Chapitre 28.

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Lana | Colorado, janvier 2023

Il fait sombre, je suis aveuglée.

Je m'avance, je m'engouffre.

Où suis-je ? Où es-tu ?

Il fait chaud, j'ai du mal à respirer.

COURS, LANA ! COURS.

J'ouvre subitement les yeux.

Mon cœur tape contre ma cage thoracique et ma respiration est saccadée. Ce n'était qu'un cauchemar...

Je ferme les paupières pour reprendre mon calme. Une pression sur le bas de mon ventre me gêne. Je descends la main pour décaler Moon, mais mon cœur rate un battement en réalisant que la masse n'a rien d'une boule de poils.

Je prends mon courage à deux mains, et quand je tourne ma tête sur le côté, c'est pour tomber nez à nez avec le visage endormi d'Éros.

Qu'est-ce qu'il fait là ?

Nous sommes tellement proches que sa respiration tape contre mon visage. Il est si beau, je pourrais le regarder dormir pendant des heures. Je me rends compte que ma main est toujours posée sur la sienne, mais je ne bouge pas. Je n'arrive pas à me résoudre à la retirer. Tandis que je me tourne pour me placer face à lui, Éros m'attrape par la taille et m'enserre contre sa poitrine.

Ses bras enveloppent tout mon corps, je n'ose plus bouger. Sa chaleur est si agréable, alors je pose mes mains sur son torse et enfouis ma tête dans son cou. Bizarrement, je ne me suis jamais autant sentie en sécurité qu'à cet instant.

Lana | Colorado, décembre 2022

Éros vient de partir et je suis là, à sourire comme une idiote. Je ne pensais pas que notre baiser me procurerait autant de sensations, un sentiment de bien-être que j'avais rarement ressenti.

Je me tourne face à la baie vitrée quand j'entends des cris.

Plusieurs personnes se mettent à courir dans tous les sens, tandis qu'une lumière étrange attire mon regard. Je m'avance vers la porte et reste tétanisée par ce que je vois. Le grand sapin de la salle de réception est en feu, et tout le monde est paniqué.

Je regarde autour de moi et il y a l'air d'avoir plusieurs départs de feu. Une fumée noire et épaisse monte de plus en plus et je réalise que je dois quitter le bâtiment en vitesse. Je cours vers la rambarde du balcon et me penche pour estimer la hauteur de celui-ci. Il y a au moins quatre mètres jusqu'au sol, je ne peux pas sauter. Je me retourne face au bâtiment. La fumée a totalement envahi la pièce. Je ne veux pas m'y engouffrer, mais je ne vais pas avoir le choix si je ne veux pas m'effondrer avec ce bâtiment.

Mon cœur s'affole. Cette vision ravive de douloureux souvenirs. La dernière fois que j'ai assisté à un incendie, ma mère est morte.

Les garçons ! Éros !

Une peur immense apparaît rien qu'à l'idée de perdre mes amis. Je ne peux pas les abandonner, je dois les aider et je ne ferai pas cette erreur deux fois. Je prends mon courage à deux mains et cours vers l'intérieur.

Je sors subitement de mes pensées. Je suis toujours dans les bras d'Éros. Sans m'en rendre compte, je me suis mise à pleurer, alors je m'essuie rapidement les yeux et m'écarte délicatement de lui.

Mon souffle se coupe quand je tombe dans son regard. Il s'est réveillé entre-temps et m'observe d'un air inquiet, ne comprenant sans doute pas pourquoi je pleure.

Quand une larme incontrôlable tombe de mon œil et vient glisser le long de ma joue, il pose sa main sur ma mâchoire et l'essuie avec son pouce.

- Pourquoi est-ce que tu pleures ? chuchote-t-il.

Sidéris T1 Où les histoires vivent. Découvrez maintenant