Mon souffle est irrégulier.
Mes jambes m'ont portée jusqu'ici, poussées par un élan que je ne contrôlais plus. Par mon cœur, surtout. Je suis entrée dans les locaux, persuadée qu'il serait là. Je l'ai appelé, encore et encore, son prénom s'est noyé dans les couloirs vides. Il n'était pas dans son bureau. Pas dans les salles de réunion. Pas dans le silence froid de l'accueil.
Mais dans le mien... des pas. Je me retourne aussitôt.
Il est là.
À l'opposé de moi.
Malgré la distance, ses yeux verts me brûlent la peau.
Les manches de sa chemise sont retroussées, ses cheveux en désordre, son souffle court. Il a couru. Ce n'est pas le patron intransigeant que j'ai devant moi, mais un homme désespéré. Son visage est marqué par la fatigue et la tristesse.
Ma bêtise me serre la gorge, je dois me réparer.
La nuit enveloppe nos corps. Elle est silencieuse, mais elle attend nos mots. Elle est prête à écouter.
-J'ai été bête Jack.
Il ne dit rien, il me laisse parler.
-Bête d'avoir pensé à ta place. Bête d'avoir cru qu'en t'éloignant, je te protégeais. Que ta vie serait meilleure sans moi.
Un sourire naît au bord de ses lèvres.
-Mais je n'ai pas été bête sur une chose, reprends-je, la voix plus ferme. Celle de comprendre que ton geste m'a bouleversée. Tu as su ce dont j'avais besoin avant même que je le réalise. Tu viens de changer ma vie, Jack. Et ce serait idiot de ne pas vouloir la vivre à tes côtés.
Des mètres nous séparent, un gouffre. Mon cœur me crie d'être dans ses bras mais j'attends sa réaction.
-Ella... j'ai fait ça pour toi.
Il marque une pause.
-Depuis notre première rencontre, depuis ce regard échangé dans ce fichu bar... je me suis juré de te rendre heureuse. Même si ça voulait dire m'éloigner.
Ses paroles redonnent de la saveur à la nuit. Je les entends délicieusement.
-Au début, j'ai cru que ce qui nous liait n'était qu'un désir passager. Mais je me mentais. Il n'y a pas eu un seul jour sans que je pense à toi. Pas un.
Pas un.
-Dès que tu entres dans une pièce, dès que tu me regardes, je tombe un peu plus. Je pensais que ça faisait de moi un homme faible. Mais non. C'est toi qui me rends plus fort. Tu es imprévisible... et j'aime ça.
Il fait un pas dans ma direction, puis un autre.
-Je veux que ton passé fasse partie de ma vie. Qu'il nous endurcisse, qu'on y fasse face ensemble.
Ses mots vibrent en moi. Ce sont ceux que j'ai tant espérés.
-Je ne peux pas rester là, à espérer que tu me reviennes. Je veux me battre pour toi. Je veux t'avoir près de moi. Je veux vieillir à tes côtés.
Je souris. Ce sourire idiot que l'amour arrache sans prévenir.
-Je veux sentir ton odeur. Je veux passer ma main dans tes cheveux, t'entendre rire, te faire l'amour tous les jours. Je veux te revoir avec ce string rose ou ma cravate entre les mains!
Je ris, malgré moi.
-Je t'aime.
Je t'aime.
Trois mots. Trois coups de tonnerre dans ma poitrine.
Nous sommes à l'opposé. Mon sourire ne s'efface pas sur mon visage.
Et je fais un pas lentement.
Puis un deuxième plus rapide.
Un troisième plus enjoué.
Et je saute dans ses bras.
Il me serre fermement contre lui, son cœur battant à tout rompre contre le mien.
Nous nous regardons, nous nous sourions, nous nous aimons.
-Enfin, soupire-t-il.
-Pardon d'avoir été si bête et de t'avoir laissé sous la pluie.
-Tu es pardonné, me sourit-il. Par contre, tu n'es pas mal dans le genre mélodramatique... Je prends bonne note pour nos futures disputes.
-Futures disputes ? Tu pars du principe qu'il y en aura ?
-Oh que oui. Tu es imprévisible et je suis un fou du contrôle.
-Quelle idée de tomber amoureuse de toi.
-Amoureuse? Alors je dois comprendre que tu m'aimes ?
-Tu as ta réponse sous les yeux.
Je souris et il n'attend pas pour m'embrasser avec fougue. Je gémis de bonheur contre sa bouche.
Un vrai feu d'artifice.
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Un jeu de trop
RomanceLe jour de son anniversaire, Ella se fait brutalement larguer. Blessée, elle ne croit plus en l'amour. Pour lui remonter le moral, ses amis l'entraînent dans une soirée arrosée et lui lancent un défi audacieux : retirer la cravate d'un mystérieux br...
