51/ Retrouvailles

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CHAPITRE INEDIT

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Vous vous attendiez peut-être à une pause "heureux des retrouvailles" en mode chaleur au maximum, et bah non ! On sait se tenir quand même...

Sortant du Perroquet, nous marchons un instant, silencieux. Peut-être que lui aussi a besoin de réaliser ce qu'il se passe... Je nous guide naturellement vers le camping où je séjourne.

— T'as loué un truc dans le coin ? demande-t-il finalement.

— Ouais, un Mobil'home juste là, avec mes copines. Oh pu-tain ! J'ai oublié de les prévenir que j'étais partie !

Je m'affole tout en prenant ma tête entre mes mains. Bordel, je suis trop conne !

— Ça va, elles vont s'en remettre, rit-il.

— Ça se voit que tu ne les connais pas. Dans cinq minutes, Alex va appeler tous les hôpitaux du coin. Dans dix, Morgane appelle la morgue.

— Rassure les. Je ne suis pas un dangereux psychopathe...

Je le regarde qui s'amuse de la situation, puis prends mon téléphone. Dans un premier temps, j'appelle Alex.

Bordel, mais t'es passée où ? T'es tombée dans le trou des chiottes ou quoi ? Et il est où mon verre d'abord ?! m'engueule-t-elle.

— Désolée, je suis sortie prendre l'air. Je suis tombée sur une vieille connaissance...

Je connais toutes tes vieilles connaissances, ma belle. C'est quiiii ? fait-elle curieuse.

Je ne la vois pas, mais je sais parfaitement qu'elle arbore un grand sourire à cet instant.

— Eliott... Tu sais le-

Vas-y fonce, on chantera sans toi !

Cette folle me raccroche au nez sans même me laisser finir ma phrase. Mes yeux fixent ensuite Eliott qui me regarde l'air attendri, heureux, paisible.

— Rassurée ? me demande-t-il.

— On va dire ça.

Il me tend la main et j'accepte évidemment de la prendre.

— On va marcher sur la plage un peu ?

— OK, mais je dois d'abord récupérer quelqu'un au Mobil'home, avoué-je.

— Mais, tu m'avais pas dit que... Bon, en fait, ça ne me regarde pas...

Son air enjoué retombe en un éclair.

— On est arrivé, dis-je en cassant le silence.

J'ouvre la porte et je suis immédiatement accueillie par mon chien qui attendait mon retour avec impatience. Il nous fonce droit dessus, remuant la queue dans tous les sens.

— Eliott, j'te présente Split ! déclaré-je en caressant mon ami fidèle. L'homme de ma vie.

— Split ?

— Split...

Il me regarde, fasciné, alors que je suis juste en train de mettre la laisse du chien.

— J'me suis dit que j'avais le droit de réaliser mon rêve, même à l'envers. Mari, maison, enfants, chien... J'ai au moins Split maintenant avec moi. Je ne me sentirai plus jamais seule...

— Entre nous, je préfère que t'ai commencé à l'envers, comme tu dis, s'amuse-t-il. J'ai réussi à éjecter l'autre bouffon une fois, ça me fera chier de devoir me battre contre un vrai fiancé.

Se battre ? Il entend quoi par là ?

Laisse tomber, ma pauvre, Spielberg le retour !

Ah merde...

— Il s'est passé tellement de choses cette année, avoué-je en détachant Split une fois dans le sable.

Je regarde la Lune se refléter sur l'eau et écoute la mer remuer, tout en repensant à tous ces mois de dur labeur. Je ne me serais jamais cru capable de faire autant de choses en si peu de temps. La guerrière en moi était tellement bien cachée tout ce temps. Il aura fallu que je perde tout pour enfin prendre ma vie en main. Finalement, c'est un mal pour un bien. Le cœur brisé et tous mes espoirs jetés à la poubelle, j'ai su rebondir, avec un peu mal oui, je l'avoue. Mais j'ai été bien entourée. Ma mère n'a jamais été aussi présente. Et j'ai trouvé une aide infaillible auprès de gens que je ne connaissais pas si bien. Tristan, Sofia, Patrice et Hélène ne m'ont jamais lâché. Mon nouveau départ, aussi compliqué qu'il pourrait l'être, je ne l'imaginais pas sans eux. Ils sont eux aussi mon nouveau chemin vers l'avenir. Maintenant au sein de Happiness Immobilier, il n'y a plus de guerre, de jalousie mal placée ni de concurrence. Nous sommes une famille. Qui aurait cru ça, hein ?

Eliott se tourne alors vers moi. Il prend ma taille d'une main, glisse l'autre sur ma joue pour finir avec les doigts dans mes cheveux. Ce simple contact m'avait manqué. J'ai l'impression de me réveiller d'un affreux cauchemar, et ça fait du bien.

— Raconte-moi, Princesse. J'veux savoir tout ce que j'ai manqué...

Merdum, je boue !

Je lui raconte alors mon année de toutes les folies, enfin surtout niveau boulot, hein. Sur le plan personnel, c'est plus que mort. Je commence par mon départ de Come Home, la crise de Jérémie, ma dépression imminente, l'arrivée de Split... Puis mon combat contre Jérémie pour lui voler son agence et m'y installer avec Tristan, Patrice et Sofia. Il m'écoute, les yeux brillants, le regard fasciné et le sourire figé entre ses deux fossettes.

— Je suis fier de toi, Princesse... Tu vois en fait, t'as jamais eu besoin de moi.

— Tu te trompes, tu m'as montré que j'avais la force de faire tout ce que je voulais...

Je lui souris tendrement et j'ai atrocement envie de me jeter à son cou, de l'embrasser et de ne plus jamais le laisser partir. #retienstoi. Il me prendrait pour une foldingue. Au cas où il ait oublié... En réalité aujourd'hui, la seule chose qui me manque, c'est lui.

— Et toi, dis-moi tout, demandé-je afin de changer de sujet, sentant un malaise monumental m'attaquer.

Je l'écoute me décrire son année plutôt tranquille. Un peu de repos, profiter de ses proches, puis son exil au Perroquet depuis quelques mois. Penser qu'il ait eu besoin de revenir ici avant d'avancer pour de vrai me donne du baume au cœur. Comme s'il voulait se rappeler de nous une dernière fois. Je sais, je me fais sans doute des idées un fois de plus. Mais il paraît que l'espoir fait vivre alors...

 Mais il paraît que l'espoir fait vivre alors

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