Chapitre 26 : Jack

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Mon souffle est irrégulier.

Je n'aurais jamais dû faire ce stupide pari avec Ella. Je la revois, défiant mon regard avec ses yeux bleus, vêtue de cette salopette qu'elle avait choisie pour l'occasion :

-Cap ou pas cap de monter nos cartons par l'escalier. Interdiction d'utiliser l'ascenseur.

-Cap! Ce sera un jeu d'enfant.

-C'est ce qu'on va voir.

Je regrette amèrement ma réponse alors que j'aperçois le quinzième étage. Ma fierté aurait dû se taire.
La sueur perle sur mon front, ma respiration saccadée trahit mes efforts. L'image du gentleman sophistiqué s'est envolée. Encore une fois, j'ai perdu le contrôle, encore une fois à cause d'elle, et pourtant, pour mon plus grand bonheur.

J'atteins la dernière marche et puise dans mes forces pour ouvrir la porte.
Ella m'attend, un sourire illuminant son visage.

-Pas trop dur ? se moque-t-elle.

Je lui lance un regard mauvais et elle éclate de rire.
Mes muscles me brûlent, mes jambes flanchent. Je déteste me ridiculiser. Foutu déménagement!
Mais je pense à ce qui m'attend, à ce qui nous attend. Et soudain, je suis le plus heureux des hommes. Tous les matins, elle sera là, à mes côtés. Toutes les nuits, dans mes bras.
À ses côtés, je suis comblé. Il n'y a pas un jour sans rire, sans taquinerie. Nos vies sont pleines de défis, comme le jour de notre première rencontre.

-C'est facile de se moquer, lui dis-je.

-C'était trop tentant. Comment c'est possible que l'homme d'affaire le plus sexy de Manhattan transpire ? Il n'est donc pas parfait ?

-Oh que non. J'ai bon nombre de défauts, tu les découvriras en vivant avec moi.

Je l'attrape par la taille et elle sourit.

-Je suis impatiente de découvrir tes petits secrets, sourit-elle.

Elle m'embrasse doucement en passant ses mains autour de mon cou. Sa bouche est si douce, si enivrante.
Je lui susurre à l'oreille:

-C'est un enfer de savoir que je ne peux pas t'enlever cette salopette avant la fin du déménagement.

Elle attrape aussitôt le col de mon t-shirt, le regard incandescent. Mes pieds s'emmêlent maladroitement dans les cartons posés au sol.

-Cap ou pas cap de me la retirer ? me propose-t-elle.

Une bouffée de chaleur explose dans mon ventre, mais je laisse le désir en suspens. Au lieu de ça, je plonge intensément dans ses prunelles, cet océan de bleu, ce pont vers la folie.

-J'ai une bien meilleure proposition.

Ma voix la fait frémir. Entre mes bras, son odeur m'enivre. C'est elle, rien qu'elle.
Pour le lui prouver, je lui demande :

-Cap ou pas cap de devenir Ella Lewis?

Ce n'est pas qu'un défi. Je suis sincère, et elle devine cette vérité dans l'honnêteté de mon regard.
Quelques instants, quelques secondes, elle se perd dans mon regard. Encore.
Et encore.
Ses yeux dans mon âme. Mes yeux pour son cœur.

Puis un frisson parcourt ma peau quand elle répond, pleine de malice :

-Cap si tu m'enlèves cette salopette sur-le-champ!

Je ris fortement et je me perds dans ses baisers.

Un jeu de tropDes histoires addictives. Découvrez maintenant