▶️ RÉÉCRITURE DE LA SÉRIE 1/4
Milah travaille dans une agence immobilière depuis quelques années et enchaîne les ventes sans soucis. Le seul hic, le boss. Jérémie Duval, la trentaine, plutôt sexy, et surtout marié, qui lui fait du rentre dedans sans...
Ça y est... c'est l'heure de la honte. Le moment est venu pour moi de porter mes couilles que je n'ai pas, et d'aller faire sa fête à ce putain de trou numéro deux. Hélas, je ne peux pas esquiver toute la partie. Je vais juste prier fort pour ne pas me rendre trop ridicule. J'aurais dû picoler un coup avant de venir... Au moins, j'aurais eu une bonne excuse pour me louper. Putain mais même un gosse de quatre ans y arrive alors merde !
Je bombe le torse et attrape le club puis avance fièrement jusqu'au départ. Je peux le faire ! Même si je dois la mettre en dix coups, la balle ira dans ce fichu trou ! C'est quand-même pas sorcier ! Tu vises. Tu tires. Et hop ! Ce n'est que du mini golf. Heureusement qu'on n'est pas sur un vrai parcours de golf gigantesque, avec un trou sur le green à trois kilomètres. Là c'est sûr, c'était raté rien que d'y penser. Il n'y a que moi qui ne soit pas douée ou bien ?
Histoire de me détendre un peu, j'imite l'autre bouffonne en mimant ses gestes précédents. Le postérieur bien en arrière, les mains accrochées à mon club et cambrée à mort.
— T'en penses quoi Vaness ? Je suis bien là ? dis-je avec la même voix aguicheuse qu'elle.
Elle se vexe à nouveau alors que je vois le sourire de mon cavalier s'afficher fièrement. C'est avec l'envie de rire que je tire dans la balle sans grande conviction. Je la regarde rouler rapidement et atterrir direct dans le trou. Je pousse un cri disproportionné en agitant mon club dans tous les sens et entame une danse de la joie comme une conne. C'est environ dix secondes plus tard que je m'aperçois que je ne suis pas seule et bien, très bien entourée. Je retourne à ma place en file le club à Duval en évitant de le regarder dans les yeux. Putain la honte. Je rougis comme une idiote et prends soin de ne pas dire un mot. Je crois que j'en ai assez fait là.
— Ça t'arrives souvent ? demande Eliott dans mon dos.
Bordel, rien que la chaleur de son souffle dans ma nuque, je frissonne !
— Mais naannn ! dis-je enjouée. Je ne sais pas viser !
C'est une première !
— Je parlais de ta danse d'indiens Princesse...
— Oh ça... non plus. Enfin pas en public en général, avoué-je.
La honte du siècle.
— Heureusement, se moque-t-il.
Du millénaire...
— Oh ça va ! Et toi ? Ça t'arrives souvent de te frotter comme ça contre les chaudasses de service ? murmuré-je.
— J'ai bien plus envie de me frotter à toi ma belle, déclare-t-il à mon oreille.
Oh my god !
— Même pas en rêve...
Je rougis comme une tomate, je le sens, je bouillonne. Mes joues brûlent à m'en faire piquer les yeux. C'est dingue ce qu'il est fort ce petit con. Bon à vrai dire, moi, je veux bien rêver de lui, mais notre relation réelle, enfin aussi réelle que possible dans notre cas, restera purement professionnelle. Mieux vaut ne pas trop s'égarer quand même. J'avoue, dans un autre contexte, je n'aurais pas dit non c'est clair. Mais peut-être qu'un homme comme lui ne s'intéresserait pas à moi en vrai. Là, il joue seulement un rôle, rien de plus. Son numéro, il le connaît sur le bout des doigts et il en est pleinement conscient. Eliott est loin d'être débile, il sait très bien ce qu'il fait. Tout est calculé.
Contre toute attente, Sofia et moi menons la partie. Je ne sais pas ce qu'il se passe mais je suis au top de ma forme niveau "visage". Je n'ai jamais autant bien visé de ma vie que ce soir. Je suis sur le dernier trou et je dois la mettre en un seul coup pour gagner. Patrice et Hélène sont juste derrière. Un faux pas et la victoire est à eux. Mais je me laisse vite déconcentrer par l'autre grognasse qui va se coller à mon mec de la semaine. Franchement, elle me gave ! Quand je pense à son mec à la maison, son plan promotion canapé avec Jérémie et maintenant sa mission "piquer le mec de Milah", bah j'ai la gerbe ! J'ai envie de la baffer cette connasse ! Elle me met hors de moi et je ne supporte pas ça !
Énervée, distraite, je tire et manque ma cible. Il me faut trois coups pour la mettre dedans. Ma seule chance, que Patrice la mette dedans en quatre coups minimum. Putain je suis deg !
Je repars en pétard voir mon binôme qui me rassure en me disant qu'on a super bien joué. Je remercie Sofia mais ne peux me retenir de bouillir quand même. Si l'autre chagace arrêtait un peu son cirque, j'aurais sûrement réussi. La semaine s'annonce bien plus compliquée que prévue finalement. Déjà qu'il fallait que je me méfie de Duval, voilà que Vanessa est entrée dans la course. Je voulais juste la faire baver, mais en fait, c'est moi qui vrille comme une pauvre conne. Apparemment, j'aime me faire souffrir.
— C'est pas grave Princesse, c'était quand même une belle partie.
— Oh bah oui tu m'étonnes, balancé-je à voix basse. T'as bien profité hein ?
On s'est pas brûlé les rétines, escort boy ?
— On est jalouse ? demande-t-il sur le même ton que moi.
— Je crois pas non... affirmé-je hautaine.
Et puis quoi encore ?
Jalouse, moi ? Nan mais ce qu'il ne faut pas entendre ! Jalouse d'une pétasse qui louche sur MON escort boy ?!
Franchement, je vaux mieux que ça ?
Vous en pensez quoi vous ?
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