Chapitre 52 : Illusion.

59 3 0
                                        


Chapitre 52 : Illusion.

Tout avait si bien commencé. Mais l'illusion d'une soirée parfaite se brisa en un claquement de doigts. Isaac, riant encore d'une blague absurde de Stiles, mit quelques secondes de trop à remarquer que quelque chose n'allait pas. Lorsqu'il balaya le jardin du regard, son sourire s'effaça. Il scruta la foule agitée, cherchant une silhouette familière, une présence constante à ses côtés. Alec. Il fronça les sourcils. Où était Alec ? La panique lui grimpa à la gorge, brutale, étouffante.

Il savait. Il savait que Derek allait débarquer en furie après cette foutue photo — pas seulement pour marquer son territoire, mais aussi pour s'assurer qu'Alec rentre sain et sauf à l'appartement. Et Isaac n'osait pas imaginer ce qu'il ferait s'il constatait qu'Alec avait disparu. Se mordant la lèvre, Isaac commença à arpenter la foule, bousculant quelques invités sans un mot d'excuse, le cœur battant à tout rompre.

Pendant ce temps, à l'étage déserté, Alec s'était réfugié dans l'ancienne chambre d'adolescent de Lydia. Il s'était échappé du tumulte, des rires qui résonnaient comme des échos déformés dans son esprit embrumé. Étourdi, le mal de tête lui tambourinant contre les tempes, il s'était laissé tomber sur le lit moelleux, les bras enserrant ses jambes repliées contre sa poitrine. Sa gorge se serrait sans qu'il comprenne pourquoi. Un frisson le traversa, glaçant, irrationnel. Il avait froid, malgré la chaleur étouffante de la pièce. Son cœur battait trop vite, ses mains tremblaient sans qu'il puisse les arrêter.

« Qu'est-ce qui m'arrive... » murmura-t-il dans un souffle, incapable de calmer cette vague de malaise qui le submergeait.

Son esprit vacilla. Était-ce à cause du punch ? Cette pensée, floue, se heurta contre le mur de sa peur grandissante. Il avait mal à la tête, il avait du mal à respirer, comme si l'air lui échappait, comme si quelque chose de terrible rôdait juste derrière lui.

Et c'est alors qu'il sentit une présence.

À l'entrée de la chambre, une silhouette. Grande. Massive. Trop familière.

Alec eut un mouvement de recul instinctif, son corps se heurtant brutalement à la tête de lit. Son souffle se bloqua dans sa gorge alors qu'il reconnaissait l'ombre, cette posture, cette aura glaciale qu'il aurait cru ne plus jamais revoir.

« Tu as été insolent aujourd'hui, Alexander. »

La voix fendit l'air comme une lame, tranchante et glaciale. Alec sentit son estomac se contracter douloureusement, une nausée brutale lui montant à la gorge. Non. Ce n'était pas possible. Il était censé être mort. Mort en intervention. Il l'avait vu de ses propres yeux, il avait pleuré, il avait pleuré jusqu'à s'effondrer. Alors pourquoi était-il là ?

La terreur le submergea entièrement. Les larmes lui montèrent aux yeux, brûlantes, incontrôlables. Son corps tout entier se mit à trembler violemment, incapable de répondre autrement à cette peur primale. Il tenta de se recroqueviller encore plus dans le coin du lit, comme si l'enfermement pouvait le sauver. Sa hanche, là où une vieille cicatrice lui marquait encore la peau, se mit à le lancer avec une brutalité atroce. Un gémissement de douleur s'échappa de ses lèvres.

La silhouette avança d'un pas, implacable.

« J'adore t'entendre gémir de douleur. » La voix était froide, déshumanisée. « Voir ton visage effrayé. Tu as cru qu'il était possible de m'échapper ? »

Alec sanglota, secoué par des spasmes incontrôlables. Chaque mot frappait contre ses défenses fragiles, l'enfonçant plus profondément dans l'illusion, dans ce cauchemar vivant.

Don't get LostDes histoires addictives. Découvrez maintenant