Qu'était un monde renaissant sans que le monde soit témoin de sa construction ?
À quoi cela servait-il si personne n'aspirait à en revendiquer une part ?
Une scène dressée, les acteurs en attente.
Le rideau se lève, une pause, et les représentations commencent.
Puis : une agitation hystérique et un désir incessant pour tout. La rivière reprend son cours, peu importe une déviation momentanée ou un simple coup de tempête.
Alors : une pièce jetée, qu'elle tombe en votre faveur.
JOUR UN
— « Es-tu prête ? »
Hermione lève les yeux de la Gazette du Sorcier qu'elle tient entre ses mains.
Draco est assis au bord de son lit, les coudes appuyés sur ses genoux, les mains lâches devant lui. Il la fixe, la tête légèrement inclinée.
Il l'observe.
Elle est restée silencieuse toute la journée, mais il n'en est pas la cause. Hermione se replie sur elle-même lorsqu'elle se retrouve face à l'imminence du lendemain. Son esprit est une prison qui l'enferme, la laissant seule face à la multitude de tâches qu'elle doit accomplir.
Elle baisse de nouveau les yeux sur le journal.
— « Sept ans que ça dure, et je ne pense pas que je le serai un jour. »
Le Ministère accueille le monde pour la tournée annuelle de l'Exposition nationale !
Dans une tentative d'accueillir les alliés voisins et de présenter une nation unie au monde, le Ministère organise une semaine d'événements en juillet : dîners et réceptions. Des représentants du monde entier viennent festoyer sous le prétexte de célébrer la liberté et les efforts continus et promis du Ministère de Grande-Bretagne pour promouvoir la tolérance et l'unité. L'anniversaire de la fin de la guerre a toujours été, pour les survivants, une célébration de leur survie, mais cette semaine est destinée au reste du monde, pour qu'il reconnaisse ce qu'ils sont devenus dans le sillage de la destruction du mal.
Draco garde les yeux sur elle tandis qu'elle parcourt la première page, ses yeux glissant rapidement sur les paragraphes, absorbant le même jargon politique qui est servi au public depuis des années. Des mots abstraits, dépourvus de substance, visant uniquement à distraire et à transmettre une illusion de ce qu'ils sont devenus.
La page est divisée en deux photos : l'une, en haut, montre l'actuel groupe dirigeant du Ministère ; l'autre, en bas, une photo d'Hermione, Harry et Ron.
Hermione lève le journal plus près de son visage et plisse les yeux devant la photo. Elle date de l'année dernière, semble-t-il, car elle n'était pas là pour une mise à jour de la photo commémorative. Sur l'image, elle se tient entre Harry et Ron, leurs mains jointes devant eux, une tension visible dans leurs épaules.
Hermione est la seule à ne pas sourire.
Le lendemain, un article dans la rubrique opinion l'avait critiquée pour ce simple fait. On l'avait qualifiée d'ingrate, d'impolie avec son air austère, totalement indigne si elle n'était même pas capable de simuler un semblant de joie lors des festivités. Le monde observait, et Hermione Granger n'avait même pas pris la peine de leur offrir un sourire.
Elle essaie de se souvenir pourquoi elle ne l'avait pas fait ; peut-être était-ce un moment mal choisi par l'appareil photo, ou peut-être était-elle simplement épuisée par les nombreux événements de cette journée et avait oublié de jouer le jeu. Peu importe, la vérité n'avait eu aucune importance le lendemain. Ginny l'avait trouvée en train de pleurer ce soir-là, accablée par la cruauté des commentaires sur elle, par le fait qu'on ne s'était jamais soucié que Ron fronce toujours les sourcils ou soit ivre, ou qu'Harry arbore une expression constante d'inconfort.
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Greenlight
FanfictionUn journaliste s'assoit avec Draco Malfoy, disparu il y a huit ans, pour recueillir son histoire sur les raisons de sa disparition et sur ce qui s'est passé. Racontée du point de vue d'Hermione, l'histoire suit Draco et Hermione dans leur expédition...
