Bon, ok.
J'aurais pu faire mieux. Mon entretien individuel a été catastrophique. Je me suis effondrée dans les bras de mon patron après l'avoir incendié. J'ai été totalement irresponsable mais je n'ai pas pu me contrôler.
J'étais une grenade dégoupillée depuis le départ d'Ethan. Il suffisait d'une étincelle pour que tout parte en vrille. Et c'est tombé sur lui.
Ce que je ne m'explique toujours pas, c'est sa réaction.
Il m'a réconforté.
Il n'a pas fait semblant pour que me taise et que je déguerpisse rapidement de son bureau. Non, c'était sincère. Et ça ne collait pas à l'image froide et autoritaire du grand patron qu'il incarne à la perfection.
Il aurait pu me virer sur-le-champ. Mais non : il s'est excusé.
Je ne m'y attendais pas. Alors, prise de court, j'ai accepté sa proposition. Ironique, non ? Après la scène que je lui ai faite...
Je ne sais pas ce qui m'a poussée à dire oui. Le ton de sa voix ? La sincérité de son regard ? Peut-être les deux. En tout cas, les mots ont franchi mes lèvres sans que je ne les contrôle.
Et cela fait une semaine. Depuis, je l'ai croisé une seule fois dans les couloirs. Il était au téléphone, l'air absorbé. Il ne m'a même pas vue.
Alors que moi, je ne voyais que lui.
Costume ajusté, démarche assurée, regard fixe. Il dégage une autorité naturelle. Et pourtant... j'ai entrevu quelque chose d'autre dans nos échanges. Une douceur qu'il cache soigneusement derrière sa carapace de chef implacable.
Ce matin, le soleil inonde la ville. Je fais la queue dans le café du coin avec mon collègue Henri.
Nous attendons notre tour, en écoutant la conversation des deux femmes devant nous.
-Monsieur Lewis est passé dans notre bureau ce matin, raconte l'une d'elles avec une pointe d'excitation. Il avait enlevé sa veste, il était si beau ! Je ne voyais plus que lui. Dommage qu'il soit en couple...
Mon corps se tend aussitôt.
-Il n'est pas en couple, contredit l'autre.
-Il ne sort pas avec la fille de Nick Milton ?
-Pas encore.
Je grimace à l'idée que Lisa puisse sortir avec le grand patron. Les deux employées pouffent de rire en récupérant leur commande mais s'arrêtent net. Jack Lewis vient d'entrer dans le café. Sa prestance absorbe tout l'air de la pièce.
Il est saisissant.
-Bonjour ! lance l'une d'elles en passant à ses côtés. Vous venez chercher votre café ?
-Oui, répond sa voix grave. On m'a conseillé cet endroit.
-Vous ne serez pas déçu. Bonne dégustation !
Elles quittent la boutique en riant, visiblement ravies d'avoir pu échanger quelques paroles avec Monsieur Lewis. Ce dernier fait la queue, les mains enfoncées dans les poches. Il ne m'a pas remarqué mais je ne vois que lui.
Henri et moi récupérons nos cafés. Mon cœur s'emballe lorsque nous passons à côté de lui.
-Bonjour, le salue poliment Henri.
-Bonjour.
Ses yeux croisent les miens. Un éclat de surprise traverse son regard.
-Vous êtes là.
-Bonjour.
Je lui souris timidement, encore un peu gênée par nos derniers échanges. Lui ne s'en soucie pas. Il ne me sourit pas, il ne parle pas, non. Il me regarde simplement.
Quelques secondes.
-Nous devons y aller, finit par dire Henri.
-Bien sûr.
Il s'écarte pour nous laisser passer. Une fois dehors, Henri s'exclame :
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Un jeu de trop
RomanceLe jour de son anniversaire, Ella se fait brutalement larguer. Blessée, elle ne croit plus en l'amour. Pour lui remonter le moral, ses amis l'entraînent dans une soirée arrosée et lui lancent un défi audacieux : retirer la cravate d'un mystérieux br...
