Chapitre 55 : Simple, rapide, anodin. Mon cul, oui !

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Chapitre 55 : Simple, rapide, anodin. Mon cul, oui !

Les jours avaient filé sans grandes catastrophes, comme une trêve bienvenue après le chaos. Alec les avait vécus comme une sorte de bulle étrange, suspendue, où chaque instant de calme lui semblait presque irréel, presque fragile.

Le lendemain de la bataille, alors qu'il avait espéré pouvoir se laisser porter par la fatigue et le besoin désespéré de normalité, Derek avait imposé une toute autre priorité : son état de santé. Alec avait d'abord protesté, râlé, tenté de négocier, mais Derek avait été inflexible, et il n'avait eu d'autre choix que de monter dans la voiture pour se rendre au cabinet médical.

Assis sur la table d'examen, en jean et sweat-shirt, Alec triturait nerveusement l'ourlet de sa manche lorsqu'il vit le médecin entrer. Ce dernier, en posant les yeux sur sa jambe libérée de toute attelle, avait blêmi avant d'exploser de colère.

« Vous êtes complètement inconscient, Alec ! » avait tonné le docteur, ses mains gesticulant dans tous les sens. « Vous auriez pu aggraver la fracture ! Vous auriez pu tout ruiner ! »

Alec, rouge de honte, avait baissé la tête, se sentant à la fois comme un petit garçon pris en faute et un idiot incapable de défendre ses propres choix. Il n'avait rien dit, laissant le médecin faire ses examens avec des gestes vifs et agacés. Finalement, après un long soupir et des tests douloureux sur la flexibilité de sa jambe, le verdict était tombé.

« Heureusement pour vous, la guérison est presque complète. L'os est solide. Mais la rééducation est non négociable. »

Alec avait gémi, s'effondrant presque dramatiquement sur la table sous le regard triomphant de Derek qui, adossé à la porte, croisait les bras sur son torse nu et souriait d'un air beaucoup trop satisfait.

« J'aurais préféré une fracture ouverte, sérieux... » avait marmonné Alec, tirant un éclat de rire discret à Derek.

La journée avait continué sur cette note, légère malgré tout, et Alec, une fois rentré, avait trouvé refuge dans des activités plus simples. Lui et Isaac s'étaient installés sur le canapé, manettes en main, pour s'affronter sur la PlayStation. Alec riait aux éclats, son cœur vibrant de cette normalité qu'il avait crue perdue à jamais, oubliant tout, savourant ce moment de répit avec la naïveté d'un enfant qui refuse de penser au lendemain.

Et puis, on avait sonné à la porte.

La musique du jeu s'était estompée dans un bruit de fond flou. Alec s'était levé d'un bond, toujours énergique, courant presque jusqu'à l'entrée sans se poser de question. Il n'avait même pas réfléchi : Derek était sous la douche, donc c'était à lui d'ouvrir. Simple, rapide, anodin.

Mais quand il ouvrit la porte, tout l'air sembla être aspiré hors de la pièce.

Peter Hale se tenait là, un sourire en coin accroché à ses lèvres comme une mauvaise plaisanterie.

« Bonjour Alec. »

Le monde bascula.

Un cri, bref et aigu, s'échappa des lèvres d'Alec malgré lui, trahissant la terreur pure, viscérale, qui l'avait submergé. Ce fut ce cri qui fit apparaître Derek dans l'entrée, débarquant en serviette, encore dégoulinant, les yeux écarquillés par l'alerte.

Son regard alla immédiatement de Peter à Alec, et Alec put voir la colère monter dans les yeux de Derek comme un orage noir. Mais avant que la tempête n'éclate, Peter, tout sourire, leva les mains en signe de paix.

« J'peux tout t'expliquer, Alec... » dit-il, la voix mielleuse, presque moqueuse.

L'explication avait été... insupportable. Alec écoutait d'une oreille, son cœur battant toujours à tout rompre, son esprit luttant pour ne pas s'enfermer dans un réflexe de panique. Peter, miraculeusement en vie, avait "besoin d'un toit temporairement", avait dit Derek, sans oser vraiment croiser son regard. Alec avait eu l'impression d'être trahi, d'être plongé dans un cauchemar dont il ne comprenait pas les règles.

Don't get LostDes histoires addictives. Découvrez maintenant