Raphaël

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Le gobelin avait réussi à me soigner par je ne sais quel maléfice.
La douleur avait instantanément disparu. Ce qui était un réel soulagement. Je n'avais jamais eu aussi mal de toute ma vie. Et pourtant j'avais une assez bonne résistance à la douleur.
En me relevant, je fus d'abord heureux de voir Lucie arriver avec tout le monde mais il me fallu quelques minutes pour réaliser ce qu'il était en train de se passer.
Depuis le début je me doutais bien que Tyler n'était pas vraiment quelqu'un de bien, mais de là à penser qu'il faisait partie des rebelles...
C'était totalement inimaginable.
Lucie était sous le choc ça se voyait dans son regard, il n'avait plus la même joie de vivre qu'à son habitude, non, là, il était vide de tout sentiment.
Je m'approche d'elle pour essayer de la consoler et la prend dans mes bras.
Elle mit du temps à réagir puis me rendit mon étreinte.
– Je ne comprends pas comment il a pu... Me chuchota-t-elle à l'oreille en sanglottant.
– Moi non plus. Répondis-je.
Je la sert plus fort et elle semble se détendre un peu.
Elle me lâche et tente de me sourire même si ce que je vois ressemble plus à une grimace.
– Merci. Me dit-elle avant de se tourner vers Monsieur Vikram qui avait l'air aussi déboussolé que nous :
– Vous le saviez ? Lui demande-t-elle.
– Que mon fils n'était qu'un traître ? Qu'il faisait parti d'une bande de rebelles prête a détruire le monde ? Non, bien sûr que non. Répondit-il avec une pointe d'agacement dans la voix.
– Désolé d'interrompre vos retrouvailles, mais il est temps de rentrer, les rebelles pourraient sortir d'un instant à l'autre. Déclara le chef Gobelin.
On hoche la tête conscients qu'il avait raison et nous prîmes le chemin du retour en silence, chacun trop perdu dans ses propres pensées pour dire un mot.

Monsieur Vikram discuta un instant avec le chef gobelin avant de venir nous rejoindre pour rentrer à l'intérieur des remparts.
Il avait l'air perturbé et soucieux.
C'était sûrement à cause de Tyler pourtant, j'avais l'impression que sa discussion avec le chef Gobelin y était aussi pour quelque chose.
On arrive rapidement devant la tour et le père de Tyler se tourne vers nous l'air serieux :
– Bien, vous ne devez mettre personne au courant de ce qu'il s'est passé aujourd'hui, je suis très sérieux
Et si on vous demande où est Tyler vous n'aurez qu'à dire qu'il est en mission pour le conseil. Déclara-t-il tristement.
– D'accord, nous ne dirons rien ne vous en faites pas. J'attends quelques secondes avant d'ajouter : et j'avais une question : que vous a demandé le chef gobelin en échange de son aide ?
Il semble hésiter un instant puis me dit :
– Rien du tout, pour l'instant.
J'hoche la tête même si je suis persuadé qu'il ne me dit pas toute la vérité.
Peu importe, je finirai par la découvrir tôt ou tard.

Nous rentrâmes tous dans nos chambres respectives bien qu'aucun d'entre nous n'ait réellement sommeil après les événements que nous venions de vivre.

La nuit avait été courte et j'étais fatigué en arrivant en cours de potions ce matin, Lucie était là les yeux gonflés, elle n'avait pas dû beaucoup dormir.
– Comment tu vas ? Demandais-je en m'asseyant à côté d'elle.
– Ça va... On n'a pas vraiment eu le temps de parler depuis ce qu'il s'est passé, mais je voulais te remercier d'être venue me sauver. Chuchota-t-elle en souriant.
– C'est normal, je ferais tout pour toi. Répondis-je avec un clin d'œil.
Ma remarque la fit rougir.
Qu'est-ce qui m'avait pris de dire un truc pareil ?
Heureusement pour moi, le professeur entra dissipant la gêne qui s'était installé.
– Bien, aujourd'hui, nous allons voir comment fabriquer une potion de lévitation.
Des cris d'enthousiasme se firent entendre, et même Lucie semblait retrouver sa joie habituelle.
Une fois que Monsieur Doug nous eut donné toutes les instructions, nous nous mîmes au travail.
Il nous fallut moins d'une heure pour finir la potion. Lucie et moi formions vraiment une super équipe.
Le professeur nous félicita et nous laissa une nouvelle fois sortir de cours en avance sous les regards remplis de jalousie de nos camarades.
– On a assuré ! Me dit Lucie le sourire aux lèvres.
Mon cœur s'emballa, son regard était si doux, si profond, et son sourire rendrait fou n'importe quel homme.
– Tu m'écoutes ? Me dit-elle, me sortant de ma rêverie.
– Oui, oui désolé. Répondis-je.
– Tu crois que Tyler va revenir ? Je veux dire est ce que tout ce qu'on a vécu avec lui, était un mensonge ? Il avait l'air si sincère quand il faisait semblant d'être notre ami. Me dit-elle d'un air triste.
– Je ne sais pas, je me doutais depuis le début qu'il y avait quelque chose qui clochait avec lui mais je n'aurais jamais cru qu'il serait passé du côté obscur de la force.
– On dirait Dark Vador ! Me répondit-elle en rigolant.
– Darka qui ? Demandais-je.
– Dark Vador... dans Star Wars ! Tu ne connais pas ? S'exclama-t-elle devant mon air ahuri.
– Je n'ai jamais entendu parler de ce truc. Répondis-je.
Elle rigola encore plus fort dévoilant ses dents parfaites.
– Oh, je vois, et bien ce truc comme tu dis c'est un film très connu sur Terre, vraiment tout le monde le connaît. Me dit-elle.
– J'ai vraiment l'air d'un crétin. Déclarais-je en riant.
– Tu as toujours l'air d'un crétin ! Me répondit-elle hilare.
– Répète ça pour voir. Criais-je en faisant semblant d'être en colère.
– J'ai dit que tu avais toujours l'air d'un crétin. Répéte-t-elle.
Elle s'avançe et trébuche sur une pierre sur le sol.
Je la rattrape avant qu'elle ne touche le sol dans une posture digne d'un film d'amour.
Nos regards se croisent et ses joues se teinte de rose la rendant encore plus mignonne.
Mon cœur battait si fort que j'aurais pu l'entendre à travers ma poitrine.
– On vous dérange peut-être ? S'écria Bianca un sourire aux lèvres.
Elle venait de sortir de la salle de classe accompagnée par Will, Toby et les jumelles.
Lucie se releve d'un bond et dit :
– Non pas du tout, ce n'est pas ce que tu crois.
– Ah bon ? Et qu'est-ce que je crois ? Moi, je n'ai rien dit. Répondit Bianca en riant.
– À rien du tout, bon et si on allait manger, je meurs de faim ! Dit Lucie en se dirigeant vers la cafétéria.
J'acquiesçais et la suivit ne souhaitant pas entendre mes amis me poser cent mille questions sur ma relation avec Lucie qui pour le moment était au point mort.

NeewolnOù les histoires vivent. Découvrez maintenant