Chapitre 11 : Ella

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Je ne comprends pas.

Je suis entrée dans son bureau, convaincue d'en ressortir avec une lettre de licenciement. Pourtant, contre toute attente, il me propose une alternative. Une chance de ne pas être renvoyée.
Mais à quel prix ?

Car son regard perçant ne laisse aucune place au doute : c'est un ultimatum. Mon patron, l'exemple même du professionnalisme, me fait du chantage. Que cache-t-il derrière ce visage de façade ? Peut-être est-il un détraqué sexuel ?

-Quel genre de service ?

Il se lève lentement, contourne le bureau et vient s'y asseoir, juste en face de moi. Ses gestes calculés n'apaisent pas ma peur.

-Il s'agit d'un simple service, m'explique-t-il. N'ayez pas peur. Je ne suis pas un psychopathe.

Il esquisse un sourire, visiblement amusé par ma suspicion. Cette expression adoucit momentanément la dureté de ses traits. Même dans ce contexte tendu, sa beauté me trouble. Il dégage une froideur presque magnétique... glaçante, mais fascinante.

-Je vais aller droit au but. Monsieur Milton m'a invité à passer un week-end dans sa maison secondaire.

Je fronce les sourcils. Quel rapport avec moi ?

-Je ne peux pas y aller seul. J'ai besoin d'une compagnie.

-D'une compagnie ? répété-je incrédule.

-Oui. J'aimerais que vous veniez avec moi. Vous m'avez offert un avant-goût hier soir. J'aimerais... en voir davantage.

Un avant-goût ? J'ai bien entendu? Mes oreilles sifflent.

-Quel genre d'avant-goût ? vérifié-je.

-Vous savez très bien de quoi je parle. Inutile de rentrer dans les détails.

-Les détails sont précisément ce qui m'intéresse.

-Pour vous. Pour moi, cela ne change en rien ma proposition : tenez moi compagnie durant ce week-end et vous gardez votre poste. Je vous conduirai et vous ramènerai, vous n'aurez à vous occuper de rien. Juste d'être à mes côtés.

Mon visage devient rouge pivoine. Lui tenir compagnie ? Être à ses côtés, comme une sorte d'escort de luxe, parce qu'il a été un peu trop excité la veille ?
Qu'il aille au diable.

Je me lève brusquement, le regard enflammé :

-Peut-être avez-vous l'habitude que les femmes se plient à vos caprices, séduites par votre physique ou votre statut. Mais je ne suis pas ce genre de femme, Monsieur Lewis.

-Non, je-

-Ce que vous me proposez est inacceptable. Profiter de votre position pour me suggérer un week-end en tête-à-tête, sous-entendant je ne sais quels désirs... Je préfère être renvoyée que de céder à votre chantage de pervers !

Sans une parole supplémentaire, je me dirige vers la porte d'un pas furieux. Mais je n'ai pas le temps de l'atteindre : sa main se referme sur mon poignet.

-Je ne veux en aucun cas vous mettre dans mon lit ! me retient-il sèchement.

Sa voix fend l'air. Son regard brûlant me cloue sur place. Mon accusation l'a blessé... ou vexé. Peut-être les deux.

-C'est un week-end de travail, précise-t-il. Si ça vous rassure de le voir ainsi. Il n'y a aucune arrière-pensée. J'aimerais que vous m'accompagniez simplement parce que vous me semblez... être une bonne compagnie.

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