Chapitre 14 : Jack

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Bon, ok.

Ce n'est pas galant de ne pas avoir accompagné Ella. J'aurais préféré mille fois être enfermé avec elle dans la voiture plutôt que de gérer des urgences professionnelles. J'aurais pu lui parler, apprendre à la connaître.
Depuis, notre dernier échange, je ne fais que penser à elle.

Alors, dès que j'ai vu la voiture franchir le portail de la villa, j'ai laissé tomber mes dossiers pour la rejoindre. Or, je ne m'attendais pas à la trouver avec ce... string ? C'est un string qu'elle tient entre les mains ?

-Bonjour, me salue-t-elle en rougissant.

Elle cache le bout de tissu derrière son dos même si nous savons tous les deux que je l'ai vu.

-Vous avez fait bon voyage ? dis-je en ignorant cet épisode.

-Oui, merci pour la voiture. J'aurais pu prendre un taxi.

-Vous êtes mon invitée.

Je lui tends la main pour l'aider à sortir. Sa paume touche la mienne. Un contact simple. Trop bref.
À contrecœur, je la relâche pour contourner la voiture et récupérer sa valise. Comme le reste de la voiture, le coffre est un chaos. Alfredo n'a manifestement pas suivi mes consignes de nettoyage.

-Je peux prendre ma valise, me fait-elle remarquer.

-Vous êtes mon invitée.

-C'est la deuxième fois que vous le dites.

-Ce n'est que la vérité. Nous sommes ici dans un cadre professionnel, certes, mais je suis à l'origine de votre présence. Vous avez accepté mon invitation. Je vous dois bien quelques attentions.

-Je les accepte volontiers.

Nous marchons côte à côte dans l'allée ombragée qui mène à la villa de Nick. De hauts cyprès encadrent notre passage tandis qu'un souffle tiède de fin d'été nous effleure.
Ella prend le temps de regarder autour d'elle. Sa robe jaune épouse sa silhouette avec une élégance désarmante. Elle passe une main distraite dans ses cheveux châtains et, l'espace d'un instant, le monde entier se réduit à ce geste.
Un désir brut traverse ma poitrine.
Je me souviens du bar. De cette tension entre nous. De ses yeux.
Elle est toujours aussi hypnotisante.

Mais je suis son supérieur. Et elle, sans doute, ne me perçoit pas comme je la vois.
Et puis, après ce que je lui ai fait... je doute qu'elle m'ait pleinement pardonné.

Au bout de l'allée, la villa de Nick se dresse dans toute sa démesure. Elle est d'une blancheur aveuglante, la même couleur que les dents éclatantes de mon associé.

-C'est somptueux, commente Ella.

Gigantesque serait plus approprié. La demeure affiche sans retenue les millions de son propriétaire : des dizaines de chambres, deux piscines, un home cinéma, une salle de sport, un spa... Nick Milton ne connaît pas la mesure.
Mon père, lui, n'avait pas ces goûts tapageurs. Nous vivions dans un loft en plein cœur de Manhattan. C'était confortable, fonctionnel... mais vide. Sans âme.

-C'est du grand Milton, je commente à mon tour.

Nous arrivons devant l'imposante porte d'entrée. Ni elle ni moi ne faisons un geste.
Une fois ce seuil franchi, notre parenthèse prendra fin. Les invités, les collaborateurs, les rires forcés et les mondanités viendront noyer notre moment.

Pour retarder l'échéance, je laisse échapper la question qui me brûle les lèvres depuis que je l'ai vue dans la voiture.

-Pourquoi aviez-vous ce sous-vêtement rose entre les mains ?

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