Chapitre 53 : Ça commence.
Le tic-tac de l'horloge résonnait dans le salon comme un coup de poignard lent et cruel. Chaque seconde qui s'écoulait enfonçait Alec un peu plus dans un gouffre d'angoisse qui lui broyait la poitrine. Il était midi passé, et Derek n'avait toujours donné aucune nouvelle. Pas un message, pas un appel. Le téléphone restait obstinément silencieux malgré les dizaines de tentatives d'Alec. À chaque fois qu'il appuyait sur la touche d'appel, il retenait son souffle, priant intérieurement pour entendre la voix de Derek... mais seul le vide lui répondait. Une sonnerie interminable. Puis la messagerie. À force, Alec avait l'impression de devenir fou.
Isaac était resté à ses côtés sans bouger, à l'observer avec cette inquiétude muette qu'il avait appris à reconnaître. Il avait essayé de l'occuper, de le calmer, mais rien n'y faisait. Alec était comme un fil tendu à craquer. Dès le matin, il avait bataillé contre Isaac, suppliant, hurlant presque, pour qu'ils sortent ensemble et partent chercher Derek. Mais Isaac avait refusé avec douceur, avec fermeté aussi.
« Alec... dans ton état, c'est trop dangereux. »
Alec se souvenait encore de la rage qui l'avait saisi à cette réponse. De la peur dévorante qu'Isaac ne comprenait pas. Qu'il ne ressente pas, dans ses tripes, cette sensation de manque, ce trou béant laissé par Derek. Son cœur battait si vite, si fort, qu'il en avait la nausée.
N'ayant pas d'autre choix, Alec avait fini par appeler Erika et Boyd. Leur voix familière à l'autre bout du fil avait été une maigre consolation. Il leur avait demandé, supplié presque, de partir à la recherche de Derek. Ils avaient promis. Ils avaient juré. Et pendant une heure, Alec avait tenu bon, suspendu à leurs messages, à leurs appels rapides, qui disaient « On cherche encore », « Rien pour l'instant », « T'inquiète, on va le trouver. »
Puis plus rien.
Plus de nouvelles.
Un silence terrible, implacable.
Alec fixait son téléphone, les yeux brûlants de fatigue et de larmes refoulées. Il se sentait impuissant, inutile, piégé dans un corps encore meurtri, dans un plâtre encombrant, entravé par sa propre faiblesse. Midi passa, le début d'après-midi s'installa comme un poids lourd sur ses épaules. Le soleil dehors n'avait aucune importance. Le monde entier semblait s'être effondré, et Alec était incapable d'en empêcher la chute.
Il serra les poings jusqu'à sentir ses ongles s'enfoncer dans sa paume. Isaac, assis à côté de lui sur le canapé, gardait un œil sur lui, prêt à intervenir au moindre signe de panique. Mais Alec ne paniquait pas. Pas comme avant. Non, cette fois, il était calme. D'un calme glacial et déterminé qui glaça Isaac sur place lorsqu'Alec tourna vers lui un regard vide.
« Isaac... » murmura-t-il d'une voix basse, étranglée. « Apporte-moi un couteau tranchant. »
Le visage d'Isaac pâlit aussitôt, ses yeux s'agrandissant de peur.
« Pourquoi faire, Alec ? » demanda-t-il, hésitant, presque terrifié par ce qu'il pourrait entendre.
Alec, tremblant mais déterminé, le fixa droit dans les yeux.
« On va enlever ce satané plâtre. »
Il n'y avait aucune place pour la discussion. Aucun espace pour la prudence ou la logique. Alec était arrivé au bout de ce qu'il pouvait supporter. Il avait besoin de bouger. De chercher. De faire quelque chose. Sinon il allait exploser de l'intérieur.
Isaac disparut un instant, revenant rapidement avec un couteau de cuisine, long, affûté, dont la lame semblait presque vibrer entre ses doigts nerveux. Ils s'installèrent dans la salle de bain, là où la lumière était meilleure, et commencèrent à attaquer méthodiquement le plâtre rigide. C'était lent, terriblement lent. Chaque coup de lame progressait à travers les couches épaisses, chaque mouvement était accompagné d'une vigilance extrême pour ne pas entailler la peau fragile d'Alec.
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Don't get Lost
FanfictionAlexander Martin, un pompier-professionnel de 20 ans, revient à Beacon Hills, après deux année passer à Los Angeles, pour protéger sa sœur Lydia, qui craint plus que tout les nombreux meurtres en ville. Alec, découvre l'existence des êtres surnature...
