Je te déteste, Anaïs.

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Je m'allongeais sur mon lit, le regard fixé sur le plafond, incapable de me sortir Anaïs de la tête. Les souvenirs tournaient en boucle dans mon esprit, chacun réveillant un mélange toxique de colère, de désir et de confusion. Comment pouvais-je encore penser à elle, après tout ce qu'elle m'avait fait subir ? 

Cette fille, avec ses sourires éblouissant , son regard perçant, son corp de déesse, me faisait perdre tout contrôle... Au moment même où je devrais la détester, il suffisait qu'elle soit en face de moi pour que mon cœur s'emballe. C'était ridicule. Je regrettais d'avoir cédé, de l'avoir embrassée la veille. Ce n'est pas parce que je l'aime que je dois lui céder, que je dois oublier tout ce qu'elle m'a fait traverser. Mais c'était là, accroché au fond de moi, cette envie absurde de croire qu'elle pouvait changer, qu'elle m'aimait vraiment.

Soudain, mon téléphone vibra. Une notification, encore. Je n'avais pas envie de parler à qui que ce soit. Pour m'échapper de mes pensées, j'attrapai un jean baggy et un vieux pull traînant sur le sol et les enfilai rapidement par-dessus mon short.

Il était déjà tard, mais Louis — ce gars du lycée qui organisait des fêtes de malade — en organisait justement une ce soir, et j'avais besoin de m'évader. Je pris mon paquet de cigarettes, ouvris la fenêtre de ma chambre au foyer, et grimpai dehors. Je n'avais prévenu personne, pas James ni Hugo. Tant pis.

À peine arrivée à la fête, je me dirigeai vers le bar improvisé dans la cuisine. Un shot de vodka, puis un deuxième. J'avais besoin de me perdre, de m'anesthésier, de noyer cette voix dans ma tête qui ne cessait de murmurer son nom. Je m'adossai au comptoir, observant le chaos autour de moi. Des jeunes qui dansaient, qui riaient, dans une euphorie presque absurde, comme s'ils pouvaient oublier tout ce qu'ils allaient retrouver demain. Les couples qui s'enlaçaient, les regards échangés dans le noir, tout me paraissait creux, faux, inutile. Comment pouvaient-ils tous prétendre être si légers ?

C'est alors que je la vis, Bettany. Elle et moi avions eu une histoire, un souvenir un peu flou d'une autre époque. Elle se dirigea vers moi, un sourire charmeur sur les lèvres, sa démarche toujours aussi assurée.

— Ellie, ça fait un bail, me lança-t-elle en posant une main sur mon bras, son regard fixé dans le mien.

— Ouais, ça va, répondis-je, tentant de garder un ton détaché.

— T'es pas avec tes potes ? demanda-t-elle en riant.

— Non... besoin de me vider la tête, seule, lâchai-je en prenant une gorgée de mon verre, un mélange imbuvable, mais assez fort pour anesthésier mes pensées.

Elle resserra sa prise sur mon bras, un geste familier, presque réconfortant. Elle avait ce regard un peu provocateur, ce sourire qui disait qu'elle se souvenait bien de ce qu'on avait partagé.

— On pourrait se tenir compagnie, tu sais... Qu'en dis-tu ? souffla-t-elle.

Je restai figée, mon regard glissant par-dessus son épaule. Et c'est là que je la vis.

Anaïs. Debout à l'entrée, scrutant la scène. Elle fronça légèrement les sourcils en me voyant avec Bettany, comme si cette vision la déconcertait. Une montée de rage m'envahit. Elle n'avait pas le droit de venir troubler cet instant. Elle n'avait pas le droit de me regarder comme ça, comme si elle regrettait tout, comme si j'étais encore son jouet. Bettany, elle, attendait une réponse.

— Écoute, Bet'... ce soir, je pense que c'est pas une bonne idée, dis-je, esquivant son regard.

— Oh allez, Ellie, ça ne sera pas la première fois. Juste pour s'amuser, c'est tout, dit-elle en se rapprochant un peu plus.

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