43. Une dernière nuit

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ELIOTT

Son corps parfait entre mes mains, j'ai du mal à réaliser que demain, tout sera terminé. Je ne suis pas du genre à tomber dans les filets d'une femme, je les connais par cœur, je sais de quoi certaines sont capables. Mais avec Milah, tout a été simple. Elle est restée naturelle, sans chichi, sans calcul, et c'est ce que j'aime chez elle. Elle ne se donne pas l'air d'être quelqu'un d'autre. De nature sociable et avenant, j'ai réussi à l'apprivoiser sans trop de mal. OK, elle avait besoin de moi, elle me paye pour l'aider, mais est-ce que tout ça aurait différent s'il n'y avait pas eu cette histoire de contrat entre nous ? Si un jour, nous nous étions juste croisés quelque part, m'aurait-elle regardé ? Me serais-je retourné ? Malheureusement, je n'ai pas les réponses. Et finalement, j'aime mieux ne pas le savoir. Je préfère me dire que nos chemins se sont croisés au bon moment.

Alors que nos corps s'unissent pour la dernière fois, je ne peux m'empêcher de planter mes yeux dans les siens, pour mémoriser ce regard de feu. Jamais je n'oublierai ce visage doux, lumineux et cet air naturellement sincère. Je le sais, pas une seconde, Milah n'a fait semblant. Lors de nos premiers échanges, j'en suis parfaitement conscient, elle ne m'aimait pas beaucoup. Sans doute agacée par mon attitude nonchalante et détachée. Mais elle a su me faire confiance, et m'accepter, sans jamais juger ce que j'ai choisi de faire de ma vie. Je l'en remercie pour ça. Les femmes qui ont recours à mes services se servent de moi, pour un dîner, un événement, une nuit... Mais pas elle. En réalité, elle avait seulement besoin d'un soutien. Et je pense avoir rempli ma part du contrat.

Je la sens qui se cambre sous mes assauts délicieux. Ses ongles plantés dans mon dos, je déguste cette sensation enivrante. Je ne peux m'empêcher de l'embrasser, étouffant par la même occasion ses plaintes d'extase. Il ne me faut pas plus de temps pour m'abandonner enfin à mon tour. Ma tête enfoui dans son cou, je respire son odeur sucrée. Je pourrais rester là des heures, son corps contre le mien, sa chaleur réchauffant toujours un peu plus mon petit cœur oublié.

— Ne m'oublie pas, Princesse, déclaré-je au creux de son oreille.

— Même si je voulais, ça serait impossible.

Je me redresse sur mes coudes et plante mes yeux dans les siens.

— Ne te rappelle pas de moi comme d'un escort, s'il te plaît. Oublie cette connerie de contrat. Quand tu iras mal, souviens-toi des moments qu'on a partagés, car ils étaient vrais. Quand tu douteras de toi, pense que moi, je n'ai jamais douté de toi un seul instant. Dis-toi que je serai toujours là, avoué-je en posant mon index sur sa tempe, quand tu auras besoin de soutien.

Ses lèvres tremblent et je décide alors de changer de sujet. Mon but n'est pas de lui faire de la peine et loin de là. Je veux qu'elle se souvienne de moi comme un doux rêve, une réalité parallèle, peu importe. Je dois lui laisser un bon souvenir. Et il n'est plus question de toucher ma commission ou non, à l'heure qu'il est, je m'en fous pas mal.

— Alors Princesse... Tu décides quoi pour le deuxième round ? annoncé-je le sourire aux lèvres.

— T'es increvable, rit-elle.

— Ah j'ai dit qu'on aurait un planning chargé pour cette nuit.

— Ok, c'est moi qui décide ?

Elle arbore fièrement ce regard joueur que j'adore. Elle a une idée derrière la tête, et j'ai hâte de savoir laquelle.

— Parfaitement !

Elle me pousse et se jette hors du lit.

— Preums pour le bain de minuit trente !!! crie-t-elle en se ruant dans la salle de bain.

Je ris tout seul étalé sur le lit.

— Vos désirs sont des ordres, murmuré-je.

On est plus sur un bain de 1h12, mais on s'en contentera...

On est plus sur un bain de 1h12, mais on s'en contentera

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