Idriss
Voilà maintenant deux jours que Neïsha est enfermée dans sa chambre. Je ne peux m'empêcher de m'inquiéter pour elle. J'ai élu domicile temporairement dans le salon de Neïsha et Nath qui, pour se changer les idées, a emménagé chez Amine. Tous les jours et tous les soirs, je prépare de bons plats que je laisse devant la porte de Neïsha. De temps à autre, je les retrouve refroidis devant sa porte, ou à moitié mangés.
Je viens de finir de faire les courses, je range les articles dans le frigo lorsque j'entends la porte de la chambre s'ouvrir. Je tourne la tête vers elle et mon regard tombe sur elle. Pâle, les yeux rouges, des cernes sous les yeux. Vêtue d'un simple t-shirt large montrant des marques sur ses cuisses et ses bras. Je me dirige à grands pas vers elle dans l'espoir de la prendre dans mes bras.
— Neïsha.
— Pourquoi tu es resté ?
M'interrompit-elle. Sa voix est forte et calme à la fois. Je reste un peu sous le choc de cette affirmation.
— Neïsha, je t'avais promis de rester à tes côtés.
— Je n'ai pas besoin de ton soutien, pars.
Elle se retourne et prend la direction de sa chambre. Je lui attrape le poignet et la tourne vers moi.
— Neïsha.
— Idriss, lâche-moi.
Elle essaie de libérer ma main de son poignet. Je vois des larmes couler peu à peu sur ses joues. Je la tire contre moi et la prends dans mes bras.
— Lâche-moi, Idriss !
Elle me donne quelques coups sur la poitrine et des coups de poing dans le ventre. Je m'efforce à la garder dans mes bras.
— Lâche-moi, putain !
— Tu as beau me frapper, tu as beau me mordre, je ne compte pas te lâcher. Je t'aiderai de tout mon possible.
— Lâche-moi !
Je sens sa voix faiblir peu à peu.
— Je ne te lâcherai pas, je t'ai dit que nous ne faisons qu'un, quand tu souffres, je souffre également.
Je sens ses bras s'enrouler autour de ma taille. Je commence à sentir de l'humidité sur ma poitrine. Je l'entends dire des mots.
— Je n'ai pas su le protéger de son père... Je n'ai pas pu sauver sa vie.
Elle le répétait en boucle, elle prononçait un nom en boucle :
— Rahim... Rahim, pardonne-moi. Rahim...
Je la sens faiblir, je la prends dans mes bras, je la porte jusqu'à son lit. Je remarque une table renversée avec du verre brisé, je remarque du sang sur ses draps et des papiers posés sur son lit. Je la pose sur son lit. Je prends les dossiers posés sur son lit et les dépose sur la table de chevet.
Je la recouvre de son drap et vais chercher un balai pour nettoyer ces morceaux de verre. Elle dort profondément. Après avoir nettoyé les morceaux de verre, j'examine les parties visibles de son corps. Je remarque un bandage au niveau de sa cuisse. Je me dirige vers le salon et referme la porte derrière moi.
Le lendemain, je me réveille très tôt pour lui cuisiner des œufs et du jus de fruits. Lorsque je rentre dans sa chambre, elle sort de sa salle de bain.
VOUS LISEZ
L' INSOUMISE
RomanceNeïsha a connu la violence et la dépendance. Aujourd'hui, elle n'a qu'une seule obsession : l'indépendance. Ses études d'architecte sont sa seule échappatoire et le prix de sa liberté. Lorsqu'elle rencontre Idriss, célibataire au charme ténébreux...
