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Neïsha

Je remets rapidement en place mes vêtements, l'adrénaline se dissipant lentement, laissant place à une sensation délicieuse de danger évité et de satisfaction. J'ouvre mon petit sac où, avant de venir, j'avais pris le soin de ranger quelques essentiels de maquillage « de secours » au cas où une situation imprévue l'exigerait. Franchement, sur le coup, je me rends compte de mon intelligence et de mon sens aigu de l'anticipation.

Je reprends un peu de gloss sur mes lèvres, dont le rose avait pâli, et je refais légèrement mes contouring pour dissimuler les rougeurs laissées par l'excitation. Le masque social devait être parfait avant mon retour en scène.
Alors que je range mes produits, j'entends un léger bruit, quelque chose glissant le long du carreau en marbre froid du lavabo. Je baisse les yeux. J'aperçois un clavier téléphonique — celui d'Idriss — posé, écran allumé, sur un bloc-notes. Je tourne la tête dans sa direction, mon regard croisant le sien. Je peux encore voir cette malice dans ses yeux sombres, un mélange de défi et de triomphe.

— Qu'est-ce que tu crois ?  Je ne vais pas attendre de te revoir en soirée, par un heureux hasard, pour te parler.

lança-t-il, un sourire en coin.

— Tu peux juste me demander mon numéro, Idriss

dis-je, en roulant des yeux avec une fausse lassitude. C'est l'usage, tu sais. Mais je dois admettre : pas mal comme approche. C'est... audacieux.

J

e prends son téléphone. Le contact de l'objet, chaud dans ma main, me donne un frisson. Je tape mon numéro de téléphone, l'enregistrant sous un nom qui ne révèlerait rien à un œil curieux. Lorsque je le lui tends, je me remets à ranger mes affaires dans mon sac, le dos tourné à sa puissance masculine. Je reprends, le ton sérieux.

— Tu n'en parles pas. De ce qui s'est passé dans cette pièce. Ni de ce qui s'est passé l'autre nuit. Si je deviens un ragot, je te le ferai payer.

— T'inquiète, poupée. Personne ne le saura de ma bouche. Les gentlemen ont leurs secrets. J'y vais. On se voit après, ou pas.

— Mouais, pars à toute. On verra.

J'entends alors un « Clap » sonore et familier, suivi de la sensation d'une légère douleur et d'une chaleur diffuse sur ma fesse. Un réflexe irréfléchi, plein d'une domination légère et insolente. Le temps que je me retourne, le visage rouge de surprise et d'agacement, qu'il s'était enfui par la porte, le bruit des verrous claquant. Un rire sourd parvient à travers le bois. Il était incorrigible.

J'ai pris quelques minutes de plus, le temps de reprendre un semblant de calme olympien. Mon retour dans la pièce principale se fait sous quelques regards curieux, mais je fais comme si de rien n'était, mon expression neutre et mon pas assuré. Je sais que les gens ont des idées, mais je me fiche de ce qu'ils pensent. L'important, c'est ce que je ressens.

Mon regard croise dans la foule celui d'Idriss. Il est adossé à la cheminée, un verre à la main, un sourire triomphal plaqué sur le visage. Je tourne le regard, l'ignorant superbement, et croise celui de ma cousine, Nath, qui me fait signe de la rejoindre près du buffet. Elle me lance un regard interrogateur.

— Tout va bien ? Tu as mis du temps.
— J'ai dû gérer une urgence de maquillage, rien de grave. Et puis, je t'avoue que je suis épuisée.

La fête se déroule sans encombre par la suite. L'ambiance monte d'un cran. Les gens dansent. Amine coupe son gâteau, un moment bruyant et joyeux, et la fête se termine lentement. Les invités se dispersent dans la rue, où, surprise de fin de soirée, était organisée une course de voitures clandestine et excitante. Je refuse poliment l'invitation de Nath à rester. Sentant la fatigue due aux activités de ce jour — et une en particulier —, je décide que l'heure est venue de retrouver le calme de mon appartement.

L' INSOUMISEDes histoires addictives. Découvrez maintenant