Chapitre 36

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Je vérifie rapidement du regard si nous n'avons rien oublié, quand Sylvia me tape sur l'épaule.

— C'est fini pour moi, on a tout remballé. On va y aller.

— OK, merci pour tout, Sylvia, c'était super, et tout le monde a été bluffé par tes desserts, merci mille fois.

— Il n'y a pas de quoi, c'était un défi pour moi de mettre au point ce repas. Franchement je suis contente que ça ait plu.

— Et je voulais te remercier pour ton soutien ce soir. D'ailleurs à ce propos, ça s'est arrangé. On a pu discuter. Je me confis timidement.

Sylvia me souris.

— Je le savais, tu sais, ça me ferait vraiment plaisir qu'on se voit plus souvent ! On pourrait faire des trucs de filles. Et elle se marre. Ça me fait plaisir de voir que tu t'ouvres enfin au monde ma jolie.

— Ça me ferait vraiment plaisir aussi ! On s'appelle bientôt ?

Sylvia me fait oui de la tête, m'envoie un bisou et pars en direction de sa camionnette.

Josh discute avec les quelques éducateurs qui sont encore dehors, je m'approche et lui fait signe que je vais chercher nos affaires. Il hoche la tête et poursuis sa conversation.

Je me dirige vers le gymnase en passant par la terrasse de la maison principale, je suis perdu dans mes pensées quand mon chemin croise celui de... Farah. Oh non, je n'ai pas envie de lui parler, je suis fatiguée...

— Oh, mademoiselle Osborne, vous cherchez quelque chose ? Ou quelqu'un peut-être ? me demande-t-elle sur un ton affable.

— Non, je me rendais au vestiaire du gymnase pour récupérer nos affaires. Vous avez passé une bonne soirée ?

Je me sens obligée de lui faire la conversation, après tout c'est la fille de monsieur Weills.

— Comme tout le monde, non ? Son ton n'est pas agressif, mais je sens qu'il y a un malaise. En tout cas je comprends mieux comment vous avez réussi à faire porter un costume à Liam ce soir...

Est-elle en train de me faire une scène de jalousie ? C'est très curieux, elle a un regard perçant qui me déstabilise un peu, pourtant son ton paraît cordial. Cette femme est sournoise...

— Pardon ? Je ne comprends pas...

Oui je n'ai trouvé que ça à dire, qu'aurais-je pu répondre de toute manière, je ne sais pas où elle veut en venir.

— Oh s'il vous plaît, ne jouez pas les candides avec moi ! Je vous ai vu dans ses bras tout à l'heure. Et puis, honnêtement, il suffit de voir comme vous le regardez !

— Je ne crois pas que ma relation ne vous concerne en quoi que ce soit... pardonnez-moi, mais je suis fatiguée et j'aimerais rentrer chez moi.

J'essaie de forcer le passage, mais Farah m'attrape le bras, et, lorsqu'elle s'adresse à moi, je sens dans son haleine une odeur puissante d'alcool.

— Vous ne savez pas à quel homme vous avez affaire, savez-vous pourquoi notre histoire s'est terminée ? me demande-t-elle soudain un peu plus agressive.

— Écoutez mademoiselle Weills, je suis désolée, mais ça ne me concerne pas. Ma réponse se veut ferme. J'essaye une nouvelle fois de me dégager de son emprise. Alors, laissez-moi passer...

— Vous devriez m'écouter, parce qu'au contraire ça vous concerne. Voyez-vous, Liam m'a confié un jour qu'il avait perdu l'amour de sa vie, et que jamais plus il n'aimerait quelqu'un comme il l'a aimée elle ! Alors, si ça vous convient d'être un lot de consolation... en tout cas très peu pour moi ! Finit-elle avec un rire mesquin.

DANS MA MEMOIREOù les histoires vivent. Découvrez maintenant