Lucie

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L'heure de la fête arrive rapidement et je suis toute excitée quand je quitte ma maison pour rejoindre la plage.
J'ai opté pour de petites sandales plates, blanches avec des ficelles dorées au niveau des chevilles et mes cheveux sont attachés en un chignon qui laisse quelques mèches bouclées tomber sur mes épaules.
Après une heure de recherches j'ai finalement opté pour un maquillage basique, un simple rouge à lèvres rose à paillettes, un peu de mascara et un trait d'eyeliner qui m'a tout de même prit quinze minutes ! Être une fille c’est pas facile tous les jours...
Je ne suis plus qu'à quelques mètres de la plage et quand j’arrive enfin ce que j’observe me laisse sans voix :
Au milieu du sable, une immense tente a été installée. Sous celle-ci se trouve de longues tables recouvertes de nourriture, boissons, fontaine de chocolat...
Sur le côté gauche un DJ est en train de diffuser ma musique préférée sur des enceintes géantes et au centre de la salle se trouve une piste de danse où tous mes amis ainsi que bon nombre de gens que je ne connais pas sont réunis.
En me voyant arriver tout le monde s'écrie : Surprise !
Je souris et me rues vers Sofia et Félix en criant un immense merci à tout le monde.
– Wahou tu es magnifique ! Me dit ma meilleure amie en me dévisageant de la tête aux pieds.
– Merci beaucoup ! Je réponds les joues roses. Toi aussi tu es superbe !
Sofia porte une robe blanche moulante avec des manches bouffantes.
C'est moi qui la lui ai offerte pour son dix-septième anniversaire.
Félix quant à lui, a opté pour un smoking blanc avec une cravate noire et a plaqué ses cheveux bruns, d'ordinaire bouclés. Ils sont très élégants tout les deux.
– Joyeux anniversaire ! Me dit-il en souriant.
– Merci beaucoup ! Je réponds, cette fête est vraiment parfaite vous êtes les meilleurs amis du monde !
– C'est vrai qu’on est vraiment parfaits. Me dit Sofia en rigolant. Maintenant il est temps d'aller danser !
Nous nous dirigeons au centre de la piste et commençons à nous déhancher au rythme de la musique, il doit s'écouler au moins deux heures où nous rions, dansons et dévorons toutes sortes d'amuses-bouches avant que mon gâteau n'arrive sur une table roulante.
C'est un immense fraisier, mon gâteau préféré qui doit mesurer au moins cinquante centimètres de long, avec dix-huit bougies bleu azur, de la même teinte que celle de mes yeux.
Il est parfait. En ce moment même je me sens la plus heureuse du monde.
Tous les invités se sont réunis autour de moi et m'observent en chantant "Joyeux anniversaire" attendant que je souffle mes bougies.
– N'oublies pas de faire un vœux. Me rappele Félix en me faisant un clin d'œil.
Je ne vois pas ce que j'aurais pu demander de plus.
En ce moment même j'ai tout ce que j'ai toujours souhaité.
Je me contentais donc de fermer les yeux et de souffler mes bougies en pensant à cette journée qui restera gravée à jamais dans ma mémoire.
Quand je rouve mes paupières je crois que je suis en train d'halluciner :
Je me trouve actuellement en plein milieu de la route, entourée par des grattes ciels et des taxis new-yorkais.
Qu'est-ce que c'est que ce délire ? C'est impossible... Je dois être en train de rêver...
Pourtant cette Mercedes noire qui fonçe droit sur moi me semble on ne peut plus réel.
Elle n'est plus qu'à quelques mètres de moi et m'aurait sûrement percutée si quelque chose ou plutôt quelqu'un ne m'avait pas poussé hors de la route.
Je vais trébucher sur le trottoir quand un jeune garçon aux cheveux brun me rattrape avant ma chute.
Je m'écarte rapidement et l'observe un instant.
Si je n'avais pas failli me faire renverser il y a quelques secondes je l'aurais probablement trouvé séduisant avec ses cheveux ondulés, ses yeux émeraude et sa mâchoire ciselée.
Il a l'air de sortir tout droit d'un film hollywoodien. Mais je suis trop déboussolée pour me soucier de ces détails.
Il m'observe un instant avec une sorte de crainte dans le regard puis me dit :
– Tu vas bien ?
Je ne sais pas quoi répondre, comment pouvais-je me sentir bien ? Il y a quelques minutes j'étais en train de passer le plus beau moment de toute ma vie et la seconde d'après j'ai failli mourir.
– Non. Je réponds simplement.
– Je suis désolé Lucie, on n'avait pas prévu que tu débarquerais en plein milieu de la route.
– De quoi est ce que vous parlez et comment connaissez-vous mon nom ? Je réponds effrayée, en reculant d'un pas.
– Ne t'inquiètes pas on va tout t'expliquer, je sais que cette situation est très étrange mais tu comprendras très vite quand tu auras rencontré notre chef.
Moi je m'appelle Raphaël. Et puis tu peux me tutoyer je n'ai que dix-neuf ans ! Répond l'inconnu avec un sourire aux lèvres.
Je n'en crois pas mes oreilles tout ceci ne peut pas être vrai.
– Non, vous ne comprenez pas, je n'ai aucune idée de comment je suis arrivée là, ni de comment vous me connaissez mais je veux rentrer chez moi tout de suite !
J'ai bien conscience que tout ceci n'a aucun sens et que la personne qui se trouve devant moi peut être un agresseur ou je ne sais quelle personne étrange mais une partie de moi a l'impression que ma place est avec lui et que je dois écouter ce qu'il a à me dire.
– Écoute, calme toi, je sais que cette situation est étrange et que tu dois probablement croire que tu es en train de devenir folle. Mais crois-moi il y a une explication logique à ce qui t'arrive et si tu acceptes de me suivre, tu comprendras très vite ce qui se passe et qui tu es vraiment.
– Qui je suis vraiment ? Mais vous croyez quoi au juste ? Que je vais accepter de suivre un parfait inconnu, seule, en pleine rue, un soir, à des kilomètres de chez moi !
Le garçon me regarde d'un air peiné et fait un pas vers moi.
– Je comprends ce que tu ressens d'accord ? Mais crois moi tu n'as pas à t'inquiéter tout va bien se passer. Répond-il un sourire aux lèvres.              Je me sens tout à coup un peu moins perdue et apeurée que je ne l'ai été quelques instants auparavant.
– Je ne comprends rien... lui dis-je si bas que je crois un instant qu'il ne m'a pas entendu.
Il me regarde pendant ce qui me parait les secondes les plus longues de ma vie puis me dit d'une voix douce:
– Est-ce que tu veux bien me suivre ? Je te promets que je ne vais pas te faire de mal. Et tu comprendras tout ce qui t'arrive d'ici quelques heures.
Je ne sais pas ce qui me poussa à dire cela ni ce qui allait se passer ensuite mais mes lèvres formèrent ces mots que je regrettais tout de suite après les avoir dit : D'accord allons-y.

NeewolnOù les histoires vivent. Découvrez maintenant