CHAPITRE 6

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Salut ! Je viens de relire mon chapitre et... je vous avoue que je déteste me relire. Berk. 

Bref... Si vous aimez bien, vous pouvez toujours le lire, et surtout, n'oubliez pas de laisser des commentaires ! Ça me guidera vers une fin digne d'un vrai livre !

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6.

Quarante minutes que madame Lefebvre nous gavait de purées et autres viandes en sauce. Bien que mon estomac ait longtemps grondé avant cet instant, je ne pouvais plus rien avaler. J'avais remarqué de nombreuses photos encadrées, posées partout dans la maison, et je fis mine d'aller poser mon assiette dans l'évier pour pouvoir observer celle qui était accrochée au mur de plus près. C'était un homme, assis bien droit sur une chaise. Il portait une chemise au col trop serré pour son cou de taureau. Il avait des yeux bleu glacier, perçants, une bouche trop large dont les coins remontaient légèrement. Son nez retroussé et ses cheveux blonds et ondulés lui donnaient un air d'enfant qui jurait avec sa musculature visible. Qui cela pouvait-il être ? Je retournai m'asseoir. J'avais dans la tête l'évidence que jamais je ne poserais de question à madame Lefebvre. Était-ce un instinct ?

Il était vingt heures cinquante-six. Je regardais les vêtements de Loup étalés sur le sol, alors qu'il se douchait dans la pièce attenante. Noé était allongé sur le lit, et Violette s'était blottie contre son flanc. Madame Lefebvre faisait un drôle de raffut, en bas. Elle devait déplacer des casseroles. Je n'arrêtais pas de penser à l'homme des photos, et je fis la liaison. Je n'avais jamais vu monsieur Lefebvre. Je fus peinée à l'idée que madame Lefebvre ait perdu son mari. Il avait dû être terrassé par un cancer, comme des millions de personnes, ou bien victime d'un accident de la route. De telles pensées de ma part me surprirent. Soudainement, j'entendis un coup dans la porte. Je me figeai. Loup finit par ouvrir, en pestant. Il était trempé mais avait enfilé un jean. Vous savez, quand vous ne voulez pas regarder quelque chose, mais que vous le faites quand même, et que vous fixez cette chose beaucoup trop longtemps ? C'est ce qui m'arriva. Le voir dans cet état me tourna la tête une seconde.

−Hé, fit-il en brandissant une serviette (qu'il n'avait, à mon grand questionnement, pas utilisée). La vieille se fout de moi, je crois.

Il la déplia. Sur le tissu éponge orange se profila peu à peu, une tache plus foncée. Elle aurait pu passer inaperçue, car elle avait l'air d'avoir subi plusieurs lavages. Mais c'était du sang. Une tache de la taille de ma main.

−Putain, c'est dégueulasse, commenta Noé en levant un sourcil.

Je pris la serviette dans mes mains, étudiai les contours de la tache. Je ne pouvais pas savoir d'où ça provenait. L'hypothèse du sang menstruel, bien que répugnante, me parut plausible. Je filai à mon tour sous la douche, oubliant momentanément cette histoire.

La salle de bains était démodée. Les murs, recouverts de carrelage marron et la vasque en forme de coquillage étaient désuets, et tout était tellement propre. Rien ne clochait. L'air flou était saturé d'une odeur de savon. Je fermai le verrou, me déshabillai. Quand l'eau coula, je frissonnai. C'était si bon de se sentir à nouveau propre ! Je pris mon temps pour laver et démêler mes cheveux, frotter chaque partie de mon corps trois fois. Ce n'était jamais trop. Mais l'eau soudain devint glaciale. Je sortis de la douche en hurlant, et attrapai une serviette. C'était mieux. La vapeur brûlante se déplaçait autour de moi, je ne voyais rien dans le miroir embué. Mes pensées s'égarèrent de nouveau, du côté de Loup. Seule, je pouvais penser tout mon soûl. Je me repassai en tête l'instant où nous étions allongés dans le noir, et celui où il nous avait joué dans la musique. Puis, un moment plus lointain encore refit surface. Je me rappelai quand il avait sonné chez nous le soir de la fuite, sa guitare à la main. Je me rappelai la tête qu'il avait faite quand il avait vu Violette pleurer dans mes bras et, plus loin, Noé essuyer le sang qui lui coulait du front. Je me rappelai l'instant où il avait pris la décision de nous suivre. Un rai de lumière s'étala au sol, et je vis une silhouette dans l'encadrement de la porte.

LA ROUTEOù les histoires vivent. Découvrez maintenant