rassasiée de cet amour. Je pouvais m'attendre à n'importe quelle trahison, mais un foyer et de surcroît un enfant, c'en était de trop.

Heureusement, la circulation dans la ville favorisait le passage des taxis. J'entends cette même voix appeler mon nom, mais les fissures de mon cœur ne font que grandir, prêtes à céder à n'importe quel moment. Lorsque je gagne finalement un taxi, je sens une main me tenir le poignet.

— Neïsha, calme-toi, ce n'est pas ce que tu crois, je peux tout expliquer.

Je ne veux pas céder à ce caprice. Je calme ma voix et mon visage :

— Idriss, lâche mon poignet.

Il me tourne face à lui. J'essaie du mieux que je peux pour me débattre, mais il est plus fort que moi, je dois l'admettre.

— Neïsha, s'il te plaît, écoute ce que j'ai à dire...

— Idriss, retourne à l'intérieur.

Je sens le regard des passants se poser sur nous, d'autres même s'arrêtent pour nous regarder.

— Neïsha, Jannati, je t'aime.

Je réussis à me dégager de son emprise, mais je n'arrive pas à contrôler le mouvement de ma main qui traverse l'air pour s'abattre dans un bruit sur le visage d'Idriss. Je venais de le gifler :

— Ne prononce PLUS JAMAIS ce mot en ma présence, ni mon nom à l'avenir ! Non, mais t'es malade ou quoi ?

—Neïsha, écoute...

— Non, la ferme ! Tu connais la définition du mot que tu viens d'employer ? Tu penses que c'est aussi facile de dire ces mots comme des vœux de mariage ? Tu n'es qu'une p*tain de salamandre ! Ça va pas dans ta tête, là ?! Il y a bientôt un mois, tu m'as vue au plus mal, et aujourd'hui tu m'infliges la même douleur après avoir dit dans ce même appartement "Toi et moi, nous ne faisons qu'un" et tout le monologue, tu revenais te blottir contre ta FEMME et ton FILS ?! Ça fait combien de temps, nous deux ? Un ? Deux ? Trois jours ? Idriss, ça fait trois putain de mois et c'est après tout ce temps que je découvre ça ?

— Neïsha, je voulais...

— Plus la peine. Supprime mon numéro et pas la peine de m'écrire. Dès que je quitte cet endroit, je te bloque. Ne viens plus jamais chez moi, je ne veux plus jamais te revoir. Sache que dès le moment où j'ai rencontré ta "petite famille", il n'y avait jamais eu de NOUS !

L' INSOUMISEDes histoires addictives. Découvrez maintenant