Chapitre 31

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Je reste un petit peu dans la salle pour me calmer. Je le trouve particulièrement dur avec moi, OK, je n'ai pas partagé mes doutes, mais bon, ce n'est pas non plus un crime d'être introvertie ! Pourquoi m'en veut-il à ce point ? C'est ridicule. Plus j'y pense et plus je suis en colère contre lui, après tout, cette histoire n'est vraiment pas facile pour moi, il pourrait le comprendre ? Je me dirige vers la cuisine, je suis contrariée et en colère ! Et puis merde j'ai le droit d'avoir douté, parce que je sais qu'il ne me dit pas tout au sujet de la soirée de mon accident. Je m'accroche à ma colère en entrant dans la cuisine, parce que je préfère largement ce sentiment, comparé à la douleur que me fait mon cœur à la perspective qu'il me quitte.

J'attrape un tas de serviettes en papier et les balance à la poubelle.

— Et merde !!

— Wooh ! Tu veux bien laisser mes serviettes en papier en paix ? me dit Sylvia un peu choquée par mon geste.

Sylvia me regarde les bras croisés et le regard inquiet.

— Pourquoi tu te venges sur mes magnifiques serviettes ? Elle s'approche de moi et nous conduit vers deux chaises.

— Oh, Sylvia, je ne comprends rien aux mecs ! Ils ont des réactions tordues ! Et franchement pourquoi, sur le coup, je n'ai jamais la répartie qu'il faut ?

— Bien, alors tu ne comprends rien aux mecs, ou à un mec en particulier ? Sylvia me regarde avec insistance, et me sourit avec bienveillance.

— C'est Liam...

Et je commence à raconter rapidement mon histoire avec Liam et notre petite entrevue, Sylvia m'écoute religieusement sans me couper, puis me prend la main.

— Écoute, nous n'avons pas le temps de revenir sur tout ce que tu m'as dit, alors je vais aller à l'essentiel, les mecs sont plus simples que nous, si tu avais posé la question, il t'aurait répondu, et après à toi de savoir si tu lui fais confiance ou non... ma belle, dès que tu peux va le voir et parles ouvertement avec lui. Vu comme il te regarde, crois-moi ma jolie, il t'écoutera et ça s'arrangera.

Je souris à mon amie, la remercie, et me dirige sous le chapiteau, Josh et Charly ont supervisé l'arrivée des derniers invités, se sont assurés que les serveurs passaient bien entre chaque convive. Maintenant ça va être à moi de lancer la soirée. Je suis presque sous le chapiteau lorsque j'entends mon nom. Je me retourne et aperçois monsieur Weills, Liam et... une femme plus que sublime à son bras. Une magnifique blonde, grande et élancée, vêtue d'une robe dorée qui moule ses formes à la perfection sans être vulgaire. Si on devait décrire la femme parfaite, je pense que ça serait elle. Je ne peux m'empêcher de penser qu'ils font un beau couple. Mon cœur vrille, et le poids dans ma poitrine s'alourdit, OK... c'est elle Farah, est-ce que je suis sensée rivaliser avec elle, parce que le match est perdu d'avance... on ne joue clairement pas dans la même catégorie. Je sens alors le regard de Liam sur moi, et je me reprends immédiatement, je refuse de passer pour la pauvre fille morte de jalousie. J'affiche alors un magnifique sourire.

— Tout se passe bien, monsieur Weills ? J'allais justement lancer la soirée.

— Oh oui, à merveille, je souhaitais vous présenter ma fille, Farah, mademoiselle Osborne est responsable de cette magnifique soirée.

— Enchantée, mon père a raison, cette soirée est vraiment surprenante, en tout point. Bravo à vous. La Farah me sourit et me tend la main, que je m'oblige à prendre. Comme je m'y attendais, elle a la peau douce, ce genre de femme ne doit pas avoir de problème de peau, tout doit être parfait chez elle ! Je la déteste encore plus maintenant que je l'ai rencontrée.

— Je vous remercie, mais je n'ai pas réalisé ça toute seule, mon associé et mon stagiaire sont aussi à complimenter.

Je n'aime pas le ton qu'elle emploi, ni le fait qu'elle tienne le bras de Liam, tout en souriant je commence à imaginer des scénarios où je lui coupe le bras à la hache ! Mon D.ieu ma jalousie me rend violente... Je n'arrive pas vraiment à suivre la conversation. Puis Farah enchaîne avec sa voix de fille parfaite agaçante.

— Par contre d'après ce que j'ai compris, vous êtes seule responsable de l'exploit de voir non seulement Liam en costume, mais qui va en plus faire un discours ! Je vous avoue que je suis impressionnée. Elle finit sa phrase dans un léger rire cristallin et monsieur Weills l'accompagne.

 Tout en rigolant légèrement, elle ne me quitte pas des yeux, et serre un peu plus Liam contre elle, à croire qu'elle essaie de faire passer un message subtil... L'intéressé se décale légèrement. Je le regarde droit dans les yeux, si j'étais blessée au départ de le voir collé à cette dinde (oui elle est passée de déesse à dinde en moins de cinq minutes), maintenant, je suis en colère, il aurait dû la lâcher à la minute où il m'a vu ! Bien ! voyons ce qu'il a à répondre à cette soi-disant blague.

— Un exploit, n'exagère pas non plus. Et puis je suis là pour l'association. 

Liam a détourné le regard à la fin de sa phrase.

La dinde en rajoute.

— Oh, je n'exagère rien du tout, lorsque nous vivions ensemble, tu n'avais pas une seule chemise dans ton armoire ! Oh allez, ne boude pas mon chou, je te taquine, ce n'est rien. Et là elle pose sa main sur son visage, Liam me regarde presque instantanément, et retire sa main. Trop tard « mon chou », le mal est déjà fait... que m'a-t-il dit déjà au sujet de la confiance ? Apparemment ça ne vaut que pour moi ce genre de reproche. Mon cœur déjà bien amoché vient de se prendre un bel uppercut. Il a vécu avec elle... je ne peux m'empêcher d'avoir des images d'eux dans l'appartement de Liam, pourquoi me l'a-t-il caché ? J'ai l'impression qu'un trou s'est formé dans ma poitrine, et je manque un peu d'air, je remercie ma psy pour ses techniques de gestion des angoisses, je me reprends. Je n'ai pas envie de continuer cette conversation, ni même d'être près de Liam. Alors je leur souhaite à tous trois une bonne soirée, et je me dirige vers la scène, même si, en réalité j'ai envie de me cacher quelque part. Il m'a menti par omission, là où moi j'ai été le plus honnête possible, je me rends compte que je me suis ouverte, je lui ai fait confiance aveuglément. J'ai accepté ses reproches, j'ai essayé de m'améliorer, mais lui ? Qu'est-ce que je sais de sa vie finalement ?

Je monte sur scène et invite les convives à rejoindre leur table, leur dîner va leur être servi, fais un signe au chef d'orchestre pour qu'il lance la mélodie d'ambiance. Puis je me dirige vers la cuisine, j'ai besoin de me calmer, et de me recentrer sur le gala.

Je me serre un verre d'eau, et lève le visage en l'air, je ne dois pas pleurer, je dois réussir à faire abstraction de tout ça, au moins ce soir.

— Ce n'est pas sa meuf, tu sais... Je sursaute et découvre Charly derrière moi, il a l'air inquiet et ça me touche.

— Enfin, il l'a sûrement bai... Je le regarde de travers et il s'arrête tout de suite. Enfin ils ont dû avoir une histoire, mais il s'en tape de cette meuf. Elle est bonne et tout c'est vrai, mais il a essayé de lui échapper quasiment tout le début de soirée, elle l'a épinglé juste avant que vous vous rencontriez. Je voulais que tu le saches. Même si ça me dégoûte de vous voir ensemble, vous allez bien ensemble. Charly baisse la tête, et me sourit timidement.

Je trouve adorable qu'il essaie de me réconforter, alors, spontanément, je lui fais un câlin, il a d'abord l'air surpris, et ses gestes sont gauches, mais se laisse faire. Je me détache de lui et lui sourit sincèrement.

— Merci, merci, Charly, tu es adorable.

Sans le savoir, cet adolescent vient de me donner un peu de baume au cœur, et je lui en suis vraiment reconnaissante.

— L'entrée va être quasiment fini, monsieur Weills doit faire son discours. Je vais aller l'annoncer. S'il te plaît Charly, n'oublie pas te t'amuser ce soir, c'est aussi ta fête mon grand.

DANS MA MEMOIREOù les histoires vivent. Découvrez maintenant